LEERS-NORD

École spécialisée La Goélette : «On essaie de faire bouger les choses»

C’est l’heure des vacances à l’école La Goélette. La fin d’une année où plusieurs projets ont permis aux jeunes d’apprendre autrement.

«Il faut faire évoluer notre enseignement. Il y a plein d’autres choses à faire parallèlement à l’apprentissage du français ou des chiffres», résume Juliette Coen, institutrice à l’école spécialisée La Goélette. Ces «autres choses», elle les expérimente chaque jour avec les150 élèves de 4 à 13 ans de l’établissement (présentant un retard mental léger, modéré ou sévère), à travers sa fonction de professeur en environnement.

«Dès que possible, on sort!»

«J’ai été désignée «maître spécial» dans cette matière suite à une subsidiation pour mettre du vert dans la cour de récré. Après réflexion, j’ai commencé par travailler avec les différentes classes sur le tri des poubelles. On a ainsi, entre autres, distribué des corbeilles à papier/carton ou encore des bacs à compost fermés dans les classes, que l’on va vider une fois par semaine avec les enfants. On a aussi réalisé de A à Z, à partir du bois de vieux sommiers, des bacs à fleurs que l’on a garnis et qui égaient l’entrée de l’école. Dès que le temps le permet, on sort. C’est une manière de découvrir beaucoup de choses! Pour chaque projet, l’idée est de sensibiliser au respect de l’environnement, et de permettre aux enfants de vraiment mettre la main à la pâte, pour qu’ils se sentent impliqués, et qu’ils respectent aussi mieux le résultat final. »

«Faire des bacs à fleurs, renchérit son collègue M. Christophe qui a planché sur ceux-ci avec sa classe, cela implique de mesurer, couper droit, respecter le matériel et les consignes de sécurité, c’est formateur à bien des points de vue». Dans le même esprit d’apprendre autrement, c’est un projet autour de l’Euro qu’il a mené avec ses 11 élèves (dont 10 garçons!) de 12 ans. «Suivre ainsi une compétition internationale, c’était une première, explique-il. Même s’il y a de la déception car 90% de nos élèves sont français, c’était un chouette projet de fin d’année qui a permis de travailler sur le calcul, l’écriture, la découverte et le coloriage des drapeaux, etc.»

Une page FB pour développer les interactions

Certes, les vacances arrivent tandis que l’Euro se poursuit. Mais la page Facebook de l’école, lancée récemment et alimentée presque quotidiennement, pourra permettre de prolonger les échanges à ce sujet, entre autres.

«Avec cette page, on commence à toucher de plus en plus de parents (et d’enfants). C’est important car nombre de nos élèves viennent de loin, en taxi pour certains, ou sont hébergés à l’internat IMP tout à côté, et l’on n’a pas l’occasion de rencontrer les parents quotidiennement. Cette page FB permet de développer les interactions», expliquent Juliette Coen et Christophe Deffolin. Et la suite? « On a encore plein d’idées et on n’est évidemment pas les seuls dans l’établissement», sourient les deux professeurs, qui disent ne vouloir quitter l’enseignement spécialisé pour rien au monde.


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