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Nocivité des smartphones: les vendeurs belges planquent les infos

Nocivité des smartphones: les vendeurs belges planquent les infos

Lors d’un appel, une partie de l’énergie transportée par les ondes électromagnétiques du smartphone est absorbée par le corps. pathdoc – stock.adobe.com

Les vendeurs de téléphones ne respectent pas tous à la lettre les exigences du SPF Santé Publique.

Tout qui vend des smartphones en Belgique est censé informer clairement le client sur leur nocivité potentielle. Le Service Public Fédéral (SPF) Santé Publique édicte des règles claires à ce sujet. Comment sont-elles appliquées? Opérateurs et magasins font majoritairement preuve d’une certaine paresse. Explications.

C’est un fait. Notre corps absorbe une partie de l’énergie des ondes électromagnétiques véhiculées par notre smartphone. Le Débit d’Absorption Spécifique (DAS) mesure l’ampleur du phénomène, téléphone par téléphone. Au sein de l’Union européenne, l’indice DAS d’un appareil ne peut pas dépasser 2 watts par kilogramme (W/kg).

Un indice au service de la santé

Pourquoi mesurer le DAS? Si la nocivité des ondes électromagnétiques fait débat, le SPF Santé Publique rappelle que «selon certaines études, une augmentation du risque de cancer du cerveau est possible en cas d’usage intensif d’un téléphone mobile. Pour cette raison, le Centre International de Recherche sur le Cancer (une agence scientifique au sein de l’Organisation mondiale de la Santé) a classé les ondes radio comme peut-être cancérogènes».

Pour simplifier la compréhension du DAS, la Belgique classe les smartphones en cinq catégories:

– À: indice DAS inférieur à 0,4 W/kg (watt par kilogramme)

– B: indice DAS supérieur ou égal à 0,4 W/kg, mais inférieur à 0,8 W/kg

– C: indice DAS supérieur ou égal à 0,8 W/kg, mais inférieur à 1,2 W/kg

– D: indice DAS supérieur ou égal à 1,2 W/kg, mais inférieur à 1,6 W/kg

– E: indice DAS supérieur ou égal à 1,6 W/kg, mais inférieur ou égal à 2 W/kg

Des instructions claires…

En marge de cette segmentation qui rappelle les classes énergétiques, le SPF Santé Publique demande aux vendeurs de communiquer très clairement sur les valeurs DAS.

«La valeur DAS des téléphones mobiles doit être mentionnée sur le lieu de vente, y compris dans le cadre de la vente à distance (par exemple par internet). Outre la valeur DAS, doit figurer la lettre A, B, C, D ou E, qui indique la catégorie dans laquelle est située cette valeur DAS. Par ailleurs, une explication des différentes catégories doit être affichée visiblement dans le point de vente ou sur le site web, avec la communication Pensez à votre santé – utilisez votre téléphone portable avec modération, privilégiez l’usage d’une oreillette et choisissez un appareil ayant une valeur DAS (SAR) faible.»

… mais pas toujours respectées

De la théorie à la pratique, il y a souvent un gouffre. Sur les sites des opérateurs et des grands détaillants, force est de constater que le laxisme domine souvent. Les infos du DAS sont parfois incomplètes et/ou planquées sous une pile de clics.

La situation sur 3 sites marchands

Site web de MediaMarkt. La chaîne fait l’effort de proposer le DAS dans les filtres qui permettent d’affiner la sélection des smartphones. Ensuite, c’est du cas par cas. Certaines fiches descriptives affichent spontanément la catégorie DAS (A, B, C, D ou E) et l’indice précis, à condition de cliquer sur Afficher toutes les caractéristiques. D’autres font l’impasse totale sur les infos DAS.

Nocivité des smartphones: les vendeurs belges planquent les infos
L’indice DAS est absent de certaines fiches sur le site web de MediaMarkt, comme dans cet exemple avec l’A15 du fabricant chinois Oppo. Capture d’écran

Site web de Coolblue. C’est un problème linguistique. Le néerlandais SAT n’est pas traduit en DAS dans la fiche descriptive de chaque smartphone. La page indique au mieux la catégorie DAS (A, B, C, D ou E) du téléphone, mais pas son indice précis. Certaines fiches indiquent laconiquement Pas encore connu.

Nocivité des smartphones: les vendeurs belges planquent les infos
Le site de Coolblue donne juste la catégorie DAS du téléphone, pas l’indice précis. Capture d’écran

Site web de Vanden Borre. À condition de cliquer sur Afficher toutes les caractéristiques dans la fiche descriptive d’un smartphone, les infos DAS sont complètes (catégorie et valeur). Comme chez ses concurrents, l’indice DAS est absent sur certaines fiches.

La situation sur les sites des 3 propriétaires d’un réseau mobile

Site web de Proximus. Si l’ancien Belgacom est complet niveau informations DAS, c’est au prix d’une gymnastique certaine. Depuis la fiche descriptive d’un smartphone, il est nécessaire de cliquer sur Spécifications techniques, puis sur Détails des spécifications.

Site web d’Orange. L’opérateur est le plus limpide en publiant l’indice DAS dans la partie supérieure de la fiche descriptive d’un smartphone, à la droite des infos dédiées aux réseaux, à l’appareil photo, à la batterie, etc.

Site web de Base. Les infos requises (indice et catégorie DAS) sont directement accessibles dans les Spécifications générales de chaque fiche descriptive d’un smartphone. Elles ne sont pas en tête de gondole comme chez Orange, mais deux clics successifs ne sont pas requis comme chez Proximus.

Peu de volonté d’expliquer

Dans ses exigences, le SPF Santé Publique demande aux vendeurs de communiquer clairement sur la signification de l’indice DAS et sa connexion à la santé. Mais le texte qu’elle recommande d’afficher est tronqué, modifié ou absent sur certains sites.

Le site de MediaMarkt est amnésique sur le coup. La fiche descriptive d’un smartphone oublie de mentionner le texte Pensez à votre santé – utilisez votre téléphone portable avec modération, privilégiez l’usage d’une oreillette et choisissez un appareil ayant une valeur DAS (SAR) faible. Coolblue donne quelques détails sur le DAS, tout en zappant l’aspect santé et conseils d’utilisation.

Les trois propriétaires d’un réseau mobile en Belgique (Proximus, Orange, Base) sont irréprochables sur ce critère.

 

 

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