TOURNAI

Le marchand d'Ogy, Pascal Delcourt, accueilli au tribunal correctionnel de Tournai avec une haie de déshonneur

Le marchand de chevaux d’Ogy comparaît ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Tournai. De nombreuses associations de défense des animaux étaient là pour l’accueillir et demander une sanction exemplaire.

«Le bourreau d’animaux doit être condamné». Cette seule phrase représente à elle seule le message des associations de défense des animaux présentes devant le tribunal correctionnel de Tournai mercredi matin.

Sur les marches du Palais de Justice, ils étaient une petite vingtaine à brandir des panneaux avec des slogans demandant une peine exemplaire à l’encontre de Pascal Delcourt, marchand de chevaux à Ogy. Constituées parties civiles, les associations réclament une interdiction de détenir des animaux à vie pour ce multirécidiviste.

Malgré cette manifestation forte, c’est dans le silence que Pascal Delcourt est arrivé au tribunal et a traversé la haie de déshonneur dressée à son attention. Il était au côté d’un de ses avocats, Me Winberg (qui assure sa défense avec Me Rodriguez).

Le prévenu devra répondre de 22 chefs d’inculpation, dont des infractions graves à la loi sur la protection des animaux, mais également de nombreux délits sanitaires tels que l’abattage clandestin, la mise sur le marché de viande impropre à la consommation et la falsification de passeports.

 

Rappel des faits

Le 16 mai 2016, le commissaire de la police judiciaire de l’arrondissement de Tournai contacte plusieurs refuges afin de prendre en charge des dizaines de chevaux détenus dans les installations de Pascal Delcourt, multirécidiviste en matière de maltraitance animale.

L’intervention, qui s’étalera sur trois jours, est ordonnée par la juge d’instruction Sylviane Pichuèque, du parquet de Tournai.

Pascal Delcourt sera arrêté et passera au total 40 jours en prison préventive.

Des dizaines d’animaux, pour la plupart des équidés, sont détenus sur des champs de terre battue et dans un hangar.

Le bâtiment vétuste «abrite» des chevaux squelettiques. Ceux-ci sont enfermés dans des stabulations aménagées avec des matériaux de récupération et peuvent à peine se mouvoir sur une épaisse couche d’excréments.

Tous sont affamés et déshydratés.

Les rapports vétérinaires feront état d’animaux infestés de parasites internes et externes. Les pieds de certains chevaux sont également dans un état catastrophique alors que d’autres sont porteurs d’une maladie virale (gourme).

Des équidés sont également blessés. Trois d’entre eux devront être euthanasiés. Des cadavres sont également présents sur place.

Au total, ce sont plus de 50 équidés qui sont sauvés ainsi que deux bovins, quelques chèvres et chiens et des dizaines d’oiseaux.

Le jour de l’intervention, l’horreur atteint son paroxysme lorsque les forces en présence sur place découvrent aussi un «atelier» d’abattage, témoignage d’une mise à mort illégale d’un poney quelques heures à peine avant l’arrivée des secours.

 


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