article abonné offert

FOOTBALL

Euro 2020: pourquoi les supporters de la Belgique doivent espérer un nul entre la Croatie et l’Ecosse

Euro 2020: pourquoi les supporters de la Belgique doivent espérer un nul entre la Croatie et l’Ecosse

Qui sera sur la route de Lukaku, De Bruyne et les autres Diables rouges dimanche à Séville? Photo News

Les Diables rouges ont réalisé un sans-faute dans le groupe B. Premier de leur poule, ils vont affronter un des meilleurs troisièmes en huitièmes de finale. Qui? Éléments de réponse.

On le sait: la victoire de la Suisse, dimanche, a élagué une partie des probabilités qui auraient conduit nos Diables à affronter le troisième du groupe F, le fameux «groupe de la mort», en huitième de finale. Pour être concret, une seule combinaison - que les quatre meilleurs troisièmes soient issus des groupes A, C, D et F - est encore susceptible de conduire à cette issue depuis que la «Nati», membre du groupe A, a terminé celui-ci à la troisième place du groupe avec 4 points.

Euro 2020: pourquoi les supporters de la Belgique doivent espérer un nul entre la Croatie et l’Ecosse
Les cas de figure. -

Faut-il, pour autant, exclure un affrontement face au Portugal de Ronaldo, à l’Allemagne de Kimmich ou même à la France de Mbappé dès le prochain tour? Loin de là. On vous explique.

Si l’on joue aux Cassandre, et qu’on projette les résultats des trois derniers groupes à encore devoir livrer leurs verdicts, on se rend compte que trois possibilités s’offrent théoriquement à nos Diables:

 

1.La moins probable: un huitième contre la Suisse (ou contre la Croatie?)

 

Pour que la Suisse, troisième du groupe A, soit l’adversaire de la Belgique, en huitième, il faudrait que les quatre meilleurs troisièmes soient issus des groupes ABCD, ou ABCE, ou encore ABCF. Bref, il faudrait que le troisième du groupe de la Belgique (le groupe B, pour rappel), à savoir la Finlande, figure parmi les heureux élus, alors que les valeureux «Hiboux» n’affichent un bilan final que de 3 points, nantis d’une différence de buts de - 2. De la même façon, pour que notre opposant soit issu du groupe D, celui de l’Angleterre (la Croatie?), il faudrait que les quatre meilleurs troisièmes soient ceux des groupes ABDE, ou des groupes ABDF. Et donc, encore une fois, que la Finlande figure parmi les repêchés. Or, et alors que trois groupes doivent encore boucler le premier tour, il se fait que celle-ci est actuellement dernière à ce petit jeu, et qu’il faudrait donc que deux des futurs troisièmes des groupes D, E et F récoltent une moisson plus mince encore d’ici à sa conclusion pour éviter le «cut» et le retour prématuré à Helsinki.

 

Concrètement...

 

- Dans le groupe D, cela signifierait que la Croatie et l’Ecosse restent à quai après un match nul lors de l’affrontement de ce soir, et un bilan identique de deux petits points (on y reviendra).

- Dans le groupe E, cela demanderait que l’Espagne soit battue mercredi par la Slovaquie (ou batte celle-ci par trois buts d’écart) pendant que la Pologne ne bat pas la Suède.

- Et dans le groupe F, cela voudrait dire que la France aurait battu le Portugal par au moins quatre buts d’écart cependant que l’Allemagne n’aurait pas perdu contre la Hongrie.

En conclusion, que deux de ces scénarii se concrétisent n’a évidement rien d’impossible, mais au petit jeu des probabilités (sportives, que les mathématiciens ne prennent pas ombrage), la chose est loin d’être évidente.

 

2La plus souhaitable (?): un huitième contre la Suède (et sans doute pas la Slovaquie)

 

Puisque le but est, a priori, d’éviter le troisième du groupe F, celui de la France, il faut donc écarter le dernier scénario qui pourrait mener à ce choc prématuré. Et donc éviter, pour rappel, que les quatre meilleurs troisièmes soient issus des groupes ACDF. Si bien que la Belgique a tout intérêt à surveiller plus attentivement certains des résultats à venir:

- Le Croatie-Ecosse de ce mardi soir pourrait, ainsi, couper court à toutes ces spéculations puisqu’un nul entre ces deux formations qui ne comptent actuellement qu’un seul point, ne leur permettrait pas de dépasser un bilan final de deux unités. Ce qui exclurait leur participation aux huitièmes de finale, la chose étant impossible avec un si maigre butin. Pas de meilleur troisième issu du groupe D signifie donc la fin de l’hypothèse ACDF. Et donc d’un éventuel affrontement avec un «cador» du groupe F dès le début de la phase à élimination directe. Notre adversaire en huitième serait alors probablement issu du groupe E, celui de l’Espagne, de la Suède, de la Slovaquie et de la Pologne, quel qu'il soit.

