VERVIERS – MALMEDY

Hôpitaux publics: grève CSC lundi à Verviers, mardi à Malmedy

Hôpitaux publics: grève CSC lundi à Verviers, mardi à Malmedy

Une grève à l’appel de la CSC-Services publics se tiendra lundi à l’hôpital de Verviers, comme dans d’autres. ÉdA Philippe Labeye

Le projet de réforme des barèmes attise la colère de la CSC-Services publics, qui organisera des mouvements de grève au CHRV et au CHRAM.

«La révolte gronde dans les soins de santé publics!», lance la CSC-Services publics, qui lance un mouvement de grève pour le début de la semaine prochaine.

En région verviétoise, ce sera le lundi 14 juin au Centre hospitalier régional Verviers East Belgium (CHRV), avec un rassemblement devant l’hôpital de 9 h 30 à 11 heures, et le lendemain, le mardi 15 juin, au Centre hospitalier Reine Astrid de Malmedy (CHRAM), avec un rassemblement devant l’hôpital de 13 à 15 heures.

La raison de cette «révolte», au niveau national, est le projet d’harmonisation des barèmes dans les institutions hospitalières, entre secteur public et secteur privé, tel que présenté par le groupe de pilotage du dossier, l’IFIC (Institut de classification des fonctions).

Ce projet «fait craindre le pire: non seulement la valorisation tant attendue n’est pas au rendez-vous mais l’attractivité du métier est encore affaiblie», affirme le syndicat chrétien dans un communiqué.

«Déjà à bout avec la crise sanitaire qui n’en finit pas, le personnel soignant ressent ce projet de réforme barémique comme un véritable coup de grâce, indique Lina Cloostermans, secrétaire permanente CSC Services publics en province de Liège. Alors qu’il attend une valorisation bien méritée, on est en train de faire tout le contraire. En rendant le métier de moins en moins attractif, de nombreux soignants quittent la profession et les jeunes ne l’embrassent pas. Résultat, faute de personnel suffisant, les conditions de travail se détériorent davantage encore. Sans oublier les autres catégories de personnel pour lesquelles l’IFIC n’apportera guère, voire aucune, amélioration salariale. De plus, l’objectif du budget “fonds blouses blanches” prévu pour augmenter les effectifs au chevet du patient est loin d’être atteint, étant donné que les hôpitaux ne parviennent pas à recruter en raison de la pénurie d’infirmiers et maintenant d’aides-soignants mais aussi de technologues en imagerie médicale, technologues de laboratoire… Résultat: le personnel est à bout de souffle et la qualité des soins en subit les conséquences.»

Le nouveau système va créer le chaos en faisant cohabiter des traitements à plusieurs vitesses au sein d’un même service. «L’IFIC étant souvent plus intéressant en début de carrière, ce qui est loin d’être le cas des plus anciens qui risquent donc de déserter la profession. Pour nous, il est clair que chaque travailleur doit pouvoir bénéficier du barème le plus avantageux tout au long de sa carrière, ce qui n’est pas garanti avec l’IFIC», signale Lina Cloostermans.

«Parmi les autres écueils du projet de réforme: la négation de la spécialisation. Si on met tous ceux qui font les mêmes tâches sans tenir compte de leur diplôme dans une même catégorie, cela veut dire qu’ils n’ont plus intérêt à faire des spécialisations. Ce qui risque d’avoir des conséquences graves pour la prise en charge des patients et pourrait même conduire à la fermeture de certains services car si vous n’avez pas un nombre minimum de soignants avec la spécialisation requise, le service n’est pas agréé et donc doit fermer», explique la secrétaire permanente CSC-Services publics.

«La pénibilité du métier n’est pas prise en compte non plus. La réalité liée aux fonctions hybrides sur le terrain n’est pas résolue. Le personnel infirmier, épuisé par les soins, s’oriente de plus en plus vers un mi-temps soins et un mi-temps administratif. Or, les fonctions administratives ne sont pas valorisées de la même manière. Par ailleurs, aucune garantie n’est présentée quant aux spécificités des agents statutaires et aux particularités de la fonction publique.»


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