JEUX OLYMPIQUES

JO 2021: Jaouad Achab, le temps de la maturité venu, n’est plus focalisé sur la seule médaille d’or en taekwendo

JO 2021: Jaouad Achab, le temps de la maturité venu, n’est plus focalisé sur la seule médaille d’or en taekwendo

Achab, 5e à Rio en 2016, sera plus que jamais le porte-drapeau de son sport à Tokyo Photo News

Jaouad Achab sera le seul taekwondoïste belge présent aux JO de Tokyo et sera en action dès dimanche.

Ils étaient trois à Rio en 2016. Sa cinquième place au ranking olympique en moins de 68 kg, fin 2019 lui a permis de remplir les critères internationaux, sa médaille le 6 mars dernier à l’Open de Sofia a ensuite répondu aux critères nationaux. Achab, 5e à Rio en 2016, sera donc plus que jamais le porte-drapeau de son sport le taekwondo, sport de combat d’origine coréenne qui signifie en français la «voie du pied et du poing».

Il l’a fameusement secoué en septembre dernier. En désaccord avec la fédération flamande et notamment avec les nombreux changements de coachs depuis 2016, le Bruxellois, installé à Anvers où il s’entraînait, claqua la porte et se plaça sous le giron de la ligue francophone. Un sacré pari à moins d’un an des JO. «Beaucoup de choses se sont passées pendant la pandémie qui n’ont pas été faciles, mais très positives. J’ai mis à profit cette période pour être encore meilleur, j’ai appris d’autres techniques», souligne-t-il. «Je suis heureux là où je suis aujourd’hui. Je travaille avec une équipe qui est extraordinaire: athlètes, entraîneurs, kiné, staff technique, tout le monde. Beaucoup de choses ont changé. Cela a été un peu compliqué au début mais maintenant tout se passe très très bien physiquement et mentalement.»

Sur ce dernier point, Jaouad Achab reconnaît qu’il a effectué de gros progrès grâce à une psychologue du sport. Achab était arrivé à Rio avec pour seul objectif la médaille d’or, fort de ses titres de champion du monde 2015 et d’Europe 2016, son statut de N.1 aux classements mondial et olympique. Après sa défaite en demi-finale, il s’est effondré au point de ne pas vraiment défendre ses chances dans le combat pour la médaille de bronze. Ce qui explique en partie sa 5e place. «Je vois différemment les choses aujourd’hui. J’ai l’expérience olympique et je vais l’utiliser pour faire mieux à Tokyo. J’ai plus de maturité. Je suis plus calme, plus relax et mon but est de réaliser la meilleure prestation possible. Je suis capable de tout faire, mais je ne me concentre pas sur le résultat, plutôt sur ma prestation. Avoir une bonne journée faire le minimum de fautes et les résultats suivront.»

Reste évidemment le désavantage pour le N.1 mondial des -63 kg de devoir s’aligner dans la catégorie des -68 kg (retenue aux JO). «C’est toujours un challenge. Mais je suis habitué, je combats là depuis 2013. Ce n’est pas une excuse, je m’adapte. J’ai mes qualités de rapidité et de mobilité et je vais essayer d’être dans la meilleure forme possible et utiliser mes points forts pour être dominant en -68 kg. Mais, il est vrai que c’est très dommage qu’il y ait si peu de catégories dans le taekwondo aux Jeux. On a huit catégories mondiales et plus que quatre olympiques», conclut l’athlète d’origine marocaine, parfaitement intégré en Belgique dont il a acquis la nationalité en 2013 et adopté les deux langues nationales.