JO 2021

Cyclisme: L’or promis aux grimpeurs

Cyclisme: L’or promis aux grimpeurs

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Un pur grimpeur comme Quintana, un Pogacar sur la lancée de son triomphe sur le Tour de France, ou un «tout terrain» dans un grand jour comme Wout van Aert?

La course en ligne des JO-2020 (24 juillet) couronnera un homme à l’aise sur les forts pourcentages.

Le parcours présente en effet le profil d’une étape de montagne d’un Grand Tour: cinq ascensions concentrées dans la deuxième partie des 234 km du parcours autour du mythique mont Fuji, avec plus de 4.800 m de dénivelé positif.

La dernière difficulté, le col de Kagosaka, se situe à 18 km de l’arrivée, jugée sur le Fuji International Speedway, jadis utilisé par la F1. Mais le juge de paix devrait être le col de Mikuni, l’avant-dernier obstacle, 10 km à 10,6% de moyenne avec des passages à 20%.

«C’est là que la sélection se fera, car il fera très chaud et il y aura une grande humidité», prédit Davide Cassani, sélectionneur de l’équipe d’Italie, «dans cette montée sortira le groupe qui jouera la victoire et ensuite ce sera un match d’homme à homme.»

La plupart des favoris enchaîneront directement derrière le Tour de France, avec moins d’une semaine pour apprivoiser le décalage horaire et s’adapter au climat.

Tadej Pogacar, impérial vainqueur du Tour, a évidemment les qualités pour s’imposer. Mais en aura-t-il la fraîcheur, alors que son compatriote - et équipier sur la course olympique - Primoz Roglic, contraint à l’abandon en début de Tour de France, arrivera reposé?: «J’ai toujours rêvé de participer aux Jeux. Une médaille compte énormément à mes yeux», a d’ailleurs avoué ce dernier.

ADN de grimpeurs

Face aux Slovènes, le médaillé d’or de Rio Greg Van Avermaet sera de nouveau présent, mais ses compatriotes belges Wout van Aert, vainqueur de trois étapes sur le Tour, dont celle du Ventoux, et le tout jeune Remco Evenepoel devraient être plus à l’aise que lui dans la montagne japonaise.

Malgré l’absence d’Egon Bernal, les Colombiens pourront bien évidemment faire parler leur ADN de grimpeurs, avec Nairo Quintana et Rigoberto Uran.

Autres coureurs d’expérience à ne pas négliger: les Britanniques Adam et Simon Yates et Geraint Thomas, l’éternel espagnol Alejandro Valverde, qui disputera à 41 ans ses cinquièmes jeux Olympiques, ou encore le «Requin de Messine» Vincenzo Nibali.

L’Italien de 36 ans mise beaucoup sur les Jeux, et a quitté le Tour de France lors de la deuxième journée de repos pour mieux se préparer. «C’était le moyen idéal pour moi d’atteindre la meilleure forme pour Tokyo», dit-il, «j’ai de bonnes sensations mais, pour une course comme celle des JO, il faut que toute l’équipe soit au top».

Alaphilippe absent

Les Français, eux, seront privés de leurs deux meilleures cartes: le champion du monde Julian Alaphilippe a décidé de faire l’impasse sur les Jeux, et Romain Bardet n’a pas été libéré par son équipe DSM, qui veut le préserver pour le Tour d’Espagne.

Le contre-la-montre se disputera le 28 juillet, également au pied du mont Fuji, sur un circuit accidenté de 21,2 km pour les dames et 44,2 km pour les messieurs.

Le champion d’Europe en titre Stefan Küng espère succéder à son compatriote suisse Fabian Cancellara. Mais le champion du monde Filippo Ganna, Roglic, Evenepoel, van Aert et autre Remi Cavagna peuvent tous rêver de médailles.

Chez les dames, la course en ligne de 137 km (25 juillet) empruntera la première partie du parcours des messieurs. La championne du monde et olympique en titre néerlandaise Anna van der Breggen apparaît comme la grande favorite sur un parcours à sa convenance, en ligne comme contre-la-montre.