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DÉCÈS

VIDÉOS | 10 moments-phares des multiples vies de Bernard Tapie

VIDÉOS | 10 moments-phares des multiples vies de Bernard Tapie

- Montage EdA

Grande gueule, super-vendeur, charmeur mais aussi chelou plusieurs fois condamné, Bernard Tapie aura focalisé des sentiments très contrastés lors de ses multiples vies parallèles. En voici dix aspects marquants….parmi bien d’autres.

 

 

 

1.D’abord chanteur sous le nom de Bernard Tapy

 

À ses débuts, Bernard Tapie se fait ...Tapy et tente quelques disques sans succès dont voici un clip assez étonnant. Il sort notamment en 1966 des titres comme «Je ne crois plus les filles» ou «Passeport pour le soleil» édités chez RCA.

Mais plus tard, alors qu’il s’est fait connaître comme manager vedette, il va sortir en 1985 un nouveau 45 tours signé Didier Barbelivien, bien dans son style biznessman puisque dénommé «Réussir sa vie», édité au profit d’une association philanthropique.

Ce ne sera pas son dernier exploit musical, car en 1998, il est en chauffeur de Doc Gyneco sur un duo «C’est beau la vie» (que regrettera plus tard le second nommé). Un drôle de texte qui évoque les banquiers et… Valenciennes, une ville qui va devenir synonyme de gros soucis pour lui.

 

2.Animateur d’un énorme show télé «Ambitions» sur TF1

 

Dans les années 80, Bernard Tapie est le symbole de l’enthousiasme et de la réussite. Rien ne lui résiste. Au point que TF1 lui confie la présentation d’«Ambitions», véritable show économique et qui vise à aider des ... «jeunes entrepreneurs» qui veulent mettre en route leur société.

Il y aura cinq numéros avant que la Haute autorité de l’audiovisuel en France ne demande l’arrêt de l’émission pour confusion des genres!

Chaque émission était tournée dans un lieu différent, en général des «Palais des spots», à Paris ou en province.

Une de ces émissions sera même tournée à Bruxelles dans un Palais du Heysel bondé, avec comme invités pour les pauses musicales le groupe Europe («The Final Countdown ») et d’un Bernard Lavilliers à l’époque au sommet de la gloire.

On n’a pas retrouvé d’images d’« Ambitions » mais cette sidérante pub de la même époque (il avait racheté les piles Wonder) est totalement dans l’esprit de l’émission.

 

3.Il bouleverse le cyclisme avec «La Vie Claire»

 

En 1983, le numéro 1 mondial (et français), Bernard Hinault, fâché avec son directeur sportif Cyrille Guimard décide de quitter l’équipe Renault-Gitane.

En quête d’un nouvel employeur, il tombe sur Bernard Tapie, propriétaire notamment de «La vie claire » (une chaîne d’alimentation bio), qui lui propose de créer une toute nouvelle équipe autour de lui, et surtout, qui allonge les millions.

Tapie révolutionne le monde du vélo en créant une équipe à plusieurs leaders et composées de super-cracks (un peu à la façon d’Ineos aujourd’hui), ses autres sociétés (dont Look, qui innove dans le secteur de la pédale) étant les autres sponsors. Presque trop facile.

En 1986, «La vie claire», avec son célèbre maillot Mondrian, trouve la consécration avec la légendaire arrivée à deux de Bernard Hinault et de son équipier (en jaune), l’Américain Greg Lemond, au sommet de l’Alpe d’Huez.

Ce sera le dernier Tour d’Hinault d’ailleurs, l’autre «Nanard» de l’époque.

 

4.Il gagne la Champions League avec l’OM...qui avait triché

 

Parallèlement au cyclisme, Tapie devient en 1986 président du mythique Olympique de Marseille, dans une ville qui ne vit que pour le foot. Inévitablement, le club devient, en quelques années le meilleur club de France, avec un recrutement de stars (Waddle, Francescoli, Papin, Pelé...) qui fait songer à celui du PSG aujourd’hui.

En 1992, il atteint une première fois la finale de la Ligue des Champions mais échoue aux pénalties contre l’Étoile rouge de Belgrade.

L’année suivante, au stade olympique de Munich, il retrouve l’AC Milan, qui est une constellation de vedettes comme Baresi, Maldini, Donadoni ou les Hollandais Rijkaard et Van Basten. Comme entraîneur des Marseillais, Tapie a fait venir le vétéran belge Raymond Goethals, âgé de 70 ans. Coup de maître!

L’OM gagne 1-0 sur une tête de Basile Boli. Une soirée de légende car depuis, plus jamais un club français n’a gagné la Champions League.

