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Un contrôle technique pour sa voiture, pas pour l’employabilité

Un contrôle technique pour sa voiture, pas pour l’employabilité

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Il y a quelque chose de bizarre en Belgique, ou plutôt en Wallonie et à Bruxelles.Il existe un contrôle technique pour les voitures, une obligation d’entretien pour les chaudières, de ramonage des cheminées, d’inspection des installations électriques, etc. La liste est longue et inspirée par le proverbe : « il vaut mieux prévenir que guérir ». C’est sage et personne n’en discute.

Par contre, pour ce qui concerne la préoccupation première de chaque adulte, son emploi, personne ne s’inquiète de savoir si l’on court un risque de le perdre ou pas, mais plus encore, personne ne s’inquiète de savoir quels sont les risques ou les chances d’en retrouver… ou pas, si cela se produisait.

Curieux, non ?

Nos politiques, jamais à court d’idées, parfois saugrenues, ne semblent pas y avoir pensé !

Simple, non ?

La question semble pourtant d’importance. Tout le monde expérimente au quotidien que les métiers changent, que les technologies évoluent, qu’une connaissance, parfois même simple, d’une langue étrangère devient utile ou nécessaire, etc. Et face à cela, nous sommes encore dans une culture où l’on dit « j’ai fini mes études »… à 20 ans ! Et il faudra travailler jusqu’à 67 ans. 47 ans sans formation ?

La Flandre a été pionnière et a inventé le chèque Accompagnement de carrière. L’idée est simple : offrir à chaque salarié, un « contrôle technique » qui lui permet de savoir s’il risque de se retrouver en difficulté en cas de perte d’emploi ou si, compte tenu de sa formation, de son expérience, etc. il a de grandes chances de pouvoir rebondir rapidement.

Mieux, ce bilan est accompagné de la remise de toutes les informations utiles pour remédier aux problèmes qui auraient pu être constatés. Comme si en sortant d’Autosécurité avec votre véhicule, vous aviez le devis à l’euro près et le rendez-vous déjà fixé dans le garage vous offrant le rendez-vous le plus rapide. Ça fait rêver, non ?

En Flandre, il vous faut minimum 7 ans d’expérience professionnelle pour avoir droit au service, et l’accompagnement peut être redemandé tous les 6 ans. L’accompagnement complet dure 7 heures, réparties en deux sessions avec un opérateur agréé. Et il est possible de n’accomplir que la première partie, soit 4 heures. Le coût total est de 550 € dont seuls 40 € sont à charge de l’individu (pour la première partie. Pour la seconde, un supplément de 30 € est demandé). Le solde est pris en charge par la Région flamande. La confidentialité est absolue. Ceci ne concerne pas l’employeur.

Génial, non ?

La bonne nouvelle, c’est que le principe de l’accompagnement de carrière a été repris dans la déclaration de politique régionale du Gouvernement wallon actuel.

Hélas, à ce jour, aucune fumée blanche encore. Le carton n’a pas encore été ouvert. Et cela presse car si, comme le veut le Gouvernement régional mais aussi fédéral, on souhaite atteindre un taux d’emploi de 80%, il faut non seulement faciliter la mise au travail des demandeurs d’emploi, ce dont se charge le Forem avec beaucoup d’énergie, mais aussi veiller à conscientiser chacun d’entre nous de ses forces et de ses faiblesses.

La Wallonie dispose d’opérateurs de terrain aptes à remplir cette mission. Une fois n’est pas coutume, pas d’hésitation, il est temps de démarrer (pour reprendre un terme de l’automobile).

Alors, bouclez votre ceinture en attendant l’arrivée de ce service et réfléchissez à entreprendre une petite formation d’ici là. Les vacances d’été approchent, c’est le moment d’y penser.

Arnaud le Grelle

Directeur régional Federgon

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