FRANCE

Les 6 étapes de l’affaire Duhamel qui a secoué la France

Les 6 étapes de l’affaire Duhamel qui a secoué la France

Portrait du politologue, juriste et écrivain Olivier Duhamel, ici à l'occasion d'un entretien avec Le Figaro. BELGAIMAGE

Des premières accusations au classement sans suite de l’enquête pour cause de prescription, les principales étapes de l’affaire Olivier Duhamel, politologue de renom ayant reconnu des faits d’inceste sur son beau-fils «Victor» Kouchner.

1.L’affaire éclate avec «la Familia grande»

Le 4 janvier 2021, le Monde et L’Obs dévoilent les bonnes feuilles d’un récit autobiographique de la juriste Camille Kouchner, «la Familia grande» (Ed. Seuil), à paraître le 7. Elle y accuse son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, d’actes d’inceste sur son frère jumeau «Victor» - prénom d’emprunt - quand ce dernier était adolescent, à la fin des années 1980.

Camille et «Victor», 45 ans, sont les enfants de l’ex-ministre Bernard Kouchner et de la professeure de droit Evelyne Pisier, décédée en 2017.

Le jour même, Olivier Duhamel annonce renoncer à l’ensemble de ses fonctions, dont celle de président de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP). Il quitte également les antennes de LCI et Europe 1.

«Étant l’objet d’attaques personnelles, et désireux de préserver les institutions dans lesquelles je travaille, j’y mets fin à mes fonctions», écrit l’ancien eurodéputé socialiste sur Twitter.

2.Enquête pour «viols et agressions sexuelles»

Le parquet de Paris ouvre le lendemain une enquête pour « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans ». Les investigations doivent notamment déterminer si les faits sont prescrits et chercher d’autres victimes potentielles.

Une précédente enquête avait été classée sans suite en 2011, précise le parquet.

Des étudiants de Sciences Po réclament la démission du directeur, Frédéric Mion, informé dès 2018 des accusations visant M. Duhamel, qui présidait alors la FNSP (instance chapeautant l’institut d’études politiques parisien). Il commencera par refuser, avant de s’y résoudre le 9 février.

3.Départs forcés et démissions

Entre-temps, le philosophe Alain Finkielkraut est congédié le 12 janvier de LCI, où il intervenait comme chroniqueur, après avoir dénoncé lors d’une émission un «lynchage généralisé» d’Olivier Duhamel.

Alors que la question se pose d’une possible chape de silence autour des agissements d’Olivier Duhamel parmi ses proches, le préfet d’Ile-de-France Marc Guillaume démissionne mi-janvier de ses fonctions dans des établissements où il a travaillé avec lui (FNSP, revue Pouvoirs, club du Siècle).

L’ancienne ministre socialiste Elisabeth Guigou renonce à présider la commission indépendante sur l’inceste.

Tous deux disent avoir ignoré les faits avant la parution du livre de Camille Kouchner.

4.«Victor» porte plainte

Le 14 janvier, Camille Kouchner est entendue par les enquêteurs. Le 21, c’est le tour de «Victor».

Le 23, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux suivie de tweets, Emmanuel Macron s’engage à «agir» contre les violences sexuelles sur les enfants, en se félicitant que la parole des victimes se libère, en particulier sur l’inceste.

Le 26, «Victor» Kouchner porte plainte pour la première fois contre Olivier Duhamel.

5.Onde de choc

La médiatisation de l’affaire semble libérer la parole sur les crimes sexuels à l’encontre des enfants.

Une enquête pour «viols sur mineurs» et complicité est ouverte le 21 janvier contre le producteur de télévision Gérard Louvin et son mari, après une plainte déposée par le neveu du premier, Olivier A. Les deux hommes nient.

La fille aînée de Richard Berry porte plainte le 25 janvier contre l’acteur qu’elle accuse d’inceste, une enquête préliminaire est ouverte. Richard Berry dément des « accusations immondes ».

Des plaintes déposées dans le passé contre d’autres personnalités sont révélées, parmi lesquelles celles visant le plasticien Claude Lévêque ou le président du Centre national du cinéma (CNC), Dominique Boutonnat.

6.Enquête classée pour prescription

Le 13 avril, Olivier Duhamel reconnaît devant la police les faits d’inceste sur son beau-fils.

Le Parlement adopte le 15 avril une loi contre les violences sexuelles sur les mineurs, fixant notamment le seuil de consentement à 15 ans (18 ans en cas d’inceste).

Le 14 juin, le procureur de Paris Rémy Heitz annonce que l’enquête a été classée sans suite, pour cause de prescription.

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