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REKKEM

La Forge, à Rekkem: café de 400 ans, à la pintje toujours à 1€

La Forge, à Rekkem: café de 400 ans, à la pintje toujours à 1€

Quatre siècles d’existence, dont un dizième avec Francine à sa tête, une affaire de famille qui n’est pas encore près de s’arrêter! Seule les semaines de Covid lui ont imposé des congés qu’elle n’avait jamais pris... ÉdA — 501520040585

À la frontière entre Rekkem et Mouscron, dans la rue du Triloy, incursion dans un bar hors du temps, à quelques mètres de l’autoroute E17.

Il y a 400 ans, la Belgique n’existait pas, la France était encore une monarchie, Isaac Newton énonçait pour la première fois la loi de la gravitation universelle, et enfin le café La Forge ouvrait ses portes pour la première fois. À l’intérieur des murs blancs de ce bâtiment, Francine nous accueille derrière son bar.

Tenancière du café depuis 44 ans, elle nous raconte l’histoire de ce lieu. «Depuis toutes ces années, cela a toujours été une affaire de famille. Tous mes aïeuls étaient forgerons, d’où le nom, et ce lieu était un mélange entre une forge, une ferme et un café.»

Tout naturellement, lorsque les parents de Francine prennent leurs pensions, elle s’est décidée de reprendre l’affaire familiale. «J’ai travaillé quelques années à l’usine, et puis j’ai repris l’établissement lorsque mes parents ont arrêté. Et depuis je n’ai jamais pris un jour de congé!»

Jusqu’à ce que le Covid-19 vienne taper à nos portes et prive Francine de sa clientèle. «Ce n’était pas gai, ça me faisait tout drôle!», s’exclame-t-elle en y repensant.

Le dernier bastion des «pintjes» à 1€

Pourquoi changer une méthode qui marche? Si La Forge reste l’un des derniers commerces à vendre les bières à ce prix-là, Francine n’est pas prête à modifier le tarif. «Pourquoi faire? Ça a toujours été comme ça et puis c’est facile à calculer», dit-elle en rigolant.

À l’époque seuls des fermiers venaient se désaltérer sur la terrasse derrière le café. Maintenant la clientèle s’est diversifiée. «Il y a toujours des habitués qui viennent tous les jours, parfois les ouvriers des usines juste derrière, et même parfois des jeunes de Mouscron qui viennent mettre de l’ambiance pendant le week-end.» Un groupe Facebook a même été créé où ces étudiants s’invitent mutuellement à aller boire une petite bière au café La Forge dès que l’occasion se présente. Placé à deux pas de la frontière linguistique, le café ouvre ses portes à tout le monde et Francine se fera un plaisir de vous servir, dans les deux langues.


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