VIDÉO | CECS la Garenne: l'Anima sport solidaire

À Charleroi, des élèves et 4e et 6e années secondaires parrainent des jeunes réfugiés dans leur école. Ils les guident au quotidien pour s’intégrer.

«Nous, on est une épaule pour s’appuyer. Ils savent qu’ils peuvent compter sur nous», sourit Pablo, sous son masque. Cette après-midi de fin mai, à l’école secondaire technique et professionnelle de la Garenne à Charleroi, Bryan, Bilal, Yves, Karl, Elias, Romane, Laura, Chiara et leurs amis sont heureux et fiers de partager avec nous leur expérience de parrainage. Akima Senouci, une de leurs enseignantes, a saisi la balle au bond en découvrant l’appel à projets Générations solidaires. «Je cherchais un projet qui, en cette période de Covid qui nous a tenus éloignés les uns des autres avec plusieurs quarantaines dans l’école, raccroche les élèves à l’école. Nous avons appris l’ouverture d’une classe DASPA (dispositif d’accueil pour des jeunes primo-arrivants qui ne parlent pas le français) dans notre établissement. Dans le cadre de la lutte contre le décrochage scolaire, nous avons décidé, en concertation avec une classe de 4e sport-études et de 6e année animation, de mettre en place un projet d’accueil solidaire pour nos nouveaux arrivants. L’objectif est de retrouver du sens et de la motivation dans le cadre d’un projet d’aide et de partage.» L’équipe de direction du projet est constituée de deux jeunes de rhéto, Bryan et Bilal, qui ont pour objectif d’intégrer une section «Développement de projet» à la Haute École de Namur en septembre prochain.

 

Retrouver du sens et de la motivation dans le cadre d’un projet d’aide et de partage.

 

Les jeunes primo-arrivants, neuf Afghans et Guinéens, âgés de 15 à 18 ans, qui n’ont pas été scolarisés dans leur pays, séjournent au centre Fedasil de Jumet. Les premiers contacts se sont déroulés en visioconférence. Bryan, Bilal et leurs amis ont rencontré les jeunes réfugiés, Asif, Mohamed Ali et les sept autres jeunes quand ils ont enfin pu intégrer leur école après les vacances de Pâques.

Un soutien de tous les jours

Depuis lors, chaque jeune réfugié est parrainé par deux ou trois élèves. Journée d’accueil avec balisage dans l’école, visite de Charleroi et des points clés pour ne pas se perdre en ville, repérage du métro, des bus, présentation des différentes options de l’école (dont la section horticulture), récolte de fournitures scolaires, match de foot, course d’orientation, les parrains veillent sur leurs filleuls. «Ils ne parlaient pas du tout français, mais ils apprennent vite. On se débrouille, on est comme des frères. Moi, j’aimerais qu’on m’accueille aussi si mon pays était en guerre», confie Pablo.

Les moments de partage ont permis de resserrer les liens dans l’école éprouvée par des mois d’enseignement à distance. «On se sent utile, on apprend beaucoup d’eux aussi.» L’année scolaire prochaine, d’autres élèves accueilleront de nouveaux jeunes. Les amitiés se consolideront encore cet été.

«Organiser des sorties scolaires pour mieux connaître l’identité européenne»

«L’idée, c’est d’aller à la rencontre d’autres cultures, car nous sommes convaincus que la différence est source de richesses et de liens.»Les élèves ont donc bénéficié d’une animation de l’ASBL EnerJ sur l’identité et les différences.

«Nous souhaitons également mettre en pratique les valeurs liées à la citoyenneté européenne en organisant des excursions en Belgique et dans un autre pays européen,précise Akima Senouci, enseignante. Nous aimerions encore organiser une autre sortie scolaire afin de faire découvrir la ville/région de Charleroi ainsi qu’une autre ville du pays.»

En fonction de la situation sanitaire, les jeunes aimeraient aussi mettre sur pied une sortie scolaire dans une ville européenne à des fins de sensibilisation à la citoyenneté européenne.

http://garenne-henridunant.be/ecole/


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