BELGIQUE

VIDÉOS | 75 ans de l’accord charbon: «Ne pas oublier le sacrifice de nos parents»

Si les mineurs arrivés dans les années 40 suite à l’accord passé entre la Belgique et l’Italie sont aujourd’hui pour la plupart décédés, leur souvenir reste vivace grâce au travail de mémoire que véhiculent leurs enfants, mais aussi à travers la présence de ceux qui appartiennent aujourd’hui à ce que l’on pourrait appeler une immigration «de nouvelle génération».

AVANT DE LIRE

Dans le cadre des commémorations du 75e anniversaire de «l’accord charbon», L’Avenir est parti aux quatre coins de la Wallonie à la rencontre de nombreux acteurs de cette époque.

Vous pourrez retrouver l’ensemble des témoignages, des histoires, des chiffres, des reportages vidéos ainsi que les multiples angles traités à cette occasion dans un dossier spécial

+ ACCÉDER AU DOSSIER | 23 juin 1946 - 23 juin 2021 : 75 ans de l’accord charbon entre la Belgique et l’Italie

Réunis en marge des commémorations du 75e anniversaire de la signature de l’accord belgo-italien sur le charbon, plusieurs descendants de mineurs italiens se sont réunis à Blegny-Mine, le site classé au patrimoine mondial de l’Unesco et qui abrite le dernier charbonnage authentique que l’on peut visiter en Wallonie.

Giuseppe Assuntini est originaire de Castel Castagna, dans une région qui a fourni de nombreux mineurs à la Belgique: les Abruzzes, au centre de l’Italie. C’est en 1959 qu’il arrive en Belgique, pour y rejoindre son père arrivé deux ans plus tôt en vertu de l’accord de 1946.

«Honnêtement, je ne me souviens pas trop de comment s’est passée l’intégration. J’étais trop petit.» De fait: né juste avant le départ de son père, Giuseppe avait deux ans lorsqu’il arrive en Belgique, du côté de Liège, plus précisément de Saint-Nicolas.

Mais s’il ne se souvient pas de ses premiers pas sur le sol belge, il aspire à ce que les jeunes générations n’oublient pas «le sacrifice qu’ont fait nos parents lorsqu’ils ont quitté leur pays pour venir travailler en Belgique et ainsi offrir à leur famille une vie meilleure».

Une berline pour Castel Castagna

Afin de marquer le coup, celui qui est membre de la Fédération Abruzzese de Belgique a organisé, avec d’autres associations du même acabit, le transport d’une berline, l’un de ces fameux wagons servant à extirper le charbon des entrailles de la terre, depuis Blegny-Mine jusqu’à Castel Castagna et, plus largement, la région du massif du Gran Sasso, dans la province de Teramo.

VIDÉOS | 75 ans de l’accord charbon: «Ne pas oublier le sacrifice de nos parents»
Une berline dans les galeries de Blegny-Mine Romain VEYS

«Je remercie naturellement le directeur de Blegny-Mine, Monsieur Jacques Crul, lequel a tout de suite accepté de nous offrir cette berline pour la ramener dans mon village, se réjouit Monsieur Assuntini. Et je remercie également Madame la maire de Castel Castagna, Rosanna Di Antoniis, qui a accepté de placer cette berline dans notre petit village et j’espère que ça gardera vives les mémoires

+ VOIR | Découvrez le témoignage de Giuseppe Assuntini et l’importance du travail de mémoire pour Blegny-Mine selon Jacques Crul dans notre reportage vidéo ci-dessus, en tête d’article

Une immigration «de nouvelle génération»

Parmi le petit groupe d’Italo-belges venus remercier Jacques Crul, Claudio Vernarelli dénote: «Je suis le plus jeune, oui, quoique, admet-il, non sans un brin d’humour. Moi je suis arrivé d’Italie en 2015

Car si Giuseppe Assuntini et ses comparses sont tous des enfants de mineurs arrivés dans les années 40 ou 50 sur le territoire belge, Claudio est ce que l’on pourrait appeler un immigré de nouvelle génération.

«Ils se moquent de moi parce qu’ils disent que je suis arrivé avec la cravate et la pochette, se marre-t-il en montrant sa tenue vestimentaire. Alors qu’eux sont arrivés avec des valises en carton et pour un travail d’un autre genre

La fuite des cerveaux

Il est vrai que, au-delà du trait d’humour, celui qui travaille dans l’univers de la mode pour une entreprise italienne basée à Bruxelles incarne un tout autre type d’immigré italien: «Il y a eu une grande migration des Italiens dans les années 2000 avec l’arrivée de l’Euro. Aujourd’hui, les immigrés italiens arrivent en avion, on a des masters, des diplômes, on parle anglais, on vient à Bruxelles parce qu’il y a les institutions européennes. C’est donc très différent de ce qu’ont connu les immigrés qui sont venus pour travailler dans les charbonnages

Aujourd’hui, on arrive en avion, on a des masters, des diplômes, on parle anglais, on vient à Bruxelles parce qu’il y a les institutions européennes.

Mais cette migration de nouvelle génération ne doit, selon Claudio Vernarelli, pas faire oublier le sacrifice de leurs parents, grands-parents, voire parfois aujourd’hui arrière-grands-parents: «Même si on est jeune, on ne doit pas oublier ceux qui sont venus ici avant nous. pour travailler, pour avoir un futur meilleur

+ VOIR | Découvrez le témoignage complet de Claudio Vernarelli, qui évoque également le lien entre les différentes générations d’immigrés italiens, dans la vidéo ci-dessous


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