CULTURE

Une «escape room» au musée de Mariemont pour séduire les jeunes

Une «escape room» au musée de Mariemont pour séduire les jeunes

L’escape room du musée de Mariemont nous emmène dans la bibliothèque de Raoul Warocqué, qui a un terrible secret… -

Le musée de Mariemont ouvre une escape room éphémère ce mercredi. Objectifs: découvrir autrement les collections du musée et attirer un public a priori pas fan d’archéologie.

Depuis quelques années, la ludification envahit les musées. Ces vénérables institutions, parfois perçues comme des lieux austères et ennuyeux, rivalisent d’imagination pour donner une dimension plus récréative aux savoirs qu’elles transmettent.

Au Musée Royal de Mariemont, référence en archéologie, on a décidé d’adapter un concept qui fait rage chez les jeunes adultes: l’escape room (pièce d’évasion), qui consiste à résoudre une série d’énigmes afin de sortir d’une pièce, de trouver un trésor… Recréer le concept dans un musée est une démarche assez inédite en Belgique.

«C’est parti de deux envies, explique Mélanie Thiry, chargée de communication du musée. Celle d’amener une nouvelle forme de découverte culturelle dans le musée et celle de proposer une association assez inédite entre le loisir et le savoir. C’est une manière de toucher autrement un public déjà acquis et totalement un public qui ne se reconnait pas dans l’offre d’un musée, mais qui se reconnait dans l’offre de loisirs.» Sont ciblés les 25-41 ans, fanas de jeux d’évasion, mais moins de musées archéologiques.

Malédiction mérovingienne

Le thème de l’escape room était assez évident: l’univers des Mérovingiens, auquel une exposition est consacrée en ce moment. «Le format d’une escape room permettait de prolonger l’idée développée dans l’expo, qui est de venir à la rencontre d’une population, de toucher du doigt son quotidien, ses objets d’usage, ses armes, ses bijoux…»

Une fois le thème arrêté, restait à l’adapter aux codes de l’escape room. C’est CharleroomS, créateur de jeux d’évasion dans la région de Charleroi, qui s’est chargé de mettre le contenu muséal en scène. «Ils ont fait le choix de partir à la rencontre de Raoul Warocqué, par qui tout a commencé et dont une des premières passions était les Mérovingiens. On est parti de ce fait historique pour créer l’énigme principale, à savoir trouver le terrible secret de Raoul Warocqué, qui a amené une forme de malédiction sur le musée.»

Respecter la réalité historique

Si celle-ci relève de la fantaisie, pas question de mettre à mal la véracité scientifique. Les indices sont notamment constitués de pièces authentiques de la collection permanente, que les jouteurs devront examiner sous toutes les coutures pour trouver la solution de l’énigme.

«J’ai lâché prise sur la question scientifique, mais les concepteurs ont été plus loin dans le respect de la vérité que ce que j’avais escompté. Le cheminement pour dénouer l’énigme est fictionnel, mais toutes les découvertes correspondent à la réalité archéologique.», souligne Marie Demelenne, commissaire de l’exposition «Le Monde de Clovis

«On y tenait, on ne voulait pas créer un parc d’attractions au sein du musée. On voulait amener une dimension loisir, mais en restant fidèles à notre identité muséale», conclut Mélanie Thiry. Pari largement tenu.

L’escape room ouvre ce mercredi 9 juin et sera accessible jusqu’au 7 novembre. De 2 à 6 joueurs, à partir de 8 ans. Réservations via www.charlerooms.be. Chaque jouteur reçoit une entrée gratuite pour l’exposition Le Monde de Clovis (accessible jusqu’au 4 juillet) et l’espace permanent du musée.


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