TOURNAI

Le Tournai d’avant: arboriculture, oser avoir foi en l'avenir

En ce XIXe siècle, la modernité explose mais le travail de la terre reste dans les limbes. La société d'horticulture s'en préoccupe.

Alors qu'elle est censée nourrir la population, l'agriculture demeure empirique, fidèle à ce que les anciens ont fait depuis toujours. Les cultivateurs de ce XIXe siècle se méfient des phosphates, des superphosphates, et ne font confiance qu'aux déjections animales et humaines qu'ils ramassent d'ailleurs en ville.

Clairvoyants

Cette chronique a conté l'itinéraire de la Société d'agriculture et d'horticulture. Ses membres sont de bonne bourgeoisie, aisés et tous possèdent, en ville ou à la campagne, de grands espaces qu'ils s'ingénient à rendre plus beaux, plus productifs. Ce qui se joue le 12 juin 1861 est une concrétisation de ce hobby qui aura de durables répercussions sur la connaissance, l'entretien et la productivité du sol..

En cette séance tenue à l'hôtel de ville le point important est «l'examen et l'adoption des mesures à prendre pour créer une école d'arboriculture avec interventions de la ville et de la province sous la direction de la société».

Le vote est unanime même si B. Dumortier émet certaines réserves: le projet est adopté se soldant tant en dépenses qu'en recettes à 5 100 francs.

Concrètement, il est demandé à la Ville d'accorder à l'école la jouissance gratuite du jardin de l'athénée, un subside entre 600 et 1 000 francs et, à la province un subside annuel de 1 500 francs et un autre de 6 000 francs en trois annuités.

Demeurent les habituelles questions administratives à régler, projet de règlement d'une école dont les quatre sections gardent le même thème générique: l'arbre, fruitier et/ou sylvestre, accord du subside par la province , nomination des membres de la Commission directrice de l'école avec MM. De La Croix d'Ogimont, Delehaye-Verdure, Delmotte, Cléton (indisponible remplacé par Delobel) et Lassause.

Au 23 janvier 1863, le rapporteur est heureux d'annoncer «l'existence de l'école d'arboriculture avec l'espoir qu'elle répandra les bienfaits que l'on en attend».

En fait, c'est le 3 novembre 1862 qu'a lieu, salle des Concerts l'ouverture solennelle des cours, discours, espoirs.... devant un important concours de personnalités.

École dans une école

L'athénée dit Bara est, au départ, d'obédience chrétienne, c'est le siège du collège Saint-Paul. De graves malentendus avec l'évêque menèrent finalement à une école laïque (athénée en 1817). Or, le site abritait maints jardins cultivés par les religieux; ils sont alloués à l'école d'arboriculture.

En octobre1862, l'école s'organise sous des directions de jardiniers-chef qui changent constamment, Eugène Rodigas, Célestin Vigneron puis Etienne Griffon, issu de l'École Impériale de la Saulsaie, le 22 février 1865 .

Les travaux vont bon train tant au jardin que dans l'aménagement des locaux. Trois années d'études, âge minimum 16 ans pour les élèves soumis à un règlement aussi précis que strict. Les débuts augurent bien de l'avenir heureux malgré le peu d'élèves inscrits, de deux à dix. Il faut se rappeler que, dans le monde paysan de l'époque, les enfants sont très vite confrontés aux travaux dus aux bêtes comme à la terre.

Cependant l'arboriculture est insuffisante dans la formation. Première évolution vers 1865, la culture maraîchère, la floriculture, la botanique prennent plus d'importance. L'école, embryonnaire, veut s'étendre.

De l'espace

Le projet de nouvelle gare (Beyaert 1879) est nettement plus vaste que l'implantation des voies ferrées. C'est tout le quartier entre la station et Saint-Brice qui est concerné, tout y est mis à bas, taudis, ruelles, caserne des Capucins. La nouvelle rue Beyaert coupe les jardins, l''école, doit déménager.


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