CINÉMA

Festival de Cannes: la coproduction belge «Titane» remporte la Palme d’or

La Française Julia Ducournau est devenue la deuxième femme à décrocher la Palme d’or à Cannes, a annoncé le président du jury Spike Lee dès le début de la cérémonie de remise des prix, prenant de cours les organisateurs.

Spike Lee a fait cette annonce d’emblée, alors qu’il était censé annoncer le prix d’interprétation masculine.

Après confirmation de son sacre en fin de cérémonie, Julia Ducournau est montée sur scène pour recevoir la prestigieuse Palme d’or.

La monstruosité qui fait peur à certains et qui traverse mon travail est une force pour repousser les limites de la normalité.

«Quand j’étais petite, c’était un rituel chez nous de regarder la cérémonie de clôture avec mes parents et j’étais persuadée que tous les films primés devaient être parfaits (...)», s’est rappelée la cinéaste. «Maintenant, je suis ici. Mon film n’est pas parfait. On dit même de lui qu’il est monstrueux. La monstruosité qui fait peur à certains et qui traverse mon travail est une force pour repousser les limites de la normalité», a-t-elle poursuivi.

La jeune femme a ensuite remercié le jury de reconnaitre «le besoin avide et viscéral que nous avons d’un monde plus fluide et plus inclusif, d’appeler à plus de diversité dans nos expériences au cinéma et dans nos vies et de laisser rentrer les monstres».

La Française, récompensée pour «Titane», devient la deuxième réalisatrice couronnée de l’histoire du festival 28 ans après Jane Campion.

Après avoir marqué les esprits sur la Croisette en 2016 avec «Grave», film choc sur fond de cannibalisme, Julia Ducournau revient cette fois avec un thriller métaphysique.

Coproduit par la société belge Frakas Productions et soutenu par la FWB, le long-métrage est distribué en Belgique par O’Brother Distribution.

Prix d’interprétation masculine attribué à Caleb Landry Jones

Le Prix d’interprétation masculine du 74e Festival de Cannes a été attribué samedi soir à l’Américain Caleb Landry Jones pour son rôle dans «Nitram» de Justin Kurzel, film dans lequel il incarne un jeune homme borderline qui s’apprête à commettre l’une des pires tueries de l’histoire de l’Australie.«Je suis trop ému, merci, merde», a-t-il réagi, le souffle coupé par l’émotion. Jusqu’à présent, l’acteur de 31 ans, s’est surtout illustré dans le cinéma américain indépendant.

Renate Reinsve remporte le prix d’interprétation féminine

La Norvégienne Renate Reinsve a décroché le prix d’interprétation féminine en clôture du 74e Festival de Cannes, pour sa performance dans «Julie en 12 chapitres» de Joachim Trier, dans lequel elle incarne une jeune femme en quête d’elle-même.«Ce prix revient à tant de personnes», a dit en pleurs l’actrice de 33 ans, révélation de ce festival. «C’était magnifique, une belle expérience», a-t-elle ajouté, rendant hommage à un jury qu’elle «admire tellement».

Carax obtient le prix de la mise en scène

Le réalisateur français Leos Carax a remporté samedi le prix de la mise en scène pour «Annette», opéra-rock foisonnant et virtuose qui fait briller deux stars, Adam Driver et Marion Cotillard.

Neuf ans après «Holy Motors», Leos Carax remporte à 60 ans cette haute distinction cannoise pour son feu d’artifice cinématographique, coécrit et mis en musique par le groupe américain Sparks, qui avait fait l’ouverture du festival, célébrant en grande pompe les retrouvailles du cinéma mondial

«Ce n’est pas seulement un grand réalisateur français mais un immense cinéaste», a déclaré l’un des deux musiciens Ron Mael, en recevant ce prix en l’absence du réalisateur.

«Malheureusement Leos Carax ne peut pas être des nôtres. Il avait un problème de dents. Mais nous sommes ravis qu’il ait décroché ce prix et nous sommes très touchés d’avoir été associés à un film de Leos Carax», a-t-il ajouté.

Cinéaste français inclassable et écorché vif, Leos Carax signe ce show musical déjanté sur l’amour, la gloire et la chute, retraçant l’histoire d’un couple de stars à Los Angeles, dans son style flamboyant habituel.

Farhadi reçoit le Grand Prix et veut «éveiller les consciences» en Iran

Le cinéaste iranien Asghar Farhadi a appelé samedi à «éveiller les consciences» en Iran en recevant le Grand Prix du Festival de Cannes, le deuxième prix le plus prestigieux après la Palme d’or, ex-aequo avec le Finlandais Juho Kuosmanen.

Le réalisateur a remporté ce prix pour «Un héros», l’histoire d’une rédemption empêchée dans une société iranienne rongée par la méfiance et la manipulation.

A 49 ans, il a déclaré en recevant son prix n’avoir «rien fait d’autre que d’écrire des films» et les tourner, «malgré tous les obstacles, les difficultés, les pressions, les obstacles qui auraient pu me dissuader». «Je continue d’avoir l’espoir, en suscitant des questionnements, que je pourrai contribuer à améliorer les choses», a-t-il ajouté. «Ce qui peut permettre de sauver mon pays, de l’améliorer, c’est d’éveiller les consciences».

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