POLITIQUE

Le voile à la STIB déchire le Gouvernement Vervoort: DéFI menace de quitter les rangs

Le voile à la STIB déchire le Gouvernement Vervoort: DéFI menace de quitter les rangs

Vervoort estime que le débat sur le port du voile doit être ouvert au Parlement. De Smet, lui, menace de faire quitter le Gouvernement bruxellois à son parti, DéFI. Belga

Le voile continue de diviser le monde politique bruxellois. Alors que DéFI menace de quitter le Gouvernement, Vervoort prévient qu’il n’y a pas de consensus en vue parmi ses ministres. Et le ministre-Président de renvoyer la patate chaude au Parlement.

Le président de DéFI, François De Smet, a indiqué jeudi matin au micro de Bel RTL que son parti reconsidérerait sa participation au gouvernement bruxellois s’il n’y a pas d’impulsion politique contre la décision du comité de gestion de la Stib de ne pas aller en appel de sa condamnation pour discrimination. La question des signes convictionnels (la plaignante qui a obtenu gain de cause au tribunal du travail affirme avoir été discriminée à l’embauche pour son port du voile, entre autres) dans les services publics menace donc bien la majorité associant à Bruxelles les Verts, les socialistes, DéFI et les libéraux flamands.

«Pas de consensus à la base»

Interrogé quant à lui sur La Première, le ministre-président Rudi Vervoort (PS) a justement rappelé que «si la question n’a pas été inscrite dans l’accord de majorité, ce n’est pas par distraction». Autrement dit: les partenaires n’avaient, à la suite des élections, pas vu de possibilité de consensus entre eux sur le port de signes convictionnels dans la fonction publique, et il y a peu de chance qu’un tel consensus puisse se dégager maintenant. «Je vais poser la question tout à l’heure», résume Rudi Vervoort, qui part du principe que la Stib devra, à la suite du jugement, modifier son règlement de travail.

«Un gouvernement fonctionne au consensus, et ici il n’y en a pas à la base», rappelle le socialiste. «S’il y a bien un niveau qui est pertinent» dans le débat sur la neutralité dans les services publics, «c’est celui du parlement, quitte à arriver à la définition d’une ordonnance-cadre», propose-t-il. «Nous savions qu’il y a une fracture au sein du Gouvernement à ce sujet», concède Vervoort. «Ce n’est pas une surprise».

En début de semaine, la «patate chaude» a été renvoyée vers le gouvernement, le commissaire Open Vld de l’exécutif régional au sein de l’entreprise de transport public décidant de lui soumettre la décision du comité de gestion de la Stib de ne pas aller en appel de l’arrêt du tribunal du travail.

«Les administrateurs PS, Groen et Écolo ont imposé de ne pas aller en appel»

«Ce sont les administrateurs PS, Groen et Écolo qui ont imposé de ne pas aller en appel», déplore François De Smet sur Bel RTL. Une décision «qui objectivement tient difficilement la route» quand on voit par exemple l’avis de l’avocat Marc Uyttendaele qui expose que l’arrêt est «mal construit et assimile toute politique de neutralité, quelle qu’elle soit, à de la discrimination», explique le président de DéFI. «Si nous n’arrivons pas à un accord (au sein du gouvernement, NDLR) à un moment, et si on a l’impression que le principe de neutralité des services de l’État n’est pas au rendez-vous, nous risquons d’avoir un problème de gouvernement, nous devrons réévaluer notre participation.»


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