SUD-HAINAUT

Intempéries en Sud-Hainaut: à Lompret et à Bourlers, la situation est catastrophique

Intempéries en Sud-Hainaut: à Lompret et à Bourlers, la situation est catastrophique

À Lompret, l’auberge de l’Eau Blanche et une partie du village étaient inondées ce mercredi. Parmi les habitants de la localité, c’est la consternation. EdA

Réveil très dur, mercredi matin, pour les habitants de Chimay et Momignies. L’eau a envahi la région.

Dans la Botte du Hainaut, ce sont surtout les communes de Chimay et de Momignies qui ont connu des problèmes à la suite des fortes précipitations. En de nombreux endroits, des inondations ont surpris les villageois. On ne comptait plus les routes barrées, les maisons sous eau et les personnes évacuées.

Durant la nuit de mardi à mercredi, le village de Bourlers a dû être fermé à la circulation: l’eau n’était plus absorbée par les avaloirs. Il a fallu l’intervention des pompiers pour réduire la quantité d’eau et procéder à l’évacuation d’une personne âgée. Les habitants des habitations touchées ont pu compter sur l’accueil organisé, en urgence, au sein de la salle communale où les attendaient du café et de quoi se réchauffer.

«La situation est aussi inquiétante à la Basse Ville de Chimay ou à la rue Jericho», souligne également l’échevine Jocelyne Van Tongelen, sur le pont depuis 3 heures du matin. Et il continuait toujours de pleuvoir en cours de journée. Des problèmes d’inondations étaient aussi signalés à Virelles ou Forges.

L’Eau Blanche a battu un record

Mais c’est surtout à Lompret que la situation est la plus catastrophique, avec le centre envahi par le débordement de l’Eau Blanche. Cette rivière, pourtant habituée à sortir de son lit dans ce village, a certainement battu un record cette fois-ci. Les flots d’un brun boueux ont notamment pénétré dans la bien connue auberge de l’Eau Blanche jusqu’à atteindre une soixantaine de centimètres. Des maisons voisines sont aussi touchées.

Sur place, le propriétaire de L’Eau Blanche, Benoît Falise, a les pieds dans l’eau. «C’est la douzième fois que je suis inondé en 32 ans, compte-t-il. Mais cette fois, c’est du costaud. Heureusement, nos outils de travail sont en hauteur. Nous sommes habitués à ce que l’Eau Blanche fasse des caprices. C’est dommage, nous étions censés être complets à midi.»

Et de trouver la force de plaisanter: «Je pense qu’on va se recycler en proposant des truites fraîches.»

Intempéries en Sud-Hainaut: à Lompret et à Bourlers, la situation est catastrophique
Un habitant de Lompret témoigne: «J’ai déjà été inondé 12 fois en 32 ans. Mais ici, c’est plus costaud.» ÉdA Be. M.
Après avoir passé une courte nuit, sa compagne, Nora Mihoub, se sent lasse: «Je ne sais pas quoi dire et quoi faire, à part attendre que le niveau descende. Nous avons mis des pompes mais pour l’instant, cela ne sert à rien. Cela a commencé mardi soir avec de l’eau qui dégringolait de l’arrière de l’auberge. Il y avait encore des clients dans le restaurant. Puis l’Eau Blanche a traversé la route vers 4 h 30. Elle ne cesse de monter. Je vais essayer de trouver une barque pour sauver une partie de ma marchandise.»

Triste spectacle que, à Lompret, de nombreux badauds sont venus observer le long des barrières de sécurité, apercevant, au passage, des bacs de fleurs et autres objets être emportés par le courant.

Au niveau de la Ville de Chimay, le 1er échevin Baudouin Louette expliquait, hier, que le service des Travaux travaille en coordination avec les pompiers de Chimay pour préparer des sacs de sable. «C’est ce qu’il y a encore de plus efficace pour lutter contre la montée des eaux», assure-t-il.

Dans le sud de la Botte, les scouts ont également souffert des intempéries. Vers 3 h du matin, les chefs animateurs de la 97e unité de Bruxelles se sont réveillés les pieds dans l’eau. Ils étaient installés dans le hameau de Cendron à Forge-Philippe. Cyril Marbaix, un des chefs animateurs, nous raconte: «Nous avons été surpris par le spectacle qui se présentait devant nous: l’eau nous arrivait aux genoux et nos malles flottaient littéralement.»

À l’heure d’écrire ces lignes, et vu les prévisions météo, rien n’indiquait que le sud de la Botte du Hainaut en avait fini avec les inondations.

Un pont de Froidchapelle doit être protégé

La situation, bien que préoccupante, a été plus gérable dans le reste de la Botte. À Sivry-Rance, le bourgmestre Jean-François Gatelier signale juste un camp scout évacué mercredi matin. Les jeunes ont été hébergés dans la salle du centre culturel de Sivry.

«Pas de grosses interventions chez nous, annonce le bourgmestre de Beaumont, Bruno Lambert. Mais le niveau des rivières est à la limite. Il faudrait qu’il cesse de pleuvoir, mais ce n’est pas ce que la météo annonce!»

À Froidchapelle, Alain Vandromme signale l’une ou l’autre intervention, notamment au pont des Hamaides où les ouvriers communaux sont intervenus pour placer des sacs de sable. La police a également effectué le tour des camps scouts pour évaluer la situation. Les entités de Thuin et d’Ham-sur-Heure-Nalinnes semblent avoir été relativement épargnées avec quelques ruisseaux sortant de leur lit et des coulées de boue en provenance de terres agricoles.

 


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