BRUXELLES

Trop lourdes, les courses? Et si vous les rameniez sur un vélo cargo électrique Monkey Donkey?

Trop lourdes, les courses? Et si vous les rameniez sur un vélo cargo électrique Monkey Donkey?

Le principe de Monkey Donkey ressemble à celui de Cambio, mais pour le vélo cargo électrique: vous louez en cas de besoin, pour une course ou une virée, et déverrouillez le véhicule depuis une station où vous le ramenez ensuite. ÉdA – Julien RENSONNET

Monkey Donkey lance le premier service de location de vélos cargos et longtails électriques à Bruxelles. L’Avenir a testé cette solution mobilité innovante qui pourrait bien alléger votre corvée «grosses courses». Ou vous emmener en balade le week-end.

Il paraît que les confinements ont poussé les Belges à mettre la main à la pâte: ils sont de plus en plus à faire leur propre pain maison. Pour ceux-là, un sachet de farine d’un kilo, c’est de la rigolade: quand on se prend au jeu, ce sont des sacs de 5, voire 25 kilos qu’on ramène dans sa cuisine. Autre habitude qui a pris suite à la crise sanitaire: le vélo. À Bruxelles, celui-ci continue sa percée. Les derniers chiffres de Pro Velo le prouvent.

Si vous faites partie des deux groupes, vous vous en êtes rendu compte: pas toujours facile d’emmener 10 kilos de farine en selle. Et ce n’est pas en rajoutant quelques conserves, briques de laits, légumes frais, voire un casier de bière, que vous battrez les moyennes horaires des coureurs du Tour de France.

C’est pourquoi la solution imaginée par Monkey Donkey pourrait vous parler. La jeune start-up lance à Bruxelles un service de vélos cargos ou longtails électriques à la location. 10 vélos sont déjà disponibles. L’Avenir a grimpé sur une de ces bécanes à déco mauve et fuchsia pour, après un petit slalom dans l’heure de pointe du soir, rencontrer le fondateur de l’entreprise, Benjamin François.

 

1Des stations au seuil des magasins

 

Trop lourdes, les courses? Et si vous les rameniez sur un vélo cargo électrique Monkey Donkey?
Monkey Donkey loue ses vélos aux magasins qui les mettent à disposition des clients, mais pas seulement. C’est le cas ici au Färm de la chaussée de Waterloo, à Ixelles. ÉdA – Julien RENSONNET

Vu la valeur de ses machines, pas question de les laisser en libre-service comme les trottinettes ou les Villo. Le principe de Monkey Donkey est donc plus proche de celui de Cambio: il repose sur un partenariat avec les commerçants, qui mettent le vélo à disposition sur leur seuil, dans des stations dédiées. Ces vélos sont accessibles à leur clientèle, mais pas seulement.

«Vous pouvez louer un vélo à l’heure pour ramener vos courses, mais aussi le louer pour une journée ou un week-end, pour emmener vos enfants en balade», plaide Benjamin François. «De plus, nous trouvions le principe de la station plus vertueux que le free-floating: on a moins l’impression que les vélos n’appartiennent à personne». Et on est donc moins tenté de s’en débarrasser n’importe comment au coin de la rue, voire dans le canal comme c’est parfois le sort des trottinettes.

 

2Comment ça marche?

 

Le commerçant s’abonne à Monkey Donkey pour 300€ par mois. Il s’engage à abriter le vélo et à en recharger sa batterie. L’utilisateur géolocalise le vélo le plus proche via l’app dédiée et se rend sur place.

Chaque machine est munie de deux cadenas. L’un, sur la roue, se déverrouille via l’app. Le second, sur l’arceau, grâce à une clef que l’utilisateur demande à la caisse du magasin. «Pour le commerçant, ça prend deux secondes et ça amène peut-être une nouvelle clientèle».

Trop lourdes, les courses? Et si vous les rameniez sur un vélo cargo électrique Monkey Donkey?
Plusieurs modèles sont disponibles, dont des bakfiets Babboe et des longtails avec leurs sièges enfants et les sacoches intégrées. ÉdA – Julien RENSONNET

Ensuite, vous chargez vos courses ou vos enfants, vous gardez le vélo le temps nécessaire, puis le ramenez en station et retournez la clef du cadenas au commerçant.

