CYCLISME

Simon Yates s’adjuge la 19e étape en solitaire devant Almeida et Bernal qui reste leader

Simon Yates s’adjuge la 19e étape en solitaire devant Almeida et Bernal qui reste leader

Simon Yates lors de la 19e étape du Giro. AFP

Simon Yates (BikeExchange) s’est adjugé en solitaire la 19e étape du Tour d’Italie. Le Britannique a résisté aux retours de Joao Almeida (Deceuninck - Quick-Step), arrivé deuxième, et d’Egan Bernal (Ineos-Grenadier), troisième et qui conserve son maillot rose de leader.

Plus tôt dans l’étape, une échappée de six coureurs s’était formée, dans laquelle on retrouvait notamment le Belge Quinten Hermans (Intermarché - Wanty Gobert) et son coéquipier italien Andrea Pasqualon. Si elle a mis du temps à dessiner, l’échappée n’a ensuite jamais pu croire réellement en ses chances. Les BikeExchange de Simon Yates se sont d’abord mis en route avant de recevoir un coup de main des coureurs de la Deceuninck Quick-Step de Joao Almeida.

Dans la dernière ascension du jour, pratiquement au moment de la jonction avec les échappées - à environ 6 kilomètres du sommet -, Simon Yates a placé une attaque à laquelle Bernal n’a pas répondu, se contentant de rester avec ses coéquipiers Castroviejo et Martinez. Le Britannique a ainsi pris ses distances, accompagnés de Caruso (Bahrain Victorious), Vlasov (Astana), Almeida et Bennett (Jumbo-Visma). Les cinq hommes ne sont pas restés longtemps roue dans roue dans la mesure où Yates avait des fourmis dans les jambes et a décidé de placer une nouvelle accélération.

Les quatre hommes ont ensuite fini par être repris par le groupe Bernal, bien emmené par Martinez. Ce dernier a ensuite lâché prise et Bernal a accéléré le tempo, faisant sauter de sa roue Vlasov et puis Caruso. Seul Almeida est alors resté dans son sillage. Le coureur de la DQS a ensuite accéléré dans les derniers mètres pour prendre la deuxième place.

Au classement général, Bernal compte une avance de 2:29 sur Caruso et 2:49 sur Yates. Vlasov (6:11) et le Britannique Hugh Carthy (7:10/Education-First) complètent le top 5.

Ce samedi, une nouvelle étape de montagne, entre Verbania et Valle Spluga/Alpe Motta, attend les coureurs avec une dernière arrivée au sommet. Le Giro se conclut dimanche par un contre-la-montre individuel à Milan.

Yates: «Important après l’infection au corona de l’an dernier»

«Je voulais vraiment gagner une étape dans ce Giro», a-t-il déclaré après coup. «Je suis déjà heureux que cet objectif ait été atteint».

Simon Yates avait déjà attaqué mercredi sur les pentes du Sege di Ala et s’est à nouveau montré vendredi dans la montée finale. A 6,4 km de la fin, il a accéléré et tout le monde a dû céder. Bernal a laissé son coéquipier assurer le rythme et n’a pas réagi. «Je suis vraiment heureux», a-t-il déclaré. «Nous avions le contrôle de l’étape et heureusement, j’ai pu terminer et remporter la victoire. C’est très important pour moi. L’année dernière, j’ai dû quitter le Giro après une infection au corona. Je voulais vraiment gagner ici, me montrer.»

Yates avait réfléchi à son attaque. «J’ai vu que les gars d’Ineos Grenadiers n’avaient aucun problème à suivre le rythme. J’avais le sentiment qu’ils me laisseraient partir aujourd’hui, car j’ai lu quelque chose sur Twitter de la part de Bernal qui disait qu’ils préféraient contrôler plutôt que de sauter avec moi. Quand j’ai attaqué, j’ai vu que j’avais raison. Puis, j’y suis allé à fond et ce fut comme ça jusqu’à l’arrivée.

