CHERCQ

Le Tournai d’avant: quand le patron est paternaliste

Il y a bien au village quelques activités diverses mais ce sont les propriétaires des carrières qui donnent le boulot mais pas seulement...

Les carriers «sont hommes robustes, rapides comme les athlètes des jeux gymniques». Cet auteur inconnu ajoute: «IL est vrai qu'ils prennent cinq repas par jour avec pain de froment, beurre, pommes de terre, légumes et bières au menu».

Ce cadre de vie est aussi celui des bourges voisins et a fait l'objet d'une littérature abondante. Voici un autre volet du quotidien.

En chœur

Instituteur dès 1923, Albert Laebens s'est intéressé au quotidien des Chercquois et n'hésite pas à écrire «combien était rude la vie des carriers et des chaufourniers en ce milieu du XIXe siècle; aussi, leur journée achevée, nombre de ces courageux ouvriers allaient dépenser cet argent si péniblement gagné dans les cabarets de l'endroit»..

On a beaucoup glosé et vilipendé les patrons de l'époque. Voici un autre son de cloche avec le geste du Baron Léopold Lefebvre, fils de Piat, directeur des tapis de Tourna qui il succédera) pose ce geste " pour que les ouvriers utilisent sainement leurs loisirs, il crée une chorale".

Débuts laborieux, nombre de choristes ne savent pas lire et, moins encore une partition. Avec de la bonne volonté, de la persévérance et la direction éclairée de Jean-Baptiste Nef, les carriers parviennent à tenir une place honorable parmi les chorales. Le Baron paie leur uniforme, petit bonnet sur la tête, sarrau gris avec maillet sur le col et cocarde tricolore. À l'étage du café «Au Mont vert», sur la place, les répétitions s'enchaînent, les succès suivent.

En 1853, le président le Baron Lefebvre dote la société d'une bannière constituée d'un «carré de 90 cm de côté, en velours grenat frangé, il porte en son centre un blason couronné entouré de deux palmes (blason du baron Léopold Lefebvre); les coins sont ornés d'un double L surmonté d'une couronne». Le mot «chœur» d'origine fut remplacé en 1940 par «fanfare».

Le festival de 1853 avec quinze sociétés est triomphal; le Chœur Chercquois chante à Beloeil, Tournai, Kain, Ramegnies-Chin, Antoing, Frasnes, Templeuve, Saint-Amand... Voyage en diligence!

Et en fanfare

En 1965, les 40 membres abandonnent la voix pour la fanfare qui garde le même chef. Mais cet ensemble ne garde pas ses adhérents, c'est trop difficile, sa dernière sortie fut, en 1973, pour escorter la dépouille de Constant Mol, bourgmestre.

Avec Victor Thorn, industriel et bourgmestre et Victor Maroille, revoici une chorale, laquelle vire très vite vers la fanfare puisque bien des jeunes Chercquois étudient au conservatoire de Tournai.

V. Thorn achète les instruments (on verra plus loin l'importance de cet achat), on répète «Au Grand Salon» rue de Calonne sous la direction de M. Maroille.

1913 est date charnière mais surtout 1921, on y reviendra. Changement énorme, la nouvelle fanfare est notoirement "rouge, se nomme «Fanfare Ouvrière» et se base à la Maison du Peuple. Louis Chevalier en est le chef et Henri Baudry s'occupe des jeunes.

Première sortie et succès populaire lors de l'inauguration du monument aux morts le 22 juillet 1923. Les concerts se suivent avec un pareil engouement malgré la mort de L. Chevalier auquel succès Henri Baudry fils. En 1939, 38 exécutants se préparent au tournoi provincial, 3e catégorie. Succès et félicitations du jury.

La fanfare reprend en 1945 mais elle sera victime des nouveaux loisirs, elle doit faire appel aux renforts extérieurs et, en janvier 1966, célèbre son ultime Sainte-Cécile.


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