Et quid de l’assurance? «Nous sommes couverts contre les accidents, la casse, le vol. Et chaque vélo est tracé. Mais l’idée, c’est qu’ils servent: s’ils prennent des coups ou des griffes, ça sera donc bon signe».

 

3Combien ça coûte?

 

Le tarif: 3,5€ de l’heure. La somme due est débitée via votre carte de crédit renseignée dans l’app. «Très vite, nous intégrerons des tarifs de 25€ la journée et 40€ le week-end», promet Benjamin François. L’offre actuelle est un tarif de lancement, permis par le soutien régional, via Bruxelles Mobilité et BeCircular, et celui de la commune d’Ixelles. «Un tarif “membre” est aussi à l’étude pour la rentrée de septembre. Il s’agira d’un abonnement à 10€/mois pour continuer à bénéficier des 3,50€ de l’heure. Les autres payeront 5€ de l’heure».

Trop lourdes, les courses? Et si vous les rameniez sur un vélo cargo électrique Monkey Donkey?
Un bac de bière à ramener? Il vous en coûtera 3,5€ l’heure avant l’automne, puis 5€ si vous n’êtes pas membre. ÉdA – Julien RENSONNET

Actuellement, le modèle de Monkey Donkey repose donc essentiellement sur l’abonnement du commerçant. «C’est lui qui encaisse les sommes de la location», décrypte le fondateur. «Mais il peut disposer des cargos pour son propre usage. Pour des livraisons par exemple. On peut aussi imaginer qu’il rende le service plus avantageux pour ses clients, voire l’offre gratuitement: ça serait une manière de se distinguer, de proposer un service supplémentaire».

 

4Pour qui?

 

Dans un premier temps, Monkey Donkey vise les communes d’Ixelles, Saint-Gilles, Forest et Uccle. On retrouve ses vélos roses chez Färm à Ixelles, chez Biovrac à Uccle et bientôt chez Super Monkey à Saint-Gilles (la carte est ici). C’est là-bas que le concept a le plus de chance de prendre. «Dans ces communes, les habitants sont ouverts au vélocargo. Mais ils n’ont pas toujours les moyens d’en acheter un et, surtout, de le garer en sécurité», plaide la start-up. «On se développe donc de façon locale dans ces zones. Et ça semble prendre: sur notre premier spot à Uccle, on tablait sur moitié moins de locations. Les vélos sont loués tous les week-ends et minimum un jour sur deux».

Trop lourdes, les courses? Et si vous les rameniez sur un vélo cargo électrique Monkey Donkey?
Une famille avec enfant, c’est la cible de Monkey Donkey. ÉdA – Julien RENSONNET

Mais l’idée est aussi de prêcher pour le bakfiets. «Ces vélos peuvent effrayer les cyclistes. Ils ont l’image de véhicules peut-être moins maniables dans le trafic. Comme ils sont chers, il est bien de pouvoir les essayer avant de les acheter. Or, ce n’est pas toujours facile chez un vélociste. Ici, l’essai en conditions réelles est plus accessible. D’autant que nous disposons de plusieurs modèles», argue Benjamin François. «Et puis, à force de les voir dans la circulation, les potentiels acquéreurs se décideront peut-être».

Monkey Donkey pourrait aussi diversifier la nature de ses hôtes. «On peut envisager des partenariats avec des comités de quartier, des associations, des communes».

 

5Un concept venu de Suisse

 

Actif dans le secteur de la mobilité partagée, Benjamin François découvre le «cargo bike sharing» en Suisse via l’entreprise Carvelo2go. «Ça remonte à 3 ans. Je travaillais dans le carsharing. J’ai trouvé l’idée excellente car à mon sens, personne n’a besoin d’un tel vélo tous les jours. Je suis allé en Suisse tester leur système et leur app. Ils m’ont même conseillé». Le système suisse propose 400 vélos répartis dans les villes et villages. «Mais aucune métropole de la taille de Bruxelles: le potentiel ici est donc énorme».

 

+ Séance info ce jeudi 24 juin au magasin Färm Fernand Cocq, de 16 à 19h

 

Trop lourdes, les courses? Et si vous les rameniez sur un vélo cargo électrique Monkey Donkey?
Benjamin François a fondé Monkey Donkey sur base d’un concept suisse. ÉdA – Julien RENSONNET


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