Yates se rapproche maintenant à 2:49 d’Egan Bernal. «Aujourd’hui, j’ai essayé d’en tirer le meilleur parti et de remporter la victoire. Ce n’était pas l’étape la plus dure des deux étapes de montagne, seule la montée finale était difficile. Demain sera une journée différente, très dure, en haute altitude. Je vais faire de mon mieux et nous verrons ce dont je suis capable.»

Egan Bernal limite les dégâts: «Yates est plus fort pour le moment»

Egan Bernal a terminé troisième à l’Alpe di Mera vendredi, 28 secondes derrière le vainqueur Simon Yates, qui a également empoché dix secondes de bonification. Bernal a maintenant 2:49 d’avance sur le Britannique et 2:29 sur l’Italien Damiano Caruso. «Aujourd’hui, je me suis senti très bien, mieux que dans l’étape de mercredi», a-t-il déclaré optimiste.

Le Colombien n’est pas inquiet de voir Yates se rapprocher encore un peu plus de la tête du classement général. «Je suis content de m’être senti bien aujourd’hui, j’ai fait une bonne montée finale. Yates était clairement le plus fort, mais je ne me plains pas de ma forme non plus. Pour moi, la chose la plus importante est le maillot rose à Milan et je ne veux pas faire d’erreur d’ici-là. Je dois rester calme et me concentrer.»

La dernière étape de montagne se tiendra samedi. «Je l’aborde avec confiance. J’espère avoir les mêmes jambes qu’aujourd’hui. J’espère que l’écart avec Caruso et Yates se maintiendra et qu’il ne restera que le contre-la-montre, où je veux pouvoir être frais au départ.»

Le contraste entre le Bernal des deux premières semaines et des derniers jours est assez flagrant. «Bien sûr, j’aime attaquer et courir de manière agressive», a-t-il dit. «Je dois remercier mes coéquipiers. Ils ont gardé un rythme élevé. Ce que Castroviejo a fait était vraiment important. Yates a rapidement pris 20 secondes mais l’écart a stagné car nous avons gardé notre rythme. Je ne voulais pas prendre de risques et tenter de le rattraper. Il fallait garder le contrôle et nous avons réussi. Je me sens bien mais la réalité ne ment pas. Pour l’instant, Yates est plus fort.»

Quinten Hermans après une nouvelle tentative d’échappée: «Je sors plus fort de ce Giro»

Quinten Hermans a pris part à l’échappée matinale vendredi lors de la 19e étape du Giro, mais les fuyards n’ont reçu que peu de latitude contrairement à jeudi. Ils ont été avalés par le groupe des favoris. Hermans a terminé 40e, à 11:16 du vainqueur Simon Yates, mais il veut retenir le positif. «Je vais sortir de ce Giro plus fort que jamais»,estime-t-il.

«Les grandes équipes avaient clairement les yeux rivés sur cette étape et vous savez alors que ce sera difficile», a déclaré Hermans dans un message de son équipe Intermarché-Wanty Gobert. «J’ai peur que l’étape de jeudi ait été ma dernière chance de gagner. Je voulais tout de même que moi-même et l’équipe soient sous les feux de la rampe aujourd’hui. En soi, notre groupe était intéressant mais rester en tête avec six coureurs n’est certainement pas évident.»

«Je n’ai pas faibli pendant ces trois semaines, même en montée», a-t-il noté. «C’est un sentiment agréable. Je me sens toujours bien. J’espère que je pourrai encore le dire après l’étape de demain, car une entreprise comme celle d’aujourd’hui est difficile. Je ne suis pas un grand grimpeur, mais dans un petit groupe, je peux me battre pour la victoire, même sur les cols les plus longs. Je pense que je sortirai de ce Giro plus fort que jamais. Une expérience comme celle-ci vous fait avoir un plus gros moteur, donc c’est bien».

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