ENVIRONNEMENT

La Belgique accepte que 23% des abeilles meurent à cause des pesticides

La Belgique accepte que 23% des abeilles meurent à cause des pesticides

Nature Progrès Belgique et Pesticide Action Network (PAN) Europe estment que la Belgique ne protège pas assez les abeilles. Photo News

La Belgique soutient une mortalité acceptable de 23% des abeilles à la suite d’une exposition aux pesticides, dénoncent Nature Progrès Belgique et Pesticide Action Network (PAN) Europe. Et ce, alors que la Suède, la France ou les Pays-Bas soutiennent quant à eux un maximum de 7%.

Le système actuel d’autorisation des pesticides date de 2002 et a été co-écrit par l’industrie, affirment les organisations, qui dénoncent que cela a permis à des produits hautement toxiques pour les abeilles, comme les néonicotinoïdes, d’être pulvérisés dans l’environnement.

En 2013, les experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ont jugé qu’il n’est pas acceptable que la taille d’une colonie d’abeilles décline de plus de 7% après avoir été exposée à des pesticides. Plusieurs États membres ayant refusé d’appliquer ce seuil, la Commission européenne a décidé de rouvrir les discussions sur le niveau acceptable de mortalité et a demandé à l’EFSA de mettre ce pourcentage à jour en fonction des nouvelles données scientifiques.

«Un certain nombre d’États membres demandent d’accepter une réduction de la taille de la colonie jusque 25% suite à l’exposition à un pesticide, ce qui est colossal: cela voudrait dire que toutes les butineuses d’une colonie disparaîtraient, ce qui affaiblit fortement les colonies, les rend improductives et elles ne remplissent plus leur rôle de pollinisateur», soulignait la députée Séverine de Laveleye (Ecolo) dans sa question au ministre.

 

Le ministre nous met du côté des pays voyous d’Europe en matière de pesticides: Espagne, Grèce, Hongrie, qui militent en faveur d’une protection minimale de l’environnement et d’autoriser d’un maximum de pesticides.

 

«Le ministre Clarinval se cache derrière l’EFSA en prétendant que le chiffre est scientifique alors qu’il est éminemment politique: quel niveau de protection donnons-nous à nos pollinisateurs?», interroge Martin Dermine, coordinateur de projet chez PAN Europe. «Le ministre nous met du côté des pays voyous d’Europe en matière de pesticides: Espagne, Grèce, Hongrie, qui militent en faveur d’une protection minimale de l’environnement et d’autoriser d’un maximum de pesticides.»

Nature Progrès Belgique et PAN Europe déplorent en outre que la Belgique soit l’un des plus gros consommateurs de pesticides. «Contrairement à d’autres pays tels que le Luxembourg ou les pays scandinaves, les pesticides les plus toxiques de l’Union européenne y sont autorisés. De plus, la Belgique recourt énormément au système de dérogations, permettant d’utiliser des pesticides hautement toxiques et interdits par l’Union européenne, par exemple les néonicotinoïdes ou le mancozèbe (toxique pour la reproduction et interdit en Europe).»

Les États membres de l’Union européenne sont invités à essayer de trouver un accord lors du prochain Conseil européen des ministres de l’Agriculture, les 28 et 29 juin prochains.

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