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ARLON

VIDÉO | Pour Yves Coppieters, on a été trop lent pour la culture: «C’est de la responsabilité du politique»

VIDÉO | Pour Yves Coppieters, on a été trop lent pour la culture: «C’est de la responsabilité du politique»

Bruno Coppens a fait monter le médecin épidémiologiste Yves Coppieters sur la scène arlonaise. ÉdA

L'épidémiologiste Yves Coppieters était à Arlon ce samedi pour le spectacle-test de Bruno Coppens à la Maison de la culture.

+ LIRE | Avec le spectacle de Bruno Coppens, la culture a pu revivre à Arlon

Yves Coppieters, on a été trop lent pour la culture?

Tout à fait. Après la deuxième vague, on était dans un plateau, c’est là qu’on aurait dû faire des tests. C’est de la responsabilité du politique qui n’a pas voulu prendre le moindre risque dans des événements pilotes.

Votre avis pour des spectacles comme Tomorrowland?

On passe à des jauges impressionnantes, 75 000 personnes. En août, c’est un pas énorme. C’est trop vite! On doit profiter de l’été pour anticiper ce qui va se passer en septembre. Avec le froid, il y a des risques plus importants de circulation du virus ou des variants. Ces événements risquent de faire beaucoup circuler le virus.

Donc, on n’est pas encore sorti de l’auberge?

Si doucement, mais progressivement. Quand on passe de 2000 à 75 000… J’ai confiance dans les protocoles et même en ceux de Tomorrowland, mais c’est quand même plus compliqué à mettre en place à 75 000.

L’Euro et les écrans géants, ça vous fait peur?

Pas vraiment, ce sera encadré, cela se passe à l’extérieur, on porte le masque. C’est l’après qui est problématique. Il faut dire aux gens: «L’Euro, c’est super, c’est une vraie fête, mais attention, ne prenez pas trop de risques à l’intérieur».

Ce qui ne va pas dans les mesures gouvernementales actuelles?

Non, on a senti un vent d’optimisme, un côté jovial des ministres qui n’étaient pas que dans un ton moralisateur. Quand on regarde les dix règles, elles restent paternalistes. J’encourage à la vaccination, mais prioritairement de groupes cibles. Ce que je reproche: ils sont dans la vaccination de tout le monde. Dire que les 16-17 peuvent se faire vacciner, c’est un mauvais message. La priorité, ce sont les groupes à risques. Priorité à ceux qui veulent se faire vacciner. Mais après, je ne ferais pas de forcing, priorité à ce que nos doses excédentaires aillent aux pays du Sud. Je n’encourage pas la vaccination de tout le monde, il faut avoir aussi du respect pour le choix individuel, et je n’encourage pas a priori celle des adolescents, c’est trop tôt, il y a un principe de précaution à appliquer chez les jeunes. À ce stade-ci, ce n’est pas une priorité.

Le port du masque encore combien de temps?

En tout cas, ce soir! On va commencer à l’enlever. Il ne faut pas dire: «Demain, on peut l’enlever». On va se rendre compte dans quelle situation, il est nécessaire ou abusif. Si c’est à l’extérieur, ou que je ne suis pas en échange proche avec une personne, dans une situation à risque, le port du masque n’a plus beaucoup de sens. À l’intérieur, à moins d’un mètre cinquante, c’est capital de le mettre. Le mettre à tout prix, à tout moment, c’est perdre en crédibilité, l’adhésion du public. Le masque, on le garde dans son sac ou dans sa poche, on le prend dans une foule ou quand on se sent mal à l’aise.


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