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RÉGION VERVIÉTOISE

La décrue de la Vesdre se poursuit, en région verviétoise

La décrue de la Vesdre se poursuit, en région verviétoise

La situation à Dolhain, ce matin. EdA Philippe Labeye

Même si certaines zones restent inondées, les flots se sont retirés dans le lit de la rivière, depuis hier soir. Place maintenant aux explications et surtout aux travaux de nettoyage et à l’aide aux sinistrés.

Amorcée ce jeudi après-midi, la décrue s’est poursuivie toute cette nuit, dans le bassin de la Vesdre en région verviétoise. La rivière a peu à peu retrouvé son lit, laissant malgré tout des zones inondées, plus nombreuses en aval, comme à Pepinster.

Un ouf de soulagement a pu aussi être poussé peu après minuit, quand «on nous a assuré qu’il n’y aurait pas de délestage des barrages au cours de la nuit. Les barrages sont pleins mais il a arrêté de pleuvoir et s’ils doivent à un moment lâcher des eaux, plus tard ce vendredi, ce sera de manière raisonnable et comme il ne pleut plus, cela ne devrait pas créer la situation vécue durant la nuit de mercredi à jeudi», indique Muriel Targnion, la bourgmestre de Verviers, qui a passé une bonne partie de la nuit au centre de crise installé à l’hôtel de police, à la chaussée de Heusy, après être revenue de vacances dès qu’elle a pu (elle a été refoulée de l’aéroport de Perpignan parce qu’elle n’avait pas réservé de billet via Internet et elle a dû aller jusqu’à Barcelone pour attraper un avion).

Le barrage d’Eupen aurait débordé?

Les barrages, justement, sont sources d’interrogations. Surtout celui de la Vesdre, à Eupen. «Mercredi, j’étais en contact régulier avec Sophie Lambert (NDLR: qui faisait fonction de bourgmestre pendant les vacances de Muriel Targnion). Même s’il avait été annoncé que le barrage d’Eupen allait délester dans l’après-midi et que Limbourg faisait évacuer le centre de Dolhain, les services de secours assuraient, au vu de la carte des zones inondables sur le tracé de la Vesdre, que Verviers ne serait pas concernée par de telles inondations. Mais je veux essayer de comprendre, pas pour critiquer mais il faut qu’on trouve des explications. Selon des informations qui me sont revenues, la situation catastrophique qu’on a vécue serait due au fait que ce n’est pas le délestage du barrage en cours d’après-midi du mercredi qui est la cause de la catastrophe mais plutôt le fait que le barrage aurait débordé durant la nuit, rendant la situation incontrôlable.»

Lourd bilan humain

Place maintenant, partout où des zones habitées ont été touchées, au bilan, humain et matériel.

«À Verviers, 6 décès sont confirmés. Mais il reste des personnes qui sont portées disparues. Plusieurs personnes qui étaient introuvables hier ont pu être localisées, mais pas toutes. Des Verviétois se sont logiquement inquiétés de ne pas avoir de nouvelles de l’un ou l’autre de leurs proches mais ce n’était pas évident car des quartiers sont sans électricité, les gens ne savent pas recharger leur GSM, et ces quartiers étaient physiquement inaccessibles jusqu’à hier soir.»

Néanmoins, le bilan humain pourrait hélas s’alourdir dans les heures prochaines.

Entraide

Au niveau plus matériel, dans toutes les communes sinistrées, commence aussi la phase de nettoyage, de vidage des caves, du constat des dégâts et de l’entraide aussi, qui a déjà commencé, avec des sinistrés accueillis au chalet du stade du Panorama, à la salle des Minières et aux Caves du Val Chaineux (Stembert). Avec une collecte de dons, de vêtements et de meubles, que la Ville de Verviers va devoir s’atteler à coordonner, tout comme l’aide de bénévoles chez les sinistrés (ce devrait être via la plateforme mise en place pour la crise du Covid).

Dans les autres communes aussi, l’aide aux sinistrés est organisée, à Limbourg (accueil à la salle de la Bilstaintoise...), à Pepinster (au cercle Ozanam...).

L’énorme travail de nettoyage va prendre des jours et des jours. À Verviers, «le service des travaux, avec Maxime Degey (NDLR: échevin en charge du département), réquisitionne des machines et la Ville de Herve nous a aussi proposé son aide, nous allons peut-être lui demander qu’elle nous envoie des agents et du matériel», indique Muriel Targnion.

Des maisons instables?

Se pose aussi la question de la sécurité des habitants de maisons dont on peut craindre pour la stabilité, comme on a pu le déplorer à Pepinster, où une dizaine d’immeubles se sont effondrés, dans la nuit de mercredi à jeudi. «C’est un autre gros problème, reconnaît la bourgmestre de Verviers. Il est impossible, sur 8 km de bâti le long de la Vesdre, d’inspecter tout de suite toutes les maisons touchées. Comment alors interdire à des habitants de revenir chez eux, en cas de risques pour leur sécurité? Et comment leur assurer qu’ils n’y risquent rien? Je vais contacter les services du gouverneur pour qu’il y ait une coordination avec toutes les communes touchées, voire une décision générale à ce sujet.»


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