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TOURNAI

VIDÉO | Le mystère du Paulownia au pied du Fort Rouge à Tournai

Résistant et volontaire, un Paulownia poursuit sa croissance à l’ombre du Fort Rouge. Mais comment est-il arrivé là?

Récemment, des touristes de passage devant le Fort Rouge posaient des questions sur cet arbre curieux poussant au pied de la tour et portant des feuilles de dimensions impressionnantes (jusqu’à 50 cm de longueur) et des fruits ressemblant à des noix ovales en grappes.

Il s’agit en réalité d’un Paulownia tomentosa, appelé aussi «arbre impérial», dont on retrouve la description dans une brochure disponible au sein de l’Office du tourisme sous l’intitulé «Entre le parc Marvis et la gare, circuit libre patrimoine naturel et bâti».

Tel le phénix, il renaît de ses cendres…

C’est bien dans le premier parc cité que l’on pouvait, jusqu’il y a quelques années encore, «croiser» cet arbre particulièrement prisé pour l’ombre qu’il procure (d’où son nom également d’arbre à sieste).

VIDÉO | Le mystère du Paulownia au pied du Fort Rouge à Tournai
En cette saison, ce sont les fruits de l’arbre que l’on peut observer. Sinon, au printemps, il porte des fleurs violettes qui sentent la… violette. ÉdA

Originaire de Chine, le Paulownia est arrivé à Tournai au début du XX siècle, lors de la création du parc au moment du comblement de la petite rivière, non loin des tours Marvis. Il y a quelques années, un vandale y a bouté le feu et seul le fût, couché au sol, témoigne de la taille que devait atteindre cet arbre qui devait culminer à une douzaine de mètres de hauteur.

VIDÉO | Le mystère du Paulownia au pied du Fort Rouge à Tournai
Le paulownia du parc Marvis a été planté lors de la construction de celui-ci au début du 20 ième siècle, mais il a été détruit par un incendie. Les racines sont toutefois intactes et donnent des rejets… ÉdA

«Son système racinaire n’était pas atteint, ce qui explique l’apparition de drageons, nous rapporte le responsable du service des Espaces Verts de Tournai, Gauthier Fontaine.

Nous en sélectionnerons un, ce qui permettra à l’arbre de renaître, tel le phénix. En réalité, le paulownia se reproduit soit par graine ou par bouturage…»

On peut d’ailleurs déjà voir les rejets commencer à croître au côté du tronc terrassé.

Emportée par le vent ou déposée par un oiseau…

Si l’on sait d’où vient le Paulownia du parc Marvis, personne n’a cependant pu nous dire la provenance de celui qui pousse au pied du Fort Rouge.

Selon le responsable des Espaces verts, celui-ci serait arrivé un peu par hasard.

Peut-être au gré d’une graine emportée par le vent, ou grâce à un oiseau qui l’aurait déposée sur ce terrain manifestement favorable à son développement.

L’arbre impérial a la réputation d’être particulièrement rustique et de pouvoir résister à des conditions de température assez extrêmes. Il serait aussi très résistant à la pollution, ce qui explique pourquoi il se plaît généralement bien en ville (bien qu’en ce domaine, Tournai soit relativement épargnée).

Vous en conviendrez, la nature et le hasard font souvent drôlement bien les choses, car la présence de cet arbre au pied de l’ancienne tour est du plus bel effet. Elle a en tout cas le don d’attirer le regard des touristes et, pourquoi pas, de les inciter à poursuivre leur périple vers le square Delannay tout proche.

Non, Polo n’y est pour rien….

Contrairement à ce que certains plaisantins tenteront de vous faire croire, cet arbre impérial ne doit pas son appellation au surnom que l’on donne généralement au bourgmestre de Tournai, Paul-Olivier Delannois («Polo»).

C’est en réalité au naturaliste bavarois, Philipp Franz Balthasar von Siebold (1796/1866) que le Paulownia doit son nom.

Celui-ci entre au service de la Compagnie hollandaise des Indes orientales en 1822 et a l’opportunité de rejoindre le Japon avec la légation scientifique néerlandaise.

C’est à la fois un exploit et un privilège, car, à l’époque, seuls les Hollandais sont autorisés à résider dans leur comptoir commercial de l’île artificielle de Dejima près de Nagasaki. Pour expliquer son accent bavarois, le naturaliste fait croire qu’il est en réalité marqué par un dialecte néerlandais inconnu des interprètes qui accompagnent le groupe.

Après quelques péripéties, Siebold sera expulsé du Japon fin 1829 et viendra s’établir à Leyde en Hollande où il reprendra notamment ses travaux en botanique durant une vingtaine d’années.

En 1834, il donne à l’arbre impérial le nom de Paulownia en l’honneur de l’épouse du prince héritier des Pays-Bas née Anna Pavlovna, fille du tsar Paul Ier de Russie.


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