- Si jamais Croatie ou Ecosse l’emportait, il faudrait alors tourner les yeux vers le double affrontement final du groupe E. Et espérer que le troisième de cette poule finisse avec un meilleur bilan que l’Ukraine, troisième du groupe C avec 3 points et une différence de buts de - 1. Ce sera le cas si l’Espagne ne faisait qu’un piètre match nul contre la Slovaquie (avec le risque de voir la Roja débordée par la Pologne, qui affronte la Suède, ce qui ne changerait rien dans le cadre de notre petite comptabilité). Ou alors, plus simplement, si la Pologne battait la Suède, quel que soit le résultat dans l'autre match. Attention, l’affaire ne serait pas forcément aussi fumante qu’il y paraît puisque, dans ce cas de figure, nous pourrions croiser la route de l’Espagne en huitième, si c’est elle qui finit troisième (si elle fait match nul et que la Pologne gagne). Mais la Suède est une autre possibilite, a priori plus alléchante, si jamais l'équipe scandinave perdait contre Lewandowski and co cependant que l'Espagne battait la Slovaquie. Affronter cette dernière tient sans doute du voeu pieux dans le cas précis puisque pour qu'elle termine en troisième position, il faudrait que la Slovaquie perde contre l'Espagne, ce qui lui octroierait un bilan forcément inférieur à celui de l'Ukraine (qui, dans le pire des cas, devancerait les Slovaques au nombre de buts marqués). Pour que nos Diables défient la Slovaquie en huitième, il faudrait que celle-ci finisse troisième (avec trois points, donc), et que le troisième du groupe de la France ne finisse pas parmi les meilleurs troisièmes, ce qui implique probablement que le Portugal soit battu par la France par au moins trois buts d'écart. Certes, les Bleus sont forts, mais on y croit modérément. Autre perspective slovaque: que l'équipe emmenée par Marek Hamsik profite d'un nul entre Ecosse et Croatie pour intégrer le cercle des quatre meilleurs troisièmes, au nez et à la barbe de ces deux formations... sauf si elle est battue trop sévèrement par l'Espagne et se fait devancer in extremis par la Finlande dans cette course à la qualification. On reviendrait, alors, au premier cas de figure... et à un duel contre la Suisse.

En conclusion, nous, Belges, avons tout intérêt à être supporter... d’un nul entre Croatie et Ecosse ou, à défaut, d’une victoire polonaise contre la Suède.

 

3La plus dangereuse: le Portugal (ou la France)

 

On l’a dit, on le répète, le seul scénario dans lequel la Belgique affronterait le troisième du groupe F est celui dans lequel les quatre meilleurs troisièmes sont issus des groupes, A, C, D et F. Et c’est loin d’être impossible, malheureusement. Parce que si l’on suppose que la Croatie, finaliste de la dernière Coupe du Monde et qui a bien réagi face à la Tchéquie, parvienne à battre la modeste Ecosse, et que l’Espagne retrouve un niveau conforme à ses standards contre la Slovaquie  pour l’emporter, pendant que la Pologne, elle, butte comme attendu contre une très solide (qui a dit défensive?) Suède, nous nous trouverions dans ce cas de figure précis... à la double condition supplémentaire que la France ne mette pas une «tarte» monumentale au Portugal (alors éjecté du tournoi), et que l’Allemagne vienne à bout, chez elle, de la Hongrie. Beaucoup de si, certes, largement de quoi mettre... Paris en bouteille, mais que du très possible également, à défaut d’être du très probable. Si l’on ose construire sur ce cas de figure complexe, deux adversaires seraient alors susceptibles de croiser la route de nos Diables en huitième:

- Le Portugal si, de nouveau, il n’est pas battu par au moins quatre buts d’écart par les Bleus (pendant que l’Allemagne bat la Hongrie, ce qu’on va - dangereusement - considérer comme acquis, ce qui écarterait la Mannschaft des possibilités)

- La France, si elle s’incline contre la Seleçao pendant que, une fois encore, l’Allemagne terrasse la Hongrie.

En conclusion, un choc avant l'heure n'est pas à exclure pour notre équipe nationale, dont le parcours jusqu'à la finale pourrait être semé d'un fameux paquet d'embûches....

Tout ceci, bien entendu, est suceptible d’être balayé par la seule certitude que nous ayons à ce stade: en sport et plus particulièrement en football, rien n’est joué d’avance. Nous voilà beaux.

 

Nos dernières videos