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ENSEIGNEMENT

VIDÉOS | Coup de «turbo» sur la réforme des rythmes scolaires: «Ce qui s’est passé a beaucoup rompu la confiance»

Une rencontre entre les syndicats et le cabinet de la ministre Désir a eu lieu ce jeudi pour évoquer la réforme des rythmes scolaires, qui a connu un coup d’accélérateur la semaine dernière. L’ambiance n’est pas au beau fixe... «La pression doit redescendre».

L’annonce faite mercredi dernier n’est forcément pas passée inaperçue et tout le monde ne l’a pas accueillie avec le sourire… Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles indiquait donc s’être mis d’accord sur la réforme des rythmes scolaires, avec pour principal changement des vacances d’été raccourcies, ainsi que des congés de Toussaint et Carnaval doublés.

Ce jeudi, les syndicats ont rencontré le cabinet de la ministre de l’Enseignement obligatoire Caroline Désir, qui avait reconnu au préalable qu’il restait encore «beaucoup de choses à régler». Sur ce dernier constat, on ne la contredira pas côté syndical.

Les syndicats ont pu, dans une «réunion surtout de mise au point», faire entendre leurs inquiétudes, notamment sur le coup d’accélérateur qui a été donné la semaine passée.

«Le sujet de la réforme des rythmes scolaires est en discussion depuis longtemps, ça fait bientôt trente ans qu’on en parle, mais on ne voit jamais rien venir, et tout d’un coup, les choses se sont accélérées», regrette Roland Lahaye, le secrétaire général de la CSC Enseignement. «Quand on réforme, c’est pour donner du sens. C’est une réforme sociétale. Modifier pour modifier, ça n’a pas de sens.»

 

Donnez-nous la véritable raison de l’accélération

 

L’accélération est d’autant plus regrettable selon Roland Lahaye que le contexte est pour le moins chaotique, faut-il le rappeler… «On est dans le cadre d’une crise, on ne comprend pas pourquoi on active le turbo. On pose la question au gouvernement: donnez-nous la véritable raison de l’accélération.»

Et le secrétaire général de la CSC Enseignement de poursuivre sur le timing, qui «n’est pas bon. La question que j’ai posée personnellement: quel est le sens? Si on change les rythmes, il faut oser le débat», estime-t-il, citant la question des évaluations des élèves.

 

Je ne peux acheter une réforme dans un sac

 

«Je ne peux acheter une réforme dans un sac», poursuit Roland Lahaye, qui veut également des garanties par rapport aux «opérateurs extérieurs» tels que l’Onem et s’interroge à de nombreux autres niveaux, tels que l’impact sur l’enseignement supérieur, sur ces enseignants qui partagent leur charge de travail sur plusieurs communautés…. «Je plaide pour une réforme transversale, interniveaux.»

«Utiliser la crise pour dire ‘changeons les rythmes’, c’est un raccourci trop court. Cette réforme, personne n’a le droit de la louper. Elle entraîne toute la société. Pour la réussir, il faut un climat de confiance. Ce qui s’est passé la semaine passée a beaucoup rompu la confiance», estime-t-il, alors que les personnels de l’école sont «sur les rotules. Ils ont pris quelques claques: pas considérés comme prioritaires dans la vaccination, les écoles présentées comme cause de l’épidémie ou de son regain… puis maintenant cette réforme.»

 

La pression doit redescendre

 

Le secrétaire général de la CSC Enseignement appelle à un retour à la sérénité. «Il faut rétablir la confiance, la pression doit redescendre. Il reste