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JUDICIAIRE

La Chestrolaise s’est fabriqué un faux diplôme de comptable et de faux certificats médicaux

La Chestrolaise s’est fabriqué un faux diplôme de comptable et de faux certificats médicaux

Kurhan - Fotolia

Via de faux certificats médicaux, elle a voulu percevoir des indemnités. Elle s’est aussi fabriqué un faux diplôme de comptable pour décrocher un emploi.

Avec une peine de travail, la prévenue s’en sort bien. Cette Chestrolaise a fabriqué et utilisé un faux diplôme de comptable, de fausses lettres de recommandation et de fausses attestations pour décrocher un emploi au Grand-Duché.

Elle a également fabriqué de faux certificats médicaux pour toucher des indemnités auprès de la sécurité sociale.

Le tout en 2017 et 2018.

C’est son employeur au Grand-Duché qui a découvert le pot aux roses. Ayant des doutes sur le diplôme présenté par la quadragénaire, il contacte l’institut de promotion sociale auprès duquel elle aurait décroché le fameux diplôme. La Chestrolaise y a bien suivi une formation, mais elle n’a pas réussi tous les examens.

La directrice de l’institut a donc déposé plainte.

La pseudo-comptable a été entendue. «C’est le seul faux que j’ai réalisé», explique-t-elle aux policiers.

Durant la perquisition, plusieurs documents sont saisis chez elle. On y retrouve une série de faux. Elle a falsifié une période d’activité de 6 mois à deux ans, en vue de toucher des allocations de chômage.

Les faux certificats médicaux? À nouveau, c’est côté grand-ducal que la supercherie a été découverte. Plus précisément par la sécurité sociale luxembourgeoise. La Chestrolaise a remis des certificats médicaux au nom notamment d’une gynécologue de Libramont, qui n’a jamais vu cette patiente.

Une nouvelle perquisition est menée au domicile de la faussaire. D’autres faux certificats médicaux au nom de deux autres docteurs sont saisis.

La Chestrolaise n’en est pas à son coup d’essai en matière de faux documents. Elle a déjà été condamnée par la justice luxembourgeoise concernant cette fois des faits d’escroquerie à l’assurance.

Un an de prison requis

La substitute Anne-Charlotte Carlier a requis un an de prison. «C’est un réquisitoire qui peut paraître sévère, reconnaît-elle, mais il faut tenir compte qu’elle a obtenu un emploi de comptable au Luxembourg qu’elle n’aurait jamais obtenu sans ce faux diplôme. Je ne m’oppose pas à un sursis. »

La quadragénaire s’est défendue seule, devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau. Elle ne s’est pas trop attardée sur le faux diplôme pour s’épancher sur l’épisode des certificats médicaux, parlant d’un employeur qui ne l’a pas payée. «Je suis restée plus de 4 mois sans salaire, sans chômage. Je ne savais pas comment réagir. Je regrette ce que j’ai fait, en même temps je ne vois pas ce que j’aurais pu faire d’autre

La Chestrolaise a retrouvé du travail comme femme de ménage. Elle sollicite une peine de travail.

Comme elle n’a pas d’autre antécédent judiciaire que la condamnation au Grand-Duché pour des faits de la même nature commis durant la même période, le juge André Jordant a fait droit à sa demande et la condamne à une peine de 70 heures. Une peine qui ne figurera pas dans son extrait du casier judiciaire.


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