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BRABANT WALLON

Les langes des personnes incontinentes pèsent lourd dans les poubelles: bientôt des mesures?

Les langes des personnes incontinentes pèsent lourd dans les poubelles: bientôt des mesures?

BELGA

André Antoine souhaite des solutions pour les personnes incontinentes qui ont recours aux langes et dont le coût des poubelles à puce explose.

Le caractère asocial du coût vérité pour les personnes âgées et handicapées, c’est le débat qu’a lancé le député André Antoine (cdH) en questionnant la ministre Céline Tellier (Écolo) au Parlement. Depuis leur arrivée dans plusieurs communes, les poubelles à puce suscitent le débat et soulèvent des contestations par rapport à certaines situations oubliées dans l’établissement du coût vérité.

« Voici quelques jours, votre quotidien relayait le cri de détresse d’une infirmière indépendante de Grez-Doiceau dénonçant la situation vécue par les personnes âgées ou handicapées, incontinentes qui n’ont d’autres choix que de recourir aux protections indispensables (langes, alèses,…) qui pèsent lourd dans ces poubelles à puce et dont l’enlèvement est tarifé en fonction du poids des déchets que l’on y dépose, signale André Antoine. Récemment, au nom des infirmières à domicile, une de leurs représentantes a clamé sa colère devant cette injustice. Ainsi, elle rappelle qu’une protection souillée pèse 700 grammes et que certaines personnes en utilisent 3 à 4 par jour, soit 2 kg dans la poubelle. par mois, cela fait près de 50 kg alors que pour une poubelle à puce, les responsables tablent sur 120 kg par an pour un ménage de deux personnes!»

Les personnes âgées ou handicapées ont du mal à supporter cette charge supplémentaire. Le Perwézien a donc interpellé la ministre Tellier: «Le coût vérité ne devrait-il pas intégrer cette dimension sociale par la reconnaissance, notamment d’un certificat médical justifiant l’usage contraint de ces protections et du coup permettre une exemption de la taxe ou, pour le moins, une réduction de celle-ci voire un ramassage spécial? Pour beaucoup, le milieu du handicap ou du «grand âge» est une nouvelle fois oublié. L’écologie responsable ne peut pas se développer sans s’acquitter d’un réel humanisme! Quelles initiatives seront prises pour remédier à cette flagrante injustice sociale?»

Révision du mécanisme coût vérité

Céline Tellier se dit consciente du coût des langes pour ces personnes. «Je préconise pour l’avenir une collecte sélective, tout comme la Région flamande l’envisage. J’ai mandaté un bureau de consultance pour étudier cela, notamment les filières de ramassage à mettre en place et le financement avec un subventionnement envisagé ou une obligation de reprise par ceux qui fabriquent ces langes.»

Céline Tellier rappelle que les communes ont néanmoins le droit de prendre leurs propres dispositions pour venir en aide aux personnes concernées. «Je sais que certaines proposent des aides aux jeunes ménages ou encore aux gardiennes ONE, voire même à des personnes incontinentes sur base d’un certificat médical.»

La ministre de rappeler aussi que le système du coût vérité des poubelles est la résultante d’une directive européenne et non de sa propre volonté. « Mais j’envisage d’en revoir le mécanisme en tenant compte des enjeux sociaux.»

 

 

Une collecte gratuite, suggère le député Antoine

 

André Antoine s’est dit insatisfait de la solution évoquée par la ministre Tellier. «Je suis heureux que la ministre prenne la pleine mesure de la problématique mais les solutions avancées risquent de poser problème. Une solution de collecte sélective? Il faudra payer une surcharge. Et si la commune diminue la taxe, cela aura un impact sur le coût vérité. Une collecte n’a de sens que si elle tient compte de la réalité sociale et si elle est gratuite.»

Il estime qu’on ne mesure pas assez la détresse des personnes concernées. «Des personnes qui sèchent leurs langes, qui ne boivent pas pour éviter d’uriner… Imaginez ce qu’elles doivent endurer en plus des problèmes de dignité de cette situation dont elles sont les victimes. Sans parler du fait qu’en règle générale, ces personnes manquent de moyens, et doivent payer non seulement le coût des produits utilisés mais encore le coût pour s’en débarrasser…»

Le député perwézien viendra dès lors à la rentrée avec une proposition de décret pour faire avancer les choses.

 


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