FLÉRON

L’humour pour apprendre à lire et à écrire: l’invention d’un Belge cartonne

L’humour pour apprendre à lire et à écrire: l’invention d’un Belge cartonne

Benjamin Stevens a créé une nouvelle méthode d’apprentissage de la lecture et de l’écriture. D.R.

33 pays s’arrachent la technique d’apprentissage de la lecture et de l’écriture par l’humour imaginée par un orthophoniste liégeois établi en France.

Apili? C’est le nom de la nouvelle méthode d’apprentissage de la lecture par l’humour qui cartonne à travers le monde. Cette invention, on la doit à Benjamin Stevens, un orthophoniste de 42 ans originaire de Fléron, en région liégeoise, et qui a posé ses valises chez nos voisins pour suivre son épouse qu’il a rencontrée sur les bancs de l’école, lors de ses études de logopédie à la Haute École André Vésale de Liège (anciennement Barboux). Tous deux poursuivront leur cursus en France, où ils effectueront une année de stages afin d’obtenir l’équivalence du diplôme d’orthophoniste.

 

Un jour, j’ai eu l’idée d’écrire une phrase rigolote à un enfant qui pleurait en face de moi. Il l’a lue avec peine, mais son visage s’est illuminé lorsqu’il l’a comprise...

 

 

«Jeune orthophoniste, je me suis trouvé face à des enfants en grande souffrance face à la lecture et je ne savais comment les aider», se souvient Benjamin Stevens. «Un jour, j’ai eu l’idée toute simple d’écrire une phrase rigolote à un enfant qui pleurait en face de moi. Il l’a lue avec peine, mais son visage s’est illuminé lorsqu’il l’a comprise. Il m’a redemandé d’autres phrases marrantes et était heureux de venir me revoir la semaine suivante. C’était le point de départ de mon concept.»

 

Il s’avère qu’à 15 ans les performances en lecture des élèves belges sont à peine égales à la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Cela s’explique par de nombreuses raisons dont la plupart débutent au cours de l’enfance: 50% des enfants de moins de 30 mois présentent un retard ou des troubles du langage, et seulement 25% des élèves de 4e primaire savent lire sans difficulté.

 

 

 

Il y a sept ans, voyant les résultats parfois incroyables que j’obtenais avec mes patients, je me suis dit que ce serait bien d’en faire une méthode accessible à tous.

 

 

 

L’humour pour apprendre à lire et à écrire: l’invention d’un Belge cartonne
Six années de travail, 240 heures d’études neuroscientifiques lui ont été nécessaires pour créer la méthode Apili. D.R.
«J’ai continué pendant des années à utiliser l’humour avec mes patients, je transformais les phrases d’une vieille méthode de lecture syllabique afin de les rendre drôles. Il y a sept ans, voyant les résultats parfois incroyables que j’obtenais avec mes patients, je me suis dit que ce serait bien d’en faire une méthode accessible à tous. Je pensais en particulier à tous les enfants qui souffrent face à la lecture. J’avais envie d’en aider le plus possible.»

 

Face à ce constat, Benjamin Stevens imagine une nouvelle méthode qui se veut motivante pour tous les enfants. Six années de travail, 240 heures d’études neuroscientifiques lui ont été nécessaires pour créer Apili. «Je ne voulais pas créer une énième méthode de lecture, mais je souhaitais créer la meilleure, la plus motivante et enthousiasmante pour les enfants, en particulier pour les jeunes en difficulté et ceux qui n’aiment pas lire.»

 

 

 

J’ai ajouté de très nombreux conseils au fil de la méthode. Ils permettent à tout adulte d’aider un enfant en âge d’apprendre à lire.

