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Inondations: les contre-experts d’assurance déjà auprès des sinistrés pour un dédommagement correct de vos dégâts

Inondations: les contre-experts d’assurance déjà auprès des sinistrés pour un dédommagement correct de vos dégâts

Patrick Reniers, expert indépendant et contre-expert, croulait sous les demandes d’expertises ce vendredi. Steph Picture / Doc.

Avoir recours à un contre-expert après des inondations vous permettra peut-être d’avoir une indemnisation plus importante que celle proposée par votre compagnie d’assurances. Là, ils sont submergés d’appels.

Pour certains, l’heure est au nettoyage. D’autres habitants victimes des inondations de ces derniers jours doivent encore garder leur mal en patience, leur maison étant toujours sous eau. S’il leur faudra attendre que l’eau de l’inondation soit évacuée et que la boue soit nettoyée, il leur incombera ensuite de dresser une liste exhaustive des dégâts qu’ils remettront à leur compagnie d’assurances. Avec bien évidemment tout document potentiellement utile (factures d’achat, photos antérieures au sinistre, images actuelles, inventaire d’un héritage, etc.) doit y être adjoint pour faciliter les démarches. En absence de telles preuves, une brève description du matériel endommagé et une précision de l’année probable de son achat, peuvent aider.

Patrick Reniers est expert indépendant. Ou plutôt contre-expert. À la tête de sa propre société, Gillis Expertises, l’homme croulait sous les demandes d’expertises ce vendredi. Au lendemain des inondations qui ont défiguré la Belgique, il a été missionné sur plusieurs dossiers. Il attendra néanmoins quelques jours avant de se rendre sur les lieux, dans l’attente que l’eau ait pu être évacuée des habitations sinistrées. «Le souci actuellement, c’est que les compagnies d’assurances demandent généralement que les victimes aient des devis de réparation et de reconstruction, ce qui retarde les procédures puisque les entrepreneurs sont surchargés d’appels», nous explique Patrick Reniers. «Et tant qu’il n’y a pas de devis, l’expertise ne peut avoir lieu.»

La mission première d’un expert indépendant, c’est-à-dire d’un contre-expert? «Aider et soutenir les sinistrés dans leurs démarches, d’autant que la plupart des personnes sont perdues», répond le spécialiste, qui devra constater les dommages, les chiffrer et finalement proposer une indemnisation.

«On peut faire appel aux contre-experts de deux manières», précise Patrick Reniers. «Soit le client n’est pas d’accord avec l’expertise de sa compagnie d’assurances et du montant alloué par celle-ci, soit il peut nous appeler pour composer le préjudice subi. Le sinistré ne nous paie pas, puisque notre intervention peut s’inscrire dans le cadre de la police d’assurance souscrite auprès de sa propre compagnie.»

Parfois, certains sinistres peuvent cacher une fraude à l’assurance. Avec des assurés qui exagèrent leur préjudice et ceux dont l’imagination semble sans limite. «Le métier d’un bon expert, c’est d’analyser l’ensemble du préjudice, de voir ce qui est plausible ou pas par rapport à l’incident ou à la catastrophe. Ainsi, lors des inondations, si le rez-de-chaussée est inondé et qu’il y a une télévision endommagée, il est normal que le matériel hi-fi figure dans la liste du préjudice. Mais il est vrai que certains essaient d’en profiter, de gonfler les dégâts...»

Si vous n’êtes pas un professionnel, il sera très difficile d’obtenir les montants désirés, puisque votre propre assureur détient le cordon de la bourse. «Trop couramment, les sinistrés sont déçus de l’indemnité reçue. Il est donc nécessaire de se faire assister par un contre-expert dans de très nombreux cas.»

Plusieurs experts indépendants contactés insistent pour que l’assuré ne signe pas dans la précipitation le procès-verbal d’indemnité proposé par l’expert de l’assurance. Certains objets dégradés peuvent être insuffisamment estimés (valeur réelle au lieu de valeur à neuf) ou carrément oubliés dans le décompte (vos seaux, raclettes, nettoyeur haute pression, etc. ou l’aide de vos amis pour évacuer les boues).

Avoir recours à un contre-expert est même un droit, pour vérifier l’exactitude de l’indemnité finale. Vous voilà prévenu!


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