LIÈGE

Un Sérésien tué d’un coup de couteau: une enquête de moralité défavorable de sa compagne

Un Sérésien tué d’un coup de couteau: une enquête de moralité défavorable de sa compagne

Image d’illustration EdA - Florent Marot

Les témoins de moralité de l’accusée et de la victime ont été entendus mercredi devant la cour d’assises de Liège au procès de Carine Gilsoul, une Sérésienne âgée de 54 ans, accusée du meurtre de son compagnon Patrick Vos.

L’accusée a été décrite comme menteuse, manipulatrice et égoïste au cours d’une enquête de moralité très défavorable.

Les faits reprochés à Carine Gilsoul s’étaient déroulés le 7 octobre 2018 vers 13h15 dans un appartement de la rue Ferrer à Seraing. L’accusée avait planté un couteau dans le cou de Patrick Vos (53 ans).

L’enquête de moralité a établi que Carine Gilsoul est issue d’une famille de cinq enfants. Elle était la plus âgée des enfants. Ses frères, dont elle prétend qu’elle a été obligée de s’occuper durant sa jeunesse, n’ont pas voulu témoigner en sa faveur.

Seule sa sœur s’est exprimée. «Ma sœur était initialement mon modèle. Mais, après l’avoir perdue de vue pendant 20 ans, quand elle a quitté la maison du jour au lendemain, sans rien dire à personne, j’ai constaté qu’elle avait menti à de nombreuses reprises. Ce n’est pas elle qui nous élevait à la maison. Mon père n’a pas commis d’abus sur elle», a soutenu la sœur de l’accusée.

Carine Gilsoul a affirmé qu’elle avait été victime de faits de viols de la part de son père entre ses 12 et 18 ans mais ces faits sont donc contestés. L’accusée a quitté le foyer familial peu après ses 18 ans et a rencontré en 1986 un homme avec lequel elle a eu trois enfants. L’accusée a été décrite comme une femme qui aime lire, écrire et faire des balades en vélo. Carine Gilsoul s’est décrite comme serviable, généreuse et naïve. Mais elle a précisé qu’elle pouvait se montrer grossière et gifler les gens en cas d’énervement.

Carine Gilsoul a quitté son mari du jour au lendemain. Elle a connu des problèmes d’alcoolisme qui se sont répercutés sur ses propres enfants, lesquels se sentaient délaissés. Sous l’influence de l’alcool, elle se montrait agressive et grossière. L’accusée a travaillé dans une maison de repos, mais elle a été licenciée en raison d’absences injustifiées, d’arrivées tardives et de problème d’alcool.

Une fille de Carine Gilsoul a dressé un portrait sombre. «Elle me fait souffrir depuis ma naissance, car elle ne s’est jamais occupée de moi. On devait gérer ses tentatives de suicide et ses excès dans les cafés. Je l’ai toujours vue boire et j’ai grandi sans la présence d’une mère. Elle n’a pas un bon fond, car elle est égoïste et manipulatrice. Ce n’est pas une bonne personne, car elle ne pense qu’à elle. Elle a toujours besoin d’attirer l’attention», a précisé le témoin.

Une autre fille de l’accusée a expliqué avoir coupé les ponts avec elle, car elle a été reniée. «J’ai connu une enfance difficile, marquée par l’alcoolisme de ma mère», a-t-elle annoncé aux jurés.

L’accusée est aussi décrite comme une menteuse et manipulatrice, afin d’attirer la pitié. Dans les années 2000, elle avait inventé une histoire de viol, pour attirer l’attention de son mari alors qu’elle se sentait délaissée. Elle a finalement quitté son mari et est devenue SDF. Sur la place de Seraing, elle est connue comme faisant partie de la bande des «Carapilsiens» (buveurs de Cara Pils). C’est dans ce milieu des SDF qu’elle avait rencontré Patrick Vos. Des connaissances et des locataires de l’immeuble qu’ils ont occupé ont évoqué des scènes de coups et de nombreuses disputes entre eux.

L’enquête de moralité réalisée sur Patrick Vos a démontré qu’il était le père de deux enfants qui ont progressivement été délaissés et abandonnés à la suite de ses problèmes avec la boisson. Patrick Vos avait fait des études professionnelles et avait obtenu un diplôme de maçon-coffreur. Il avait appris à boire à l’armée. L’homme a été décrit comme une personne gentille quand il n’était pas sous l’influence de la boisson. Mais il buvait régulièrement. Ses connaissances l’ont décrit comme un homme qui pouvait être jaloux et violent avec les femmes. Son casier judiciaire comptait quelques condamnations pour des faits de dégradation, de coups et blessures involontaires, de vols et de roulage.

Le réquisitoire et les plaidoiries auront lieu jeudi.


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