 

 

Afin de créer un système solide sur le plan théorique et dans sa progression, Benjamin Stevens s’est plongé dans les ouvrages de Stanislas Dehaene, neuroscientifique français spécialiste de la lecture. «À l’aide d’IRM (imagerie par résonance magnétique), il a analysé l’activité cérébrale d’enfants qui apprennent à lire avec différents types de méthode. Il a démontré que le siège de la lecture se situe dans la zone occipito temporale ventrale gauche et qu’il faut absolument stimuler cette zone lors de l’apprentissage de la lecture. Malheureusement, les méthodes qui proposent des phrases à reconnaître globalement stimulent le côté droit du cerveau. Il était donc évident que la méthode Apili serait syllabique. J’ai respecté ses préconisations concernant la progression des lettres proposées.»

 

À travers des dessins simples et colorés, et des textes humoristiques, la nouvelle méthode créée par le Belge permet aux enfants en difficultés de reprendre confiance en eux et aux parents de dédiaboliser l’exercice de la lecture. «Je souhaitais que la méthode soit très qualitative, que ce soit un super beau livre, d’où l’utilisation d’un papier haut de gamme en 140 grammes, d’une couverture antirayures, d’un dos carré collé et cousu... le tout imprimé chez Graphius à Gand, une imprimerie de très grande qualité.» Les illustrations sont également très importantes et participent grandement à l’efficacité de la méthode. Elles ont été réalisées par Rémy Tornior, un illustrateur freelance du sud de la France.

 

«Je voulais également donner de nombreux conseils aux parents qui accompagnent leur enfant», précise Benjamin Stevens. «Généralement, ils ne savent pas comment faire, ils ne sont pas enseignants. J’ai donc ajouté de très nombreux conseils au fil de la méthode. Ils permettent à tout adulte d’aider un enfant en âge d’apprendre à lire.»

 

 

 

Mon rêve était de recevoir des messages de parents me disant que la méthode Apili avait changé la vie de leur enfant. Et j’en ai reçu des milliers.

 

 

 

En un an, 23.000 exemplaires Apili ont été vendus dans 33 pays. Des écoles en Belgique, en France, en Suisse, au Canada et aux USA (immersion française) utilisent désormais cette méthode.

 

«Les retours des enseignants sont excellents», explique encore Benjamin Stevens. «Mon rêve était de recevoir des messages de parents me disant que Apili avait changé la vie de leur enfant. Et depuis mars 2020, j’ai reçu des milliers de messages de ce type et j’en suis vraiment heureux. Je voulais que les enfants ne puissent plus lâcher leur livre, qu’ils se souviennent longtemps de cette période d’apprentissage de la lecture.»

 

 

 

Il vient (aussi) de sortir un cahier d’apprentissage de l’écriture

 

 

 

L’humour pour apprendre à lire et à écrire: l’invention d’un Belge cartonne
«Pour ce second livre, je voulais le même esprit que la méthode Apili...» Th. L.
Il y a quelques semaines, l’orthophoniste a sorti son second livre, le cahier d’apprentissage de l’écriture, un outil indispensable puisqu’il est essentiel d’apprendre à écrire en parallèle de la lecture.

 

«Pour ce second livre, je voulais le même esprit que la méthode Apili: beau, qualitatif, enthousiasmant... Plus de 1.000 exemplaires ont été vendus les deux premières semaines. Les gens sont donc intéressés par ce type d’ouvrage et j’en suis ravi.»

 

Et ce n’est pas tout. L’auteure jeunesse Fanny Joly a accepté de participer à l’aventure, et écrit actuellement 25 textes humoristiques et progressifs qui formeront un recueil qui sera disponible à la rentrée. Le tout illustré par Rémy Tornior et agrémenté de questions sur les textes, de notions de vocabulaire, d’astuces pour accélérer la lecture...

 

La méthode Apili ainsi que d’autres outils (posters, sous main, jeu de cartes) sont disponibles sur le site www.apili.fr La méthode Apili est également disponible sur Amazon et dans certaines librairies comme la Parenthèse à Liège et l’Oiseau lire à Visé. Toute librairie peut commander des livres à contact@apili.fr

 

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