EURO 2020

CNN fait l’éloge des Diables rouges: «Comment un pays aussi petit peut-il être numéro un mondial du sport le plus populaire du monde?»

CNN fait l’éloge des Diables rouges: «Comment un pays aussi petit peut-il être numéro un mondial du sport le plus populaire du monde?»

- BELGA

Si les Diables rouges sont parfois critiqués, d’autres s’étonnent de l’abondance de joueurs talentueux en Belgique.

Pendant que ce lundi certains commentateurs de L’Equipe 21 taclaient les Diables rouges, d’autres tentaient d’expliquer le phénomène belge. C’est le cas de CNNqui a décrypté le cas de notre équipe nationale avec une question centrale: «Comment un pays aussi petit peut-il être numéro un mondial du sport le plus populaire du monde?»

Pour le média américain, la Belgique n’est rien d’autre qu’un «des plus grands exploits dans le monde du sport». CNN explique comment la Belgique est passée des bas-fonds du classement FIFA à la première place. «La Belgique, un pays d’environ 11 millions d’habitants, est coincée entre la France et l’Allemagne en Europe occidentale. Elle est éclipsée par la taille de la population de ces voisins. Pourtant, elle a atteint pour la première fois le sommet du classement FIFA en 2015 et est restée fermement sur le perchoir depuis 2018», commence l’article.

Pour CNN, cette première place est loin d’être le fruit du hasard. L’ascension commence avec l’Euro 2000. Si le média évoque «l’humiliation subie avec une élimination en phase de groupes», cela a surtout permis à l’URBSFA de tout recommencer à partir d’une page blanche. Comme l’explique Michel Sablon, alors directeur technique de l’équipe nationale: «Ce n’était pas bon pour les joueurs, pas bon pour les clubs, pas bon pour l’équipe nationale. C’était vraiment le fond. Mais cela nous a permis de repartir de zéro et de tout développer.»

C’est alors que l’Union Belge a tout repensé de A à Z. Objectif numéro un: la formation. Elle est devenue une priorité et les clubs ont adhéré au projet. Ils avaient pour mission de former des joueurs selon des principes de jeu et une philosophie identique. “À cette époque, les jeunes joueurs en herbe comme Romelu Lukaku, Eden Hazard et Kevin de Bruyne n’avaient respectivement que huit, dix et dix ans. Personne n’aurait pu le savoir à l’époque, mais eux et bien d’autres joueurs de leur génération allaient bientôt être lancés sur une trajectoire de carrière qui allait marquer le football mondial”, pointe CNN, relayé par 7sur7.

Un groupe qui se connaît depuis tout petit

Dans cette analyse, Thibaut Courtois estime que l’une des forces des Diables est qu’ils se connaissent depuis leur plus jeune âge. «J’ai joué contre Lukaku quand nous avions 12, 13 ans par exemple. Il s’agit de la moitié de ma vie. Lorsque nous nous réunissons, nous sommes un groupe d’amis» explique le portier du Real Madrid.

L’attaquant de l’Inter abonde dans ce sens. “Nous avions l’habitude de nous asseoir tous ensemble à une table et de débattre de qui avait la meilleure équipe de jeunes, qui marquait le plus de buts, les tournois auxquels nous participions. C’était cool. (...) C’est plus facile quand vous jouez dans un groupe et que vous connaissez presque tout le monde depuis de très nombreuses années.”

Cette ambiance collégiale est un atout majeur dans un grand tournoi. “Je me souviens qu’à notre première Coupe du monde au Brésil, les gens disaient: ‘Comment les joueurs vont-ils se comporter après un mois passé ensemble? Y aura-t-il des bagarres? Y aura-t-il des problèmes entre eux?’ Et ce n’était pas le cas, car nous nous connaissons très bien. Nous sommes un groupe d’amis. Nous allons jouer au golf ensemble. Nous jouons aux cartes ensemble. Nous jouons à la PlayStation ensemble» détaille El Muro.

Autre fait pointé par CNN, les risques entrepris par les joueurs qui ont tous vogué rapidement vers l’étranger. “Il y a quinze, vingt ans, presque aucun Belge ne jouait en dehors de la Belgique. Maintenant, presque toute la sélection est répartie dans les plus grandes équipes du monde.” Des risques qui se sont donc avérés payants.

Interrogé par nos confrères, Martinez estime également que la diversité des Diables est un autre atout majeur. «Il s’agit de notre plus grande arme de notre vestiaire. Cela nous offre une richesse d’opinions différentes avec des solutions qui divergent. Dès le plus jeune âge, on vous conscientise au fait que vous pouvez régler les problèmes de différentes manières. Cela vous permet d’affronter l’adversité» a déclaré le coach national. Notre particularité culturelle avec les joueurs issus de l’immigration ainsi que les trois langues de notre pays permettent cette cohésion. «Je dirais que c’est la plus grande force du Belge en tant que footballeur. Il va entrer dans un vestiaire et se mettre au service du groupe. Il n’y a pas de barrière culturelle» a-t-il ajouté.

Les Diables, demain tout va bien?

La peur de chaque supporter Belge est de se retrouver dans les abysses du classement FIFA d’ici quelques années. Comme à l’époque. Pour les personnes interrogées, il n’y a aucune peur à avoir. “Il y a un intérêt à essayer de préparer les joueurs du futur. Ils influencent le football belge maintenant comme cela n’a jamais été fait. Je suis sûr que cette réussite sera présente dans le football belge pour de nombreuses années à venir” explique Roberto Martinez.

Même son de cloche pour Thibaut Courtois. “Si nous n’arrivons pas à remporter un trophée, alors je suis sûr que dans les années à venir, il y aura une nouvelle génération grâce au travail acharné qu’il y a en Belgique pour produire de nouveaux talents”.

Pour parler de génération dorée, il faudra effectivement soulever un trophée. Et les joueurs en sont bien conscients même si cela s’annonce compliqué. “Si nous nous préparons correctement, si nous sommes performants, rien ne peut nous arrêter” conclut Lukaku.

Les supporters belges n’attendent eux que cela.

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