FROIDCHAPELLE

À Froidchapelle, des sauvetages en jetski

Membres du Jet Club O2R de Froidchapelle, trois jetskieurs ont pris leur machine pour partir au secours des victimes des inondations dans un camping d’Esneux. Ils y ont sauvé une quinzaine de personnes.

«Nous sommes fiers et contents de ce que nous avons fait!» Fiers, ces trois membres du Jet Club O2R, installé aux lacs de l’Eau d’Heure à Froidchapelle, peuvent l’être assurément. Jeudi, alors que des inondations catastrophiques frappaient notamment la région liégeoise, Anthony Beernaut (le gérant du club house) et deux de ses amis (Anthony Coperloos, de Cerfontaine, et Nicolas Controni, du nord de la France) n’ont pas hésité à se proposer pour venir en aide aux victimes avec leurs puissants Jet-Skis.

«Quand je me suis levé jeudi matin, j’ai vu un appel sur les réseaux sociaux de la Commune de Chaudfontaine qui cherchait des embarcations, nous explique Anthony Beernaut. Avec mes deux amis, nous avons décidé d’y aller avec deux Jet-Skis, une planche de secours et des gilets de sauvetage. Les pompiers de Liège nous ont dirigés vers un camping d’Esneux, le Domaine Aval de L’Outhe, où des gens étaient en grande difficulté.»

De fait, arrivé sur place non sans mal, le trio découvre une scène dantesque: l’Ourthe en furie a envahi tout le camping. Des caravanes sont sous eau, des troncs d’arbre et des objets divers comme des citernes de mazout perdant leur contenu sont emportés par le courant et représentent un danger permanent. Des résidents sont coincés dans leur caravane remplie d’eau et risquent la noyade. D’autres sont réfugiés sur les toits de leur logement, dans un arbre ou sur le toit des voitures. Ces gens sont en péril. N’écoutant que leur courage, les trois jetskieurs mettent leurs deux machines à l’eau.

La boule au ventre

Des pompiers sont également là avec un bateau. Mais les Jet-Skis se révèlent particulièrement efficaces dans de telles conditions: ils sont puissants, maniables, se faufilent partout, sont à fond plat et dépourvus d’hélice. En outre, leurs pilotes ne sont pas des manchots.

«Nous avons l’habitude de l’élément liquide, mais quand nous avons mis les Jet-Skis à l’eau, vu les conditions, nous avions la boule au ventre, avoue notre interlocuteur. Les gens ne se rendent pas compte de la force de l’eau. Nous avons alors sillonné le camping dans tous les sens pour venir au secours des résidents surpris par la montée de l’Ourthe.»

Certaines interventions ont été rocambolesques, voire dangereuses, pour ramener les victimes au sec. Avec l’avant d’un Jet-Ski, le trio a ainsi forcé une porte, qui refusait de s’ouvrir en raison de la pression, pour libérer une victime prisonnière. Après avoir «avalé» une corde, une machine est aussi tombée en panne alors qu’elle avait pris en charge une dame âgée. Le second Jet-Ski a dû remorquer l’embarcation défectueuse en catastrophe, avec son pilote et la victime toujours accrochée sur le côté, à moitié immergée dans l’eau!

15 personnes et… un chien

«C’était quand même chaud par moments, insiste Anthony Beernaut. Il fallait tenir compte du fort courant, éviter tous les objets flottants, soutenir les victimes. L’eau était si haute que nous devions parfois nous baisser pour passer en dessous defils électriques.»

Au cours de leurs interventions, le trio de jetskieurs a ainsi sauvé une quinzaine de personnes en détresse, plus un chien dont le maître ne voulait absolument pas se séparer!

«À 21 h, quand la nuit a commencé à tomber, nous avons arrêté, reprend le jeune homme. Les pompiers ont encore effectué quelques tours dans le camping mais il n’y avait plus personne. Le temps de refaire le parcours du combattant pour nous extirper de là et nous sommes rentrés à 1 h du matin chez nous. Nous étions fatigués mais heureux, malgré quelques dégâts aux machines. En plus d’être venus en aide à tous ces gens, nous avons donné une image très positive de notre discipline, le Jet-Ski, que j’invite le plus grand monde à découvrir.»

Le trio gardera sans doute un souvenir impérissable de sa courageuse intervention à Esneux. Ainsi que, pendant quelques jours, une forte odeur de mazout qui a imprégné leur combinaison et leur peau après avoir baigné pendant des heures dans les eaux polluées de l’Ourthe en crue.


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