TOUR DE FRANCE 2021

André Greipel, géant véloce et résilient

André Greipel, géant véloce et résilient

Le sprinter allemand prend sa retraite en fin d’année. Photo News

Le doux géant du sprint quitte le peloton: André Greipel, qui a annoncé sa retraite sportive samedi à 39 ans, quittera le peloton fin 2021 fort d’un palmarès conséquent sur les grands Tours.

Vainqueur de onze étapes sur le Tour de France, l’Allemand au large sourire a annoncé ses prochains adieux sur une de ses épreuves de cœur.

Avec sept bouquets sur le Giro et quatre sur la Vuelta, celui qui est devenu professionnel en 2005 fait mieux que se défendre au royaume des mangeurs d’étape. Mais son total reste largement inférieur aux 52 victoires de Mark Cavendish, qui fut à la fois son équipier chez HTC-Columbia et le pire cauchemar de son début de carrière.

«Tu as fait le sprint uniquement pour toi! Tu es un connard égoïste!», lance-t-il au Britannique en 2007. «Nos directeurs sportifs pensent qu’il est un sprinteur, mais il ne l’est pas», persifle Cavendish en retour.

«Trop gentil» de son propre aveu, le ‘Gorille de Rostock’, formé à l’école de Jan Ullrich sans partager les aspérités de son aîné, change d’équipe à la fin de la saison 2010.

Chez Lotto, débarrassé de son rival, Greipel s’épanouit enfin: de 2011 à 2016, il lève au ciel ses puissants bras au moins une fois par Grande Boucle. Même régularité sur le Tour d’Italie, où il gagnera des étapes trois années de suite (2015-2017), ou sur le Tour de Belgique (2011-2014), certes moins renommé.

Une pluie de bouquets qui résume assez bien la carrière de Greipel: peu importe le prestige de la course, toute victoire est bonne à prendre. Les spectateurs du Tour Down Under en Australie (18 étapes et deux victoires finales) ou du Tour de Turquie (11 étapes) peuvent témoigner de l’appétit vorace de l’Allemand.

Certes, parmi ses compatriotes, Ullrich a gagné le Tour de France, et Marcel Kittel s’est montré parfois irrésistible dans les sprints de l’été.

Mais à l’heure du bilan, Greipel oppose au premier son respect des règles, au second sa longévité très supérieure (Kittel s’est retiré en 2019 au seuil de ses 31 ans).

Et à tous les autres, sa redoutable pointe de vitesse.