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BELGIQUE

VIDÉO | Le charbon, pépite de l’âge d’or wallon et grand acteur de la révolution industrielle

Les vestiges industriels des bassins houillers wallons témoignent de la richesse de la Wallonie qui, jadis, dominait les régions voisines. Cœur continental de la révolution industrielle, elle s’est démarquée grâce à la présence abondante de matières premières mais aussi son réseau hydraulique. Explications.

AVANT DE LIRE

Dans le cadre des commémorations du 75e anniversaire de «l’accord charbon», L’Avenir est parti aux quatre coins de la Wallonie à la rencontre de nombreux acteurs de cette époque.

Vous pourrez retrouver l’ensemble des témoignages, des histoires, des chiffres, des reportages vidéos ainsi que les multiples angles traités à cette occasion dans un dossier spécial

+ ACCÉDER AU DOSSIER | 23 juin 1946 - 23 juin 2021 : 75 ans de l’accord charbon entre la Belgique et l’Italie

Le Sud de la Belgique s’est retrouvé, dès le début du 19e siècle, au centre de ce que les livres d’histoire ont sacralisé comme la «Révolution industrielle» en Europe.

«L’industrie wallonne, et plus singulièrement l’industrie liégeoise, tire ses racines dans un riche passé préindustriel et son expertise repose sur la proximité des matières premières et le développement de son réseau hydraulique», explique Xavier Lambert, de la Maison de la Métallurgie et de l’Industrie de Liège.

Expertise wallonne

«Liège avait une terre riche en minerais de fer et en pierre calcaire, qui sont les deux matières premières qui permettent de faire du fer, détaille Xavier Lambert. Il manquait alors le combustible. Or, celui sur lequel se fonde la riche expertise liégeoise et wallonne, c’est le charbon de bois: cela peut sembler difficile à croire aujourd’hui, mais autrefois Liège était couverte de forêts et, en chauffant le bois, on obtenait du charbon de bois, qui sera donc ce combustible de la pré-industrie et qui sera remplacé lors de la révolution industrielle par le charbon de terre

Mais la richesse de la Wallonie à cette époque ne se limite pas aux ressources naturelles dont elle dispose. «Non, car l’expertise wallonne, c’est aussi une histoire de l’évolution des outils et des techniques et qui ont permis à la Wallonie de se démarquer des autres bassins industriels ou préindustriels

La machine à vapeur

Ce sont donc ces techniques en constante évolution qui vont, grâce à l’apport de plusieurs industriels anglais, déboucher sur l’ère dite «de la révolution industrielle», importée sur le sol belge dès la fin du 18e siècle par un homme d’affaires et grand spécialiste des machines à vapeur, William Cockerill, lequel s’installe à Verviers en 1797.

«C’est cette machine à vapeur, laquelle est au cœur de la révolution industrielle, qui va intensifier l’exploitation du charbon de terre», insiste Xavier Lambert.

L’apparition de la machine à vapeur va intensifier l’exploitation du charbon de terre.

Cette exploitation est ainsi «intimement liée à l’histoire de l’industrie puisque le combustible qui lui permet de fonctionner, c’est le charbon que l’on retrouvait dans nos charbonnages. Et c’est pourquoi il y avait un besoin de main-d'œuvre».

C’est la raison pour laquelle, au sortir de la Seconde Guerre mondiale alors que la Belgique cherche à relancer son économie, le gouvernement d’Achille van Acker signe un accord d’échange avec l’Italie: ce seront des hommes contre du charbon.

La désulfurisation du coke

Alors que la famille Cockerill, via le père William, puis le fils John, va véritablement offrir à la Wallonie et la région de Liège un essor économique sans précédent, c’est un autre industriel anglais qui va lui aussi marquer l’évolution des charbonnages et, plus largement, de l’industrie du fer wallonne.

«Car le coke (NDLR: combustible obtenu par pyrolyse du charbon - de la houille - dans un four à l’abri de l’air) va en effet devoir subir différentes transformations et va devoir être désulfurisé pour pouvoir être intégré aux hauts fourneaux, explique Elena Marcos, de la Maison de la Métallurgie et de l’Industrie de Liège. C’est l’Anglais Abraham Darby qui va mettre au point le procédé chimique permettant d’enlever le souffre du coke et donc le rendre exploitable dans l’industrie du fer.»

Les hauts fourneaux aussi

Les outils eux-mêmes ont dû connaître certaines transformations, notamment au niveau des hauts fourneaux, afin de pouvoir recevoir ce coke désulfurisé. « Et c’est Cockerill qui sera le premier à implanter, à Seraing en 1826, ce type de haut-fourneau à coke en Belgique», précise encore Elena Marcos.

+ VOIR | Découvrez notre reportage vidéo au sein de la Maison de la Métallurgie et de l’Industrie de Liège ci-dessus, en tête d’article

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Maison de la Métallurgie et de l’Industrie de Liège

Infos et réservations: mmil.uliege.be

Adresse: Boulevard Raymond Poincaré, 17 - 4020 Liège


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