La suite? La mise à jour d’une pathétique affaire de corruption dans laquelle les patrons de l’OM auraient payé les joueurs de Valenciennes pour qu’ils lèvent le pied lors d’un banal match de championnat, six jours avant la finale.

Véritable marathon judiciaire, cette affaire VA-OM vaudra des sanctions aux deux clubs. En 1995, Bernard Tapie prendra deux ans de prison (dont huit mois ferme en appel) pour corruption et subornation de témoins.

 

5.À Couvin, éphémère patron des raquettes Donnay

 

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Bernard Tapie chez Donnay, entouré des syndicalistes de l’époque et de la presse namuroise. -L’Avenir
Dans la lignée de ses rachats d’entreprises mal en point (Wonder, Look), toujours friand de sport (il rachètera aussi Adidas), Bernard Tapie vient dans la province de Namur racheter l’entreprise Donnay à Couvin, célèbre pour avoir fourni la raquette (alors en bois) d’un des plus grands champions de tous les temps, le suédois Bjorn Borg.

C’était en 1989 et on déroule le tapis rouge à l’homme qui apparemment réussit tout. Mais cela ne durera guère, trois petits tours et puis s’en va: il se désengage en 1991.

Non sans avoir attiré une nouvelle star du tennis, l’américain André Agassi, encore tout blond et tout chevelu, venu signer en 1989 un contrat à 6 millions de dollars. Le jeune champion gagnera à Wimbledon en 1992 avec une raquette Donnay désormais en carbone.

Mais Tapie s’est déjà débarrassé de l’entreprise.

 

6.Il a affronté Jean-Marie Le Pen dans un débat télévisé

 

En 1988, alors que François Mitterrand entame son second mandat de Président de la République française (victoire contre Chirac), il lance Bernard Tapie en politique, et lui demande de se présenter aux élections à Marseille, où il est un Dieu pour les raisons footballistiques. Tapie devient donc député.

Le 9 décembre 1989, il affronte Le Pen en débat, devant Patrick Poivre d’Arvor et les caméras de télévision. À l’époque, Le Pen fait peur à tout le monde.

Ce sera l’occasion d’un choc télévisé d’anthologie, un match de catch verbal qui voit s’affronter… les deux grandes gueules de l’époque.

 

7.Il a été «Commissaire Valence» à la télé et «Oscar» au théâtre

 

 

 

Alors que son empire industriel s’est écroulé, Bernard Tapie se reconvertit sans complexe dans l’artistique.

Il devient le comédien principal de «Commissaire Valence»; une série télévisée française constituée de 12 épisodes de 90 minutes dont la réalisation et la diffusion s’étala entre le 17 avril 2003 et le 26 juin 2008 sur TF1.

 

8.Il a joué «Oscar» au théâtre à Paris

 

Certains épisodes ont parfois atteint 10 millions de spectateurs. On verra aussi Tapie jouer à Paris au théâtre. Il joue «Oscar» au Théâtre de Paris en 2008 et France 2 fait même une captation.

 

 

Il devait même jouer « Vol au-dessus d’un nid de coucou» en mai 2020 mais la lourdeur de son traitement anti-cancer l’en a empêché.

 

9.Il a joué le rôle principal d’un film de Claude Lelouch

 

Acteur de télé donc mais aussi de cinéma.

En 1996, Claude Lelouch l’engage pour jouer dans «Hommes, femmes, mode d’emploi", une comédie où il côtoie Fabrice Lucchini et Pierre Arditi.

C’est loin d’être le plus mauvais Lelouch. Le réalisateur et son acteur occasionnel sont restés amis. Au point que récemment, le 26 avril dernier, Tapie expliquait à la télé que, s’il avait encore de la voix (malgré son cancer), il jouerait dans le prochain Lelouch.

Au fait, sa fille Sophie Tapie (il a 4 enfants) est chanteuse et comédienne. Elle fut même candidate à «The Voice» saison 2 sur TF1.

 

10.Il a été ministre, député français et député européen

 

À une époque, il est donc le chouchou du président François Mitterrand. Qui l’impose lors d’un remaniement du gouvernement fin 1992. Il devient ministre de la Ville du gouvernement Beregovoy mais après quatre mois, il doit démissionner, mis en examen pour une affaire de faible intérêt et qui se résoudra à l’amiable.

Qu’importe, il sera député français des Bouches-du-Rhône de 1989 à 1996, et mieux encore, député européen de 1994 à 1997 après avoir mené (toujours sur le conseil de Mitterrand) une liste «Énergie radicale» qui rafle 12% des suffrages.

S’il n’avait eu une kyrielle de soucis judiciaires, il aurait même pu devenir maire de Marseille. Un parcours qui en dit long sur la fascination qu’il a continué d’exercer (et exerce encore aujourd’hui), malgré d’innombrables casseroles.

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