QUAREGNON/ LENS

U2, Metallica, Rammstein… 30 ans de concerts rock dans l’œil de Benoît Bouchez à Quaregnon

U2, Metallica, Rammstein… 30 ans de concerts rock dans l’œil de Benoît Bouchez à Quaregnon

U2 immortalisé au stade Roi Baudouin lors de la tournée des 30 ans de l’album Joshua Tree. Benoît Bouchez

Avec «Rock Collection», le photographe de presse Benoît Bouchez exhibe ses plus beaux souvenirs de concert. En attendant de repartir à l’assaut des scènes.

En 1989, Benoît Bouchez arpente le festival de Dour en tant que simple spectateur, mais équipé d’un appareil photo argentique. Là, il découvre l’univers des concerts et festivals et décide d’en faire un métier.

Depuis, il a trimballé ses objectifs devant toutes les scènes du royaume et, avec eux, il a immortalisé les plus grandes icônes du rock et de la pop: U2, The Cure, Björk, Lenny Kravitz, David Bowie, les Eagles, Elton John, Rammstein, les Red Hot Chili Peppers, Iggy Pop, REM, M, Metallica, Pink…

30 ans plus tard, le photographe lensois jette un œil dans le rétro au travers de 52 clichés qui sont exposés en ce moment à la Maison Culturelle de Quaregnon, dans le cadre d’une exposition intitulée «Rock Collection». Une expo qui aurait dû avoir lieu en mars 2020 et qui a été reportée… quatre fois, suivant la trajectoire de la scène musicale qui ronge encore son frein de pouvoir pleinement s’exprimer.

Souvenirs de la vie d’avant

«C’est effectivement un sentiment bizarre, reconnait Benoît Bouchez. Ces photos nous ramènent à des chouettes moments et nous rappellent à quel point les concerts peuvent nous manquer. On se dit en voyant ces photos que c’était chouette la vie d’avant.»

U2, Metallica, Rammstein… 30 ans de concerts rock dans l’œil de Benoît Bouchez à Quaregnon
Benoît Bouchez posant devant son «Hall of Fame» dans le cadre de son exposition Rock Collection à Quaregnon. -

Pour Benoit Bouchez, qui photographiait en moyenne deux concerts par semaine, la crise Covid fut une traversée du désert. «Ça a été difficile à vivre, la photo est mon job principal. Je fais également pas mal de sport comme la F1, mais si les compétitions ont pu reprendre, c’était à huis clos et quasi sans photographes.» Pour le reste, comme les mariages, «le peu qui était prévu a été annulé.»

Après un an et demi de crise, l’activité reprend, mais doucement. «Il y a encore beaucoup d’inconnues, notamment concernant les évènements d’entreprises par exemple. Pour le sport, j’ai récemment reçu une bonne nouvelle avec le Grand Prix de Spa-Francorchamps qui va autoriser quelques photographes. Ça reprend, mais au compte-goutte.»

Quant aux concerts, Benoît devra encore patienter un peu avant de trimballer ses gros objectifs en frontstage. pour immortaliser les grosses vedettes de la pop. «Tous les gros artistes américains ne feront pas de tournées avant le printemps prochain.» En attendant de revivre des concerts dans des stades pleins à craquer, faites donc un tour à Quaregnon pour reprendre une bonne bouffée du monde d’antan qui nous manque tant.

Rock Collection, jusqu’au 30 septembre à la Maison Culturelle de Quaregnon, Rue Jules Destrée 355. Du lundi au vendredi de 9 h à 17 h et les samedis de 14 h à 18 h. L’exposition ne sera pas accessible du 15 juillet au 15 aout. Réservation obligatoire au 065 78 19 50. www.maisonculturellequaregnon.be.

La consécration de Cure et la classe de David Bowie

Les légendes du rock, Benoît les a toutes photographiées, ou presque. De ses milliers de concerts, deux tiennent une place particulière dans son cœur.

«Il y a eu The Cure en 2002, pour leur DVD enregistré à Forest National dans le cadre de la tournée Trilogy. Ils ont sélectionné une de mes photos pour assurer la promotion mondiale. Cette photo s’est retrouvée sur les abribus, dans les magazines spécialisés… ca a vraiment été un chouette moment, d’autant que je suis fan du groupe.»

Le deuxième évènement à part pour Benoît, c’est un concert de David Bowie en 2002 au défunt Beach Rock à Ostende. «A sa sortie de scène, il a eu droit à une haie d’honneur jusqu’à sa voiture. Je voulais le photographier dans celle-ci et j’essayais de changer d’objectif, mais je galérais. David Bowie l’a remarqué et il a fait stopper la voiture à ma hauteur pour que je puisse prendre la photo.» La classe d’un artiste mythique.

Un métier devenu plus compliqué

En 30 ans, le métier de photographe musical a changé, et pas dans le bon sens. «L’évolution s’est surtout fait sentir ces 10 dernières années. Dans certains concerts, on nous fait entrer pour les 3 premières chansons, puis on nous sort de la salle. En cas de première partie, on poireaute sur le trottoir entre les deux concerts.»

Les photographes ont aussi tendance à être de plus en plus éloignés des scènes. «A Werchter, on se retrouve au même niveau que les ingés-sons. Si tu n’as pas un objectif suffisamment performant, tu ne sais rien faire.»

Les contrats sont aussi toujours plus restrictifs et les procédures de validation plus contraignantes. Une évolution due à l’entourage des artistes, aux labels et managers. «Ils veulent de plus en plus contrôler l’image des artistes et il faut toujours se battre pour faire son métier. Mais à côté de ça, tous les spectateurs filment et tout ça finit sur YouTube, Instagram…»

Pas de quoi dégouter Benoît pour autant, qui reste passionné. «Avant je ruais dans les brancards. Maintenant, je ne me prends plus la tête. Si certains ne veulent pas être photographiés, tant pis pour eux, on ne parlera pas de leur concert.» D’autres prendront l’espace avec plaisir.


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