HOUYET

PHOTOS | À Houyet, la décrue amorcée, place à la désolation

Durement touchée, la localité va devoir panser ses plaies. Les visages sont marqués. Heureusement que la solidarité joue.

En aval de Rochefort, Houyet n’a pas été plus épargnée que sa voisine. L’on ne compte plus les propriétés inondées. «On estime à environ 40 le nombre de personnes à reloger. Difficile d’être plus précise en l’absence de moyens de télécommunication puisque nous n’avons ni réseau, ni téléphone, ni internet», déplore la bourgmestre Hélène Lebrun, qui a dès lors dû installer le QG communal à Mesnil-St-Blaise.

Parmi les personnes les plus touchées figure Karla. C’est à la fois son logement et son gagne-pain qui ont été mis hors-service. «Nous avons deux gîtes de grande capacité ici, à la rue Grande, dont le deuxième venait d’être fini. Après des mois de fermeture en raison du Covid, nous nous réjouissions de les louer. Et aujourd’hui, tout est détruit par la boue charriée par l’Hileau. Les 40 vélos électriques que nous destinions à la location et qui venaient d’être livrés sont également hors d’usage», se désole-t-elle, trop fatiguée que pour pouvoir verser une larme.

«C’est du jamais vu en 80 ans»

«Il faudra refaire tout l’aménagement intérieur», se désespère une habitante du quartier de la gare lui aussi durement touché. De retour précipitamment de vacances, Camille, kiné au sous-sol de la maison médicale, constate les dégâts. Le cabinet a été complètement submergé par l’eau. «Tout est méconnaissable. Mais la priorité est de remettre le rez de la maison médicale en état pour permettre aux généralistes d’accueillir à nouveau les patients», explique-t-elle.

Les plaies tant matérielles que morales sont grandes. Et cette odeur persistante d’hydrocarbure n’aide pas à les atténuer. C’est dire si les marques de solidarité sont vécues comme des bénédictions. Telle cette distribution de gaufres offertes par la société Mathot. Ou encore ces villageois indemnes venus prêter mains fortes à leurs concitoyens éplorés. «Normal, j’ai un groupe électrogène pour parer à la coupure générale d’électricité», précise Rémi.

À Wanlin, Maurice donne lui aussi un coup de main aux sinistrés. Là encore, le désarroi est grand. Les animaux d’une ferme inondée ont dû être évacués. Plusieurs chalets du bord de Lesse ont même été emportés par les flots. «C’est du jamais vu en 80 ans» confie Maurice. Pour preuve le refus d’une habitante de 83 ans de quitter le bastion familial vu qu’il n’avait jamais été sinistré. Et qui, cette fois, s’est retrouvé sous un mètre d’eau. La Lesse est dite!


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