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Fin du sommet entre Biden et Poutine: leurs ambassadeurs de retour

Fin du sommet entre Biden et Poutine: leurs ambassadeurs de retour

Joe Biden et Vladimir Poutine se sont rencontrés ce mercredi à Genève, en Suisse. Photo News

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Joe Biden se sont entendus mercredi à Genève pour le retour de leurs ambassadeurs respectifs, rappelés plus tôt cette année pour des consultations, a affirmé M. Poutine.

«Ils retournent sur leur lieu d’affectation. Quand exactement, c’est une question purement technique», a déclaré le président russe durant une conférence de presse ayant suivi cette rencontre.

Les relations diplomatiques entre Moscou et Washington se sont rapidement dégradées depuis l’entrée en fonction de M. Biden en janvier, qui reproche à la Russie notamment des cyberattaques en série et son ingérence électorale aux Etats-Unis.

Un «tueur»

En mars, la Russie a pris la rare décision de rappeler son ambassadeur Anatoli Antonov après que M. Biden avait comparé M. Poutine à un «tueur».

L’ambassadeur américain, John Sullivan avait annoncé un mois plus tard qu’il retournerait à Washington pour des consultations, ce que le Kremlin avait réclamé.

Expulsions

Par ailleurs, les Etats-Unis avaient expulsé dix diplomates en avril dans une nouvelle vague de sanctions après des cyber-attaques imputées à Moscou. La Russie avait riposté par d’autres expulsions et en interdisant à l’ambassade des Etats-Unis à Moscou d’employer des ressortissants étrangers, une mesure contraignant beaucoup les activités de l’ambassade.

En mai, la Russie a officiellement désigné les États-Unis comme un État «inamical». Le seul autre pays figurant sur cette liste est la République tchèque.

Rencontre «constructive» et tonalité «positive»

Le président russe Vladimir Poutine a indiqué mercredi que sa première rencontre avec son homologue américain Joe Biden à Genève avait été «constructive», sur fond de tensions bilatérales.

«Il n’y avait aucune animosité», a-t-il dit lors d’une conférence de presse, ajoutant que «sur beaucoup de questions nos évaluations divergent, mais les deux parties ont démontré un désir de se comprendre l’un l’autre et de chercher les moyens de rapprocher les positions».

Poutine a voulu rassurer

Le président russe Vladimir Poutine a par ailleurs assuré mercredi que lui et son homologue américain Joe Biden s’étaient entendus sur des «consultations en matière de cybersécurité», les deux pays s’accusant mutuellement d’une multitude de cyber-attaques.

«Nous sommes convenus d’entamer des consultations sur la cybersécurité», a-t-il déclaré durant une conférence de presse à Genève, ajoutant toutefois que «le plus grand nombre de cyber-attaques dans le monde provient de l’espace américain» et critiquant l’absence de coopération en la matière de Washington.

Le président russe Vladimir Poutine a également assuré que les Etats-Unis ne devaient pas s’inquiéter d’une militarisation russe dans l’Arctique, région stratégique où la Russie ne cache pas ses ambitions.

«Les préoccupations de la partie américaine sur une militarisation n’ont aucun fondement», a-t-il dit à la presse, ajoutant: «Au contraire, je suis convaincu que nous devons coopérer

Comment pourrais-je être président américain et ne pas aborder les violations des droits humains?

Le président américain Joe Biden a indiqué pour sa part que la tonalité du sommet avec son homologue russe Vladimir Poutine était «positive», mais a assuré l’avoir mis en garde contre toute interférence dans les élections américaines.

«J’ai clairement dit que nous ne tolérerions pas les tentatives de violation de notre souveraineté démocratique ou de déstabilisation de nos élections démocratiques, et que nous répondrions», a déclaré Joe Biden lors d’une conférence de presse à l’issue de sa rencontre avec M. Poutine.

M. Biden a par ailleurs promis à son homologue russe de «continuer» à aborder les violations des droits humains. Il veut des «règles de principe» entre les deux pays.

«Comment pourrais-je être président américain et ne pas aborder les violations des droits humains?», a affirmé mercredi M. Biden. L’affaire Navalny a été mentionnée.

Cyberattaque, tensions et recadrage

M. Biden a également donné une liste de 16 sites critiques des Etats-Unis qui doivent échapper à toute cyberattaque. Il souhaite aussi que les autorités russes poursuivent les responsables de piratage contre des rançons. Le président russe «sait que j’agirai», a dit le chef de la Maison Blanche. «Nous avons des cybercapacités significatives», a affirmé M. Biden. La Russie ne peut dicter sa loi au monde entier, selon lui.

Ukraine, Iran et Bélarus, les sujets internationaux ont tous été discutés. «Il était important de se rencontrer», a dit M. Biden. Résultat concret, l’accord sur le mécanisme pour un dialogue sur la stabilité stratégique». «Il y a encore beaucoup de travail», a affirmé M. Biden. Les prochaines étapes sur le désarmement ont été abordées en détail, encore selon le président américain.

Le président américain a estimé «ridicule» la comparaison de Vladimir Poutine entre les assaillants du Congrès et les militants de Black Lives Matter, affirmant qu’ils n’ont rien de commun. Répondant à une longue diatribe de M. Poutine, le président américain a jugé que ce dernier établissait une fausse équivalence entre une attaque «de criminels» sur le Capitole à Washington le 6 janvier et les manifestations pacifiques de gens privés de leur liberté d’expression en Russie.

Pour finir, Joe Biden «ne pense pas» que Vladimir Poutine cherche une Guerre froide» avec les Etats-Unis. «Il y a des perspectives réelles d’améliorer les relations», a-t-il dit.

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