MONS

Une édition estivale et collector pour le FIFM, premier festival de cinéma post-Covid

Une édition estivale et collector pour le FIFM, premier festival de cinéma post-Covid

L’équipe du FIFM est finalement parvenue à mettre en place une édition 2021, exceptionnellement estivale. Ugo PETROPOULOS

Avec 68 films programmés durant une semaine, le 36e Festival du Film de Mons ne sera pas une édition au rabais.

À l’instar du FIFF à Namur, le Festival International du Film de Mons ne souffrira pas d’une année vierge à cause du Covid. Dernier festival à avoir pu se tenir avant le premier confinement de mars 2020, il sera le premier à être organisé après la réouverture, on l’espère définitive, des salles.

Pour cela, les organisateurs ont dû faire preuve de souplesse et reprogrammer à trois reprises l’évènement, déplacé de mars à mai, puis du 9 au 16 juillet. «Nous avons préparé trois festivals, mais nous nous sommes accrochés car nous voulions être les premiers» à relancer la machine, indique Maxime Dieu, directeur du FIFM.

«C’est une aubaine d’avoir pu trouver ce créneau, se réjouit Jean-Paul Deplus», président du festival. «Il y a eu beaucoup de doutes quant à l’organisation de cette édition, mais ils ont été levés par l’équipe.»

Une opportunité qui permettra au festival de proposer une édition estivale, unique et collector, qui ne sera pas au rabais.

Une édition dense et de nombreux films inédits

Alors certes, il y aura moins de films que les deux dernières éditions, mais avec 68 films dont 50 longs-métrages sur une semaine, les cinévores ont de quoi se rassasier. «Nous tenions à proposer un vrai festival, pas un weekend spécial, ni un festival en ligne. Car ce n’est pas dans notre ADN et ce n’est pas du cinéma, ce n’est pas ce que nous voulons défendre», affirme Maxime Dieu.

Parmi les 68 films, 30 seront proposés en première belge. «C’est un critère auquel nous tenons beaucoup pour nos spectateurs. Ce n’est pas toujours facile d’en avoir, mais cela contribue aussi au rayonnement international du festival.» Cette année, avec 8 mois de fermeture des salles et des films qui s’empilent sur les étagères des distributeurs, la tâche était peut-être un peu plus aisée…

Une sélection voyageuse et qui bouscule

Là où ce fut compliqué par contre, c’était pour boucler la sélection de la compétition internationale, les candidats étant nombreux. «Ce fut un débat permanent, jusqu’à la dernière minute de la sélection. Nous avions 14 films pour 10 places. Les films sélectionnés abordent des questions très actuelles: les réseaux sociaux, la voix des femmes, les migrations… La sélection fera voyager, mais certains films vont aussi bousculer le spectateur», promet Nicolas Dieu.

À côté de la compétition, une quinzaine de premières et de films inédits sur grand écran en Belgique seront à découvrir, comme Un Triomphe, avec Kad Merad, en ouverture. «C’est un film d’émancipation par la culture, mais aussi un feelgood movie français très réussi (NDLR: ce qui est rare)», à découvrir avec l’équipe du film.

Un autre film français, Profession du Père avec Benoît Poelvoorde clôturera le festival. Et entre les deux, les occasions de voyager seront légion, 21 pays étant représentés, des États-Unis au Kazakhstan.

www.festivaldemons.be

Cinéma belge et montois à l’honneur

Le Festival de Mons met un point d’honneur à défendre le cinéma belge. 5 longs-métrages et 10 courts-métrages seront de la partie.

Parmi eux, deux documentaires à l’accent montois. Le premier, L’Odyssée de la sandale en plastique, raconte l’histoire de cet objet devenu iconique, «qui incarna un idéal de société et la promesse d’un monde meilleur», nous dit le synopsis. A la réalisation, on retrouve Florian Vallée, qui avait marqué les esprits avec son documentaire «Les Combattants du poil sacré», consacré au public à la corde lors du combat dit Lumeçon entre saint Georges et le Dragon.

Le second, «Résistantes» de Mehdi Semoulin, offrira un point de vue de la première guerre mondiale par les femmes résistantes, dont Marguerite Bervoets, et a été produit par le Mons Memorial Museum.

Cinq films à ne pas rater

Sound of Metal. Primé aux Oscar, ce film partiellement belge de Darius Marder nous plonge dans la tête d’un batteur de heavy metal, en proie à des acouphènes et à qui un médecin annonce une surdité prochaine et inéluctable, ce qui le fait replonger dans ses vieux démons. Sorti depuis presque 2 ans aux États-Unis et disponible sur Amazon Prime, ce film qui se distingue par le travail sur le son sera enfin visible chez nous sur grand écran.

Io Sto Bene. Film italo-belgo-luxembourgeois de Donato Rotunno, il prend l’immigration italienne pour toile de fond. Antonio a passé toute sa vie loin de son pays natal, l’Italie. Leo, jeune artiste italienne qui tente sa chance à l’étranger, croise son chemin. Un jeu de miroirs entre le vieil homme et la jeune femme déclenche un voyage dans le temps.

After Love. Film britannique de Aleem Khan. Mary Hussain habite Douvres et perd son mari. Le lendemain des funérailles, elle découvre que celui-ci cache un secret de l’autre côté de la Manche, à Calais. Le film a déjà décroché 5 prix et la critique s’accorde sur la performance de l’actrice Joanna Scanlan (star de la série No Offense notamment), jugée époustouflante.

Light Of My Life. S’il n’est pas inédit, ce film de Casey Affleck est un peu passé à la trappe à cause des fermetures des salles. Il fait partie de la sélection du Plaza Art, qui a choisi 9 films qui n’ont pas eu leur chance et auxquels un nouveau coup de projecteur est donné. Dans son dernier long-métrage, Casey Affleck nous plonge dans une dystopie où les femmes ont été éradiquées et où un père tente de protéger sa fille, miraculeusement épargnée.

A Perfecty Normal Family. Si la production audiovisuelle danoise s’est taillé une belle réputation grâce à des séries époustouflantes (Bron, The Killing, Borgen…), ses longs-métrages valent également le détour, bien que rares sur nos écrans. Ne manquez pas l’occasion de visionner A Perfectly Normal Family, une comédie où Thomas, un père de famille, devient soudain… Agnete, une mère. Au grand dam de sa fille qui a un peu du mal à encaisser ce changement bouleversant.


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