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Affaire Jürgen Conings: le général Boucké dit avoir accepté son départ du SGRS «avec difficulté»

Affaire Jürgen Conings: le général Boucké dit avoir accepté son départ du SGRS «avec difficulté»

La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), et le chef de la Défense (Chod), l’amiral Michel Hofman, ont annoncé vendredi avoir pris «d’un commun accord» la décision de remplacer le général Boucké à la tête du SGRS par le vice-amiral Wim Robberecht, à la mi-août. BELGA

Le général-major Philippe Boucké a assuré mardi avoir accepté, mais «avec difficulté», son remplacement à la tête du service de renseignement de l’armée, le SGRS, prise de commun accord avec les deux principaux responsables du ministère de la Défense «pour le bien de la Défense, du SGRS et de sa famille»

«Je souhaite un retour de la sérénité, du calme pour la Défense, pour le SGRS (le Service général du Renseignement et de la Sécurité, ndlr), de ma famille et de moi-même», a-t-il affirmé à l’agence Belga, quatre jours après l’annonce de son départ de la direction de ce service à la suite de l’affaire Jürgen Conings, ce militaire d’extrême droite recherché durant un mois avant la découverte de son corps dans un bois dans la commune de Dilsen-Stokkem (Limbourg).

Le général Boucké a assuré que son départ du SGRS n’était «ni une éviction, ni une démission à sa propre demande».

La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), et le chef de la Défense (Chod), l’amiral Michel Hofman, ont annoncé vendredi avoir pris «d’un commun accord» la décision de remplacer le général Boucké à la tête du SGRS par le vice-amiral Wim Robberecht, à la mi-août. Cette décision intervenait deux jours après l’audition de l’officier en commission de la défense nationale de la Chambre durant laquelle il avait reconnu «plusieurs dysfonctionnements structurels et ponctuels» au sein de son service, tout en manifestant implicitement son souhait de rester à la tête du SGRS.

Le général Boucké, qui devrait être entre-temps réaffecté à la mi-août au cabinet du chef de la Défense, a toutefois souligné qu’une collaboration était devenue difficile à envisager «avec le cabinet» de Mme Dedonder en ayant appris la semaine précédente que ce dernier souhaitait «le démettre» de son poste et «ouvrir une enquête disciplinaire» pour d’éventuelles fautes commises.

Le général Boucké a ajouté avoir eu le jeudi 15 juillet un «long entretien constructif» avec la ministre au cours duquel deux options ont été envisagées: son maintien à la tête du SGRS «à condition que le service soit renforcé» ou son remplacement.

C’est cette seconde option qui a été retenue et annoncée le lendemain par la Défense par voie de communiqué. Le général Boucké avait quant à lui été convoqué le jeudi après-midi au cabinet de Mme Dedonder «pour apprendre la décision» le concernant.

L’officier s’est aussi indigné par les «rumeurs» - parfois répercutées par la presse - qui ont circulé sur sa santé physique et mentale, estimant que cela faisait partie de sa «sphère privée».

Il a admis avoir traversé «une période difficile» mais a démenti toute évacuation médicale par ambulance après «une forte discussion» au cabinet de la Défense ayant entraîné une chute de tension.

Mais, a assuré le général Boucké, «toutes les tâches (confiées au SGRS, ndlr) ont été menées à bien», dont une «opération difficile» dans laquelle il s’est «fortement impliqué». Sans la nommer, il faisait référence au rapatriement conclu le 16 juillet de six épouses et de dix enfants de djihadistes du camp de Roj, dans le nord-est de la Syrie, vers la Belgique.

Jeudi, les députés de la commission de la défense auront un échange de vues avec la ministre sur ce dossier.

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