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DURBUY

Roland, le miraculé d’Aisne: il a passé 4 heures dans l’eau en furie, accroché à une branche

Roland, le miraculé d’Aisne: il a passé 4 heures dans l’eau en furie, accroché à une branche

Roland Noirhomme et derrière lui, Quortez, l’un de ses chevaux, bien loin de s’imaginer à ce moment cette incroyable journée du 14 juillet… -

Emporté par les tourbillons de l’Aisne en folie, Roland Noirhomme a pu être sauvé après quelque quatre heures d’attente éprouvante.

Depuis mercredi, toute la vallée d’Ourthe et Aisne ne suscite que tristesse et désolation. Dans ce cortège funeste, il arrive pourtant que jaillisse par-ci par-là une flamme d’espoir et de lumière.

L’histoire de Roland Noirhomme, 61 ans, d’Aisne (Durbuy), tient de l’épopée, voire même d’un miracle. Elle fait frissonner, mais en même temps, elle en dit long sur l’énergie qui peut animer un être humain en profonde détresse.

Roland, mû par une force irrésistible, a réussi à se sortir vivant des flots déchaînés de l’Aisne, après y être resté emprisonné près de quatre heures…

«Si je suis encore là, je le dois aussi à mon fils, souffle-t-il. Mathieu n’a pas pu intervenir, mais c’est lui qui a alerté les secours. De la route, il a tout fait pour me situer au mieux. Ensuite et surtout, c’est lui qui a insisté pour que les pompiers d’Érezée venus sur place ne quittent pas les lieux. Eux étaient en effet persuadés que j’avais été emporté par les flots…»

Emporté comme un fétu de paille

Roland n’oubliera jamais cette journée et cette soirée du 14 juillet 2021.

«Elle avait commencé par l’évacuation des trois camps de scouts que j’hébergeais, dit-il. Dans un second temps, nous nous sommes occupés des chevaux. Nous avons réussi à les sortir et à les mettre en sécurité, mais à un moment donné, je me suis retrouvé coincé dans un hangar, entouré par les eaux. De la route, Mathieu me voyait; il a immédiatement prévenu les secours. Ceux-ci, forcément, étaient tous sur pied de guerre dans toute la région. L’eau n’arrêtait pas de monter. Je redoutais surtout que les vagues déchaînées ne brisent le hangar et c’est, malheureusement, ce qui s’est passé…»

Emporté comme un fétu de paille, Roland Noirhomme ne cédera pas à la panique, gardant au maximum son sang-froid.

«Je me suis dit qu’à aucun prix, je ne pouvais me retrouver dans le lit de la rivière, raconte-t-il. Là, j’étais cuit… Je risquais de cogner une pierre voire un rocher. Je pense avoir parcouru plus de trois cents mètres sous l’eau avant de pouvoir sortir la tête; ce scénario s’est répété à quelques reprises. Je me suis accroché à un morceau de bois

Agrippé plusieurs heures à une branche

Son salut viendra, dans un premier temps, d’un arbre du bord de l’Aisne, qui avait, lui aussi, résisté à ce véritable tsunami.

«J’ai réussi à agripper une branche, dit-il. Là, je me suis rendu compte que je n’étais pas seul. Mathieu avait tout vu et m’avait suivi de la route. Il a réussi à me localiser. Je l’ai entendu hurler qu’on allait me retrouver. Mais les minutes, les heures passaient. La nuit tombait. Je n’arrêtais pas de siffler et de crier… À un moment donné, j’ai aperçu au loin des lampions. Je me suis fait entendre de plus belle… Dans un premier temps, les secouristes ont tenté de me lancer une corde, mais je n’arrivais pas à l’atteindre. Heureusement, tout s’est bien terminé…»

Pris en charge par les ambulanciers, Roland Noirhomme, en hypothermie, mais ne souffrant, visiblement, d’aucune fracture, sera hospitalisé à Marche, mais pourra rejoindre les siens dès le lendemain.

«Il faut maintenant réparer, reconstruire tout ce qui a été détruit, explique-t-il. Le plus dur, c’est de récupérer mentalement. Je me dis que j’ai eu beaucoup de chance. La chance d’avoir un travail exigeant physiquement (NDLR: chauffeur livreur à la brasserie Maziers) et de pratiquer régulièrement du sport, notamment avec mes chevaux…»

Des chevaux auxquels Roland Noirhomme n’a certainement pas fini de raconter cette folle et inoubliable journée du 14 juillet, en quelque sorte un remake de la célébrissime «Chanson de Roland» du XIe siècle.

 

Le cheval Quortez sauvé lui aussi

Au cours de cette même journée de mercredi, la famille de Roland Noirhomme avait perdu la trace de Quortez, l’un de ses chevaux. Les clôtures du champ avaient été arrachées par les eaux. Quortez, lui, avait disparu.

Florence, la fille de Roland Noirhomme, avait alors lancé un appel via Facebook. Visiblement, certains avaient vu un cheval errer dans les rues d’Aisne (Durbuy).

Quelques heures plus tard, incroyable surprise: Quortez se trouve dans une prairie près de ses juments, mises en sécurité de l’autre côté de la colline. Pour parvenir à les retrouver, il lui a donc fallu traverser l’Aisne et ses flots déchaînés!

 


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