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Voyages Leroy: «La reprise s’est amorcée pour nos autocars, mais au ralenti»

Voyages Leroy: «La reprise s’est amorcée pour nos autocars, mais au ralenti»

«Ni Byzance ni la Bérézina», voilà en substance comment Emmanuel Delmeulle, directeur commercial aux Voyages Leroy, qualifie la reprise du pôle autocars de la société familiale. ÉdA – 501494390900

Aux Voyages Leroy, on se réjouit de pouvoir remettre en route les autocars. Dans quelle mesure et dans quel contexte? Le point avec Emmanuel Delmeulle, directeur commercial.

Le téléphone a de nouveau chauffé ces dernières semaines pour des réservations d’autocars…

Oui, en mai, avec l’assouplissement des mesures restrictives et après plusieurs mois de silence total, il y a eu soudain une véritable frénésie de demandes de location. De la part des écoles surtout. Mais ces demandes se sont concentrées sur la période du 15 au 30 juin et particulièrement sur une poignée de jours: les 24, 25 et 28-29 juin. On a remis en route pour l’occasion les véhicules «arrêtés» en termes d’assurance et de taxes de circulation, mais on n’a pas pu satisfaire tout le monde. La reprise s’est ainsi faite au dernier moment, de manière désorganisée alors que d’ordinaire, les demandes nous parviennent entre novembre et mars pour des excursions entre avril et fin juin, et en septembre/octobre.

Comment s’annonce la suite, toujours pour ce qui est de la location d’autocars?

Je commence à réaliser des devis pour la rentrée et l’hiver prochains, Mais ce n’est pas la ruée: après ce qu’on a vécu, groupes et écoles restent un peu prudents…

Et du côté des voyages en autocars que vous concevez pour le grand public?

Ce n’est que fin mai/début juin que les voyages ont pu être commercialisés, car on avait besoin de la réouverture de l’horeca. Or il nous faut plusieurs mois pour promouvoir nos voyages: c’est un projet qui mûrit chez les clients. Le problème, c’est que les hôtels nous demandent à un moment de «lâcher» les options que l’on a posées chez eux, si l’on n’est pas en mesure de garantir notre venue. C’est ça qui est compliqué. Pour cette saison, nous avons réduit de moitié notre panel de destinations. Afin de nous adapter au mieux à la demande et au contexte, nous nous sommes concentrés sur certains séjours qui fonctionnent bien, qui présentent peu de contraintes ainsi que sur les voyages de septembre/octobre.

«De fin octobre jusqu’à mi-juin, nos cars ont uniquement transporté des employés d’Audi vers leur usine à Forest.»

Qu’est-ce qui marche le mieux?

Les voyages d’un jour fonctionnent très bien, tant en Belgique qu’en France ou à Amsterdam par exemple. On propose aussi des départs vers les parcs de loisirs comme Walibi, Disneyland ou le parc Astérix, qui ont rouvert. Au total, on assurera 100 voyages d’un jour de juin à septembre (contre 200 habituellement) et 20 à 30 départs pour des séjours de plusieurs jours en Union européenne (contre une quarantaine d’ordinaire). Le public semble plus confiant par rapport à ces premiers qu’à ces derniers, et plus enclin à prendre sa propre voiture pour un séjour avec nuitées. Mais dans les faits, on peut rentrer aussi vite d’un pays de l’UE en autocar qu’en voiture…

Y a-t-il des mesures sanitaires particulières à adopter dans les autocars?

À l’instar des trains ou des avions, nous avons la possibilité de rouler en capacité maximale. Toutefois, nous faisons le choix de faire rouler des autocars d’une jauge supérieure au nombre de voyageurs, de manière à leur offrir davantage de confort. Tout est désinfecté entre deux trajets, il y a du gel à disposition et le port du masque est obligatoire.

«Notre activité relève à 90% du tourisme et de l’événementiel: on entrevoit le bout du tunnel depuis juin»

La crise sanitaire a-t-elle (eu) un impact sur votre flotte?

Nous disposons de quinze autocars qui sont tous notre propriété; nous n’avons donc pas de soucis de leasing. Seuls six ont roulé cette année, avant juin. Un nouveau nous attend même à l’usine de Bruxelles depuis un an, durant lequel nous n’avons évidemment pas pu le rentabiliser. Heureusement, notre société qui existe depuis plus de 70 ans (NDLR: c’est la 3e génération qui officie désormais à la tête de la société Leroy, et de ses deux entités: «autocars» et «agences de voyages») a déjà traversé pas mal de turbulences; on a l’expérience pour nous.

Pour cette reprise, avec quels effectifs travaillez-vous?

Pour l’heure, nous fonctionnons avec 6 à 7 chauffeurs contre une vingtaine en temps normal (10 employés à temps plein et une équipe de réserve). Deux de nos temps pleins ont quitté le métier lors de cette crise, ce qui n’est pas anodin pour nous car il faut des années pour former un chauffeur de tourisme. En plus de la conduite du véhicule, il faut aussi apprendre les rues, les accès, les parkings pour chacune des villes européennes où l’on se rend. On a la chance d’avoir une très belle équipe, qui ne demande qu’à repartir…

Quel est le bilan de cette crise sanitaire pour l’entité autocars des Voyages Leroy?

Les voyages touristiques et liés à l’événementiel – concerts, matchs, mariages, etc. – représentent 90% de notre activité contre 10% pour les circuits réguliers; une situation que l’on ne retrouve que chez 25% des autocaristes belges. On a donc pris la crise de plein fouet et perdu logiquement les 9/10e de notre chiffre d’affaires. Ce n’est pas rose et l’on est super contents de pouvoir redémarrer. Même s’il reste bien sûr une «incertitude sanitaire», on entrevoit le bout du tunnel depuis début juin.

 

Un Coronapass européen tardif

«Je suis pour le pass sanitaire, qui constitue à mes yeux la seule option pour faciliter les voyages à l’étranger. Dommage toutefois qu’il arrive un peu trop tard, et que certaines personnes, dont les plus jeunes, n’aient pas eu l’occasion de se faire vacciner plus rapidement», indique Emmanuel Delmeulle.

Sans l’Angleterre

Aucun des autocars Leroy ne roulera à gauche pendant quelque temps encore, a priori. «Ceci bien à cause du Covid et des problèmes de quarantaine plus que du Brexit, précise Emmanuel Delmeulle. Il faudra sans doute attendre plusieurs mois pour y retourner. C’est pourtant un marché important pour nous, et l’une de nos destinations phares après la France et les autres pays voisins.»

 


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