LIÈGE

On leur a volé leurs machines au lendemain des inondations à Liège, Esneux demande l’aide de l’armée

On leur a volé leurs machines au lendemain des inondations à Liège, Esneux demande l’aide de l’armée

À Angleur, le travail de nettoyage s’est poursuivi pour les riverains, aidés par les ouvriers communaux. Eda Thomas LONGRIE

Des pillards ont profité des évacuations en région liégeoise, frappée par des inondations, pour s’introduire chez des habitants. D’autres arpentent les rues, en chinant dans les amas de détritus.

«Des curieux ou des voleurs, on n’en veut pas! Ce qu’il faut, c’est donner un coup de main.» On ressent une certaine colère dans les propos de cet homme, qui s’adresse aux badauds portant des sacs à dos.

En ce mardi matin, le quartier d’Angleur ressemble à un dépotoir, avec des amas de détritus sur les trottoirs. Des carcasses de voitures remplies de boue attendent que les dépanneurs les évacuent. Un trottoir a laissé place à un trou béant, après avoir été arraché par la force de l’Ourthe.

Le ballet incessant des camionnettes de la Ville de Liège remplies de déchets impressionne. Tout comme l’odeur nauséabonde qui s’en dégage. «On essaie d’évacuer le plus possible, le plus rapidement possible», glisse un ouvrier communal.

Au sein de l’école d’enseignement spécialisé communal autonome Andréa Jadoulle, l’atmosphère est lourde. Pelles et raclettes en mains, chacun s’active tant bien que mal. Non loin de cette artère fréquentée de ce quartier, on aperçoit des amas de détritus près du centre commercial de Belle-Île en Liège.

 

On nous a volé des denrées alimentaires et quelques appareils électroménagers. Tout avait néanmoins été détruit par les eaux.

 

Mais hélas, le plus tragique n’est pas cette montagne de déchets mais bien la disparition d’une multitude de victimes, ou encore le triste spectacle auquel ont assisté des riverains. Des pillards ont profité des évacuations du quartier, frappé par des inondations, pour s’introduire chez des habitants, dont les maisons n’avaient pas été fermées à clef. «On a dû quitter notre habitation dans la précipitation, mais il n’y avait pas de quoi se remplir les poches», raconte Jean, raclette en main. «On nous a volé des denrées alimentaires et quelques appareils électroménagers. Tout avait néanmoins été détruit par les eaux, ils n’ont donc certainement pas su en faire grand-chose.»

Tony a perdu de nombreux effets personnels dans ces inondations. Comme tant d’autres sinistrés. «Certains profitent, comme à chaque fois, du malheur des autres pour en tirer profit», dit-il. «J’avais mis ma machine à lessiver, mon séchoir ainsi qu’un ampli portable sur le trottoir, et le tout avait déjà été emporté le lendemain des inondations par des personnes sans scrupule. Mais cela ne me tracasse pas de trop, parce que c’était de toute façon pour jeter.»

La situation est connue des autorités communales et policières. En cette sombre matinée où une minute de silence est observée dans tout le pays, les policiers sont nombreux à arpenter les rues. Et une ordonnance de police, prise par le bourgmestre de Liège Willy Demeyer, interdit aux ferrailleurs de venir ramasser les métaux ferreux et non ferreux dans les zones sinistrées par les inondations. Pourtant, en cette fin de matinée, on y croise des chineurs, qui arpentent les rues comme dans une brocante de village avant d’aller fouiller dans les amas de détritus. À la recherche d’un objet de valeur? «Je suis scandalisé de voir ce type de démarche», regrette cette dame.

Quatre quartiers sont concernés par l’arrêté pris par le bourgmestre: la zone Chênée-Gravier, la zone Chênée-Lhonneux, la zone Angleur-Vaudrée, y compris les Aguesses, et la zone Angleur-Kinkempois. À noter que les policiers ont présents dans les zones concernées afin de verbaliser d’éventuels contrevenants, indique un porte-parole de la police locale.

 

Pillages à Esneux: «On a demandé l’aide de l’armée»

«Nous avons demandé au gouverneur l’aide de l’armée car la zone de police à elle seule ne peut pas augmenter ses effectifs qui sont déjà utilisés à leur capacité maximum. Nous sommes dans l’attente de leur retour que l’on espère positif.» Voici ce qu’a déclaré la bourgmestre d’Esneux, Laura Iker, après des vols constatés sur l’entité communale.

 


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