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Le virus circule plus vite que les vaccins, s’inquiète l’OMS

Le virus circule plus vite que les vaccins, s’inquiète l’OMS

«En ce moment, le virus se déplace plus rapidement que la distribution mondiale de vaccins» tirachard – stock.adobe.com

Un virus qui circule plus vite que les vaccins, des promesses du G7 insuffisantes, un soutien financier international qui laisse à désirer… l’OMS a appelé lundi à une grande solidarité pour éradiquer la pandémie.

Lors de leur sommet ce week-end en Angleterre, les dirigeants du G7 ont annoncé le don de 1 milliard de doses -de fait 870 millions de doses auxquelles viennent s’ajouter les engagements pris depuis février – soit en nature soit sous forme d’aide financière au système international de distribution Covax.

«Il nous en faut plus, et plus vite. Plus de 10.000 personnes meurent chaque jour. […] Ces communautés ont besoin de vaccins, et elles en ont besoin maintenant, pas l’année prochaine!» a martelé le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse.

«En ce moment, le virus se déplace plus rapidement que la distribution mondiale de vaccins», a-t-il déploré.

Si une partie de la population des pays riches reprend une vie normale grâce à la vaccination, les progrès sont encore fragiles dans les pays moins favorisés, largement privés de sérums.

Les ONG et les partenaires de l’OMS sont également inquiets.

«Nous avons besoin de plus de clarté sur le nombre réel de doses données et sur le temps exact qu’il faudra pour que leurs promesses se concrétisent», a indiqué à l’AFP Yuanqiong Hu de MSF.

L’OMS souhaite qu’au moins 70% de la population mondiale soit vaccinée d’ici à la prochaine réunion du G7 en Allemagne l’année prochaine. «Pour y parvenir, nous avons besoin de onze milliards de doses», a soutenu le Dr Tedros.

Des engagements pour empêcher une nouvelle pandémie

Le document final du Sommet comprend une série d’engagements pour empêcher une nouvelle pandémie. Il s’agira de réduire le délai pour développer des vaccins, des traitements et des diagnostics, avec l’espoir que le monde soit prêt en moins de cent jours pour faire face à une maladie soudaine.

L’autre volet portera sur un renforcement de la surveillance sanitaire et la mise en place d’une réforme de l’OMS afin qu’elle soit plus puissante.

Un objectif ardu sans la Chine, qui apprécie peu le G7 qu’elle a qualifié de «clique» formée par Washington. D’autant que les décisions à l’OMS ont pour habitude d’être prises par consensus.

Ilona Kickbusch, fondatrice du Global Health Centre de l’Institut de hautes études internationales et du développement à Genève, se montre aussi sceptique face à la volonté affichée du G7 de renforcer l’agence onusienne: «Je croirai (ce) point lorsque les contributions à l’OMS seront augmentées».



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