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Un seul écran pour une avalanche de sorties ciné: «Le choix a été très difficile»

Un seul écran pour une avalanche de sorties ciné: «Le choix a été très difficile»

L’auditorium Abel Dubois, où le Plaza Art a déménagé le temps de ses travaux de rénovation, rouvre ses portes au cinéma. Silvia Giambrone

Comme tous les autres cinémas, le Plaza Art rouvre ce mercredi 9 juin. Avec une foule de sorties à caser sur un seul écran.

Ce mercredi, c’est la réouverture tant attendue des salles de cinéma après 32 semaines de fermeture. Un laps de temps énorme qui, durant cette période, a vu les films s’accumuler sur les étagères des distributeurs. De quoi créer un embouteillage à la réouverture: ce 9 juin, le groupe Imagix propose par exemple 26 films à l’affiche dans ses complexes montois et tournaisiens.

«Il y a effectivement énormément de films qui ont attendu la réouverture des cinémas», confirme Samuel Tubez, programmateur du cinéma montois indépendant Plaza Art. «Si certains sont sortis en VOD (vidéo à la demande) ou en streaming, une accumulation s’est faite avec à la fois des films qui ont été amputés dans leur exploitation avant la fermeture, et des nouveaux films. On compte deux fois plus de sorties le 9 juin que d’habitude, le choix a donc été très difficile.»

Surtout au Plaza Art, où le cinéma ne dispose pour l’instant que d’un écran à l’auditorium Abel Dubois pour absorber cet amas de sorties. Le programmateur a donc sélectionné 7 films, faisant un mix de films sorti une première fois en octobre et de sorties repoussées.

Pluie d’Oscar

«On a notamment Adieu les Cons d’Albert Dupontel, Drunk de Thomas Vinterberg, l’oscarisé Nomad Land, la Voix Humaine, le court-métrage d’Almodovar, Mandibules de Quentin Dupieux… On a aussi deux films pour les enfants. Et à partir du mercredi 16 juin, deux nouveautés arriveront aussi: le documentaire Petite Fille et The Father, qui a valu à Anthony Hopkins un nouvel Oscar. On a donc un programme assez qualitatif, avec beaucoup de films primés issus des cérémonies des Oscar, des César…»

Une programmation forte, qui a des airs de programmation d’hiver, quand les prix sont habituellement délivrés. «Ça reprend effectivement très fort, mais je pense qu’en juillet et aout, ça va se retasser et que ça va reprendre deux fois plus fort en septembre et en automne.»

Il y aura des dégâts dans cette bagarre pour la réouverture

Avec le risque de voir des films, qui auraient pu marcher, se retrouver noyés dans la masse? «Effectivement il y a un peu de ça. Indéniablement, des films passeront inaperçus, ça a été le cas en France où une quarantaine de films sont sortis le jour de la réouverture des cinémas. Nous, nous avons aussi misé sur des films à voir sur grand écran, mais c’est clair qu’il y aura des dégâts dans cette bagarre pour la réouverture.»

Autre difficulté pour le cinéma: le temps. «Il fait beau et ensoleillé et ce ne sont généralement pas des conditions favorables les cinémas», sourit Samuel Tubez. Rajoutez à cela l’Euro de foot, et vous voilà face au scénario du pire: une profusion de films en salle, mais personne pour les regarder.

Mais le Plaza Art compte sur son public de cinéphiles qui, affamé par des mois de disette, devrait retrouver sans encombres le chemin des salles, faisant fi des ballons ronds et du soleil.

Les films de la seconde chance au FIFM?

Pour occuper les écrans en juillet et aout, le Plaza Art pourrait aussi piocher dans des films sortis sur les plateformes durant ces 8 mois de fermeture. «Ces films existent encore en format dcp et peuvent donc encore être montrés dans les salles. Ce sera difficile de les caser, mais on n’abandonne pas l’idée. L’été, c’est parfois l’occasion de remontrer des films en second circuit, à côté desquels on serait passé. Des films comme Corpus Christi ou le formidable film australien Mila sont un peu passés à la trappe, mais méritent d’être remontré sur grand écran.»

Dans le cadre du Festival du Film de Mons qui se déroulera du 9 au 16 juillet, «on réfléchit aussi à établir une programmation parallèle, axée sur ces films qui n’ont pas su sortir, mais qui méritent d’être vu sur grand écran. Cette sélection pourrait être intitulée les films de la seconde chance», sourit Samuel Tubez.


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