MUSIQUE

Le mois de juin 2021 dans la ziquemachine à remonter le temps

Petit moment de détente musical. Qu’écoutait-on en juin 2011, 2001, 1991, 1981, 1971 et 1961? Réponse dans ce petit montage signé Patrick Zirpolo qui nous emmène dans une ziquemachine à remonter le temps.

 

2011Mickael Miro – L’horloge tourne

 

Le mois de juin 2021 dans la ziquemachine à remonter le temps
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«Dam dam deo, ohohoooo...» Même s’il s’est passé dix ans depuis sa sortie, il ne vous faudra sans doute pas plus de quelques secondes pour vous remettre le gimmick de «L’horloge tourne» en tête.

Ce titre est un peu le succès surprise de l’été 2011. On le doit à Mickael Miro, Mickael Cohen de son vrai nom, 32 ans à l’époque, diplômé en droit des affaires mais passionné de chanson française. Il déclare dans plusieurs interviews être fan de l’école BCBG: Balavoine, Cabrel, Berger, Goldman.

Il lui faudra du temps et de l’abnégation pour percer. Il y parvient donc fin 2010, début 2011 après s’être exercé en faisant les premières parties de Florent Pagny, Calogero ou encore Christophe Maé. «L’horloge tourne» est le 1er single et le titre qui ouvre son 1er album solo, «Juste comme ça», qui sort début mai 2011. C’est un véritable raz-de-marée et Mickael Miro remportera avec cette chanson le titre de «chanson de l’année» sur TF1.

En 2013, il publiera un second album, «Le temps de sourires», dont on n’entendra quasiment pas parler. Depuis, Mickael poursuit une carrière dans la musique, mais moins dans la lumière. Il est notamment le manager de Slimane.

 

L’info pour faire le malin. Début avril 2018, le groupe électro français The Parakit, fondé par Mikaël Miro et des amis DJ, décide de resortir «L’horloge tourne», mais en version électro et sous le titre « Dam-Dam ». Cette version est interprétée en anglais et en français par Mickaël Miro lui-même.

 

 

2001Sully Sefil – J’voulais

 

Le mois de juin 2021 dans la ziquemachine à remonter le temps
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En juin 2001, c’est un rappeur français qui se fait remarquer. Sully Sefil – c’est son vrai nom – est né aux Antilles mais arrive en France alors qu’il n’a que quelques mois. Happé par le hip-hop dans les années 80, il se met à la danse. Puis il découvre le rap dans les années 90 et s’y lance à fond, tout en vendant des tickets de métro à la RATP en journée.

C’est en 1998 qu’arrive la consécration: Sully fait les premières parties de NTM. Il y apprend beaucoup et décide de passer le cap et écrit aussi les paroles de « J’voulais », morceau qui raconte l’histoire d’un braquage qui foire et dont l’auteur, blessé par balle, préfère se suicider plutôt que de se faire arrêter.

Au début, Sully essuie quelques refus, notamment de la radio Skyrock qui trouve que diffuser l’histoire d’un loser, ça ne marchera jamais. «Et d’un coup, surprise. Je partais en vacances quand je reçois un appel. On me dit que le boss du label est dingue du son et se le passe en boucle dans sa voiture», raconte-t-il au journal Le Monde dans une longue interviewaccordée en 2013. Le single sort, passe sur toutes les radios et devient même disque d’or en France, avec 600 000 exemplaires vendus. Un triomphe.

Sully disparaîtra ensuite des radars, préoccupé notamment par sa ligne de vêtements Royal Wear.

 

L’info pour faire le malin. La jeune femme que vous entendez dans le morceau et que vous voyez aussi dans le clip, c’est… l’actrice Audrey Fleurot! Elle a 23 ans à l’époque et souhaite se lancer dans une carrière au théâtre. Elle se fera remarquer du grand public huit ans plus tard dans le rôle de Magalie, la secrétaire rousse, dans Intouchables.

 

 

1991Zucchero feat Paul Young – Senza Una Donna

 

Le mois de juin 2021 dans la ziquemachine à remonter le temps
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En juin 1991, une ballade en duo est sur toutes les lèvres: Senza Una Donna (Sans une femme), de Zucchero et Paul Young.

Le premier, Adelmo Fornaciari de son vrai nom, a 35 ans à l’époque et déjà une longue carrière derrière lui. Mais c’est à la fin des années 80 qu’il devient une star dans son pays, avec l’album solo «Blue’s» sorti en 1987 puis le titre Diavolo In Me qui conquiert l’Europe.

Paul Young, lui, c’est un peu l’inverse. Après de très gros succès au début des années 80 – Come-back and stay, Love of the common people, Everytime You Go Away – il traverse une période plus calme.

Senza Une Donna figurait déjà sur l’album Blue’s de Zucchero. Et quand ce dernier a l’idée d’en faire une version anglaise en 1991, il contacte Paul Young pour la chanter avec lui. Une idée brillante, qui plaira en tout cas au public, puisque le titre se vendra à plus de 5 millions de copies dans le monde et lancera la carrière internationale de Zuchero. Quant à Paul Young, il retournera quasi dans l’anonymat, consacrant son temps à un groupe de musique tex-mex (!) et participant à des concerts nostalgiques «années 80».

 

L’info pour faire le malin. Les paroles anglaises ont été écrites par Frank Musker. Il a travaillé avec Sheena Easton, Robert Miles, Lisa Stansfield ou encore Brian May (pour la chanson Too Much Love Will Kill You).

 

 

1981Herbert Leonard – Pour le plaisir

 

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En juin 1981, l’un des slows de l’été s’intitule Pour le plaisir. Il marque le retour au premier plan d’un chanteur qui avait mis sa carrière entre parenthèses, suite à un terrible accident de voiture: Herbert Léonard. Ce dernier a connu quelques succès dans les années 60 – Quelque chose tient mon cœur (version française de Something’s Gotten Hold of my Heart du duo anglais David et Jonathan), Il neigeait sur le Danube bleu, Une lettre – mais après son accident, il s’est reconverti en journaliste spécialisé dans l’aviation.

Une rencontre va tout changer. Elle est provoquée par Vline-Buggy, grande parolière française qui travaille pour Claude François, Frank Alamo, Hugues Aufray… Elle décide de présenter à Herbert un jeune animateur de radio français, Julien Lepers, connu pour présenter le hit-parade sur RMC.

Passionné de musique et pianiste autodidacte, il a dans ses cartons une musique qui pourrait bien plaire à Herbert Léonard. Bingo! Herbert Léonard est séduit, et Vline-Buggy lui écrit les paroles de «Pour le plaisir». Elle deviendra la chanson la plus diffusée cet été-là en radio et se vendra comme des petits pains. La carrière d’Herbert Léonard est relancée…

 

L’info pour faire le malin. Herbert Léonard a enregistré son tube dans d’autres langues. Cela donne Mi Piaci Tu en italien, Einfach Nur So en allemand et Puro Placer en espagnol. Comme le racontent Jean-Marie Potiez et Alain Pozzuoli dans leur livre «101 tubes de l’été» par aux Éditions du Layeur, Claude Carrère est passé à côté de la montre en or: il a refusé de distribuer la chanson, la trouvant banale. C’est Polydor qui s’est frotté les mains…

 

 

1971Les Poppys – Non non rien n’a changé

 

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«C’est l’histoire d’une trêve que j’avais inventé, c’est l’histoire d’un soleil que j’avais espéré...» En juin 1971, une chanson entraînante est sur toutes les lèvres: il s’agit de Non non rien n’a changé. Sa particularité? Elle est chantée par un groupe d’enfants appelé Les Poppys.

Ce groupe est issu de la chorale des Petits chanteurs d’Asnières. Il a été formé l’année précédente et a déjà connu un certain succès avec Noël 70 et Non je ne veux pas faire la guerre qui passent souvent dans les émissions de Guy Lux ou Danièle Gilbert. Les textes qui prônent la paix dans le monde, la non-violence, la fraternité… collent parfaitement à cette époque où le mouvement hippie est à son apogée et où les protestations contre la guerre au Vietnam se font de plus en plus entendre.

La chanson sera un véritable carton, se vendant à 1 250 000 exemplaires. Tout cela ne profitera pas aux jeunes garçons, qui seront floués par ce monde d’adultes qu’ils dénonçaient dans leurs chansons…

 

L’info pour faire le malin. Le soliste qui chante les couplets s’appelle Bruno Polius. Il a 13 ans et fréquente la chorale d’Asnières depuis 1965. Il n’est pas vraiment un inconnu puisqu’il a déjà eu un certain succès en chantant L’oiseau, le générique du feuilleton à succès Sébastien parmi les hommes de Cécile Aubry.

 

 

1961Adriano Celentano – 24 000 Baci

 

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En juin 1961, c’est sans doute le plus américain des chanteurs italiens qui obtient un succès international avec 24 000 Baci(24 000 Baisers), qui n’arrive pourtant que deuxième au prestigieux festival de San Remo.

Ce Milanais né juste avant la Seconde guerre mondiale en 1938 a le rock dans la peau. C’est en 1956 qu’il se lance dans la musique avec son 1er groupe, les Rock Boys, qu’il fonde après avoir vu un concert de Bill Haley. Le groupe a un peu de succès mais se sépare très vite. Adriano décide alors de voler de ses propres ailes, avec l’aide du parolier Miki del Prete.

Ce n’est pas ce dernier mais bien Piero Vivarelli et Lucio Fulci qui écrivent 24 000 Baci, sur une musique de Celentano et son arrangeur Ezio Leoni. Celentano l’enregistre au début de l’année 1961, suivi quelques jours plus tard par son ami Little Tony, alias Antoni Ciacci. Fin janvier, ils participent tous les deux au Festival de San Remo, car chaque chanson doit être interprétée deux fois, par deux artistes différents. Celentano et Little Tony se classent deuxièmes.

 

L’info pour faire le malin. Comme tous les grands succès de ces années-là, 24 000 Baci connaîtra de nombreuses reprises. C’est Dalida qui sera la première à l’enregistrer dès le 30 janvier 1961, toujours en italien, avec l’orchestre de Raymond Lefebvre, puis le mois suivant avec l’orchestre de Paul Meuriat. La version française est créée par Johnny Hallyday le 1er mars, avec une adaptation signée par Fernand Bonifay. Le mois suivant, Dalida reprend cette version française. Le groupe Au bonheur des dames figure aussi parmi les interprètes de cette chanson.

En juin 2011, 50 ans après le succès initial, l’actrice françaiseAylin Prandi en fait une version énergique sur son unique album de reprises, «24 000 baci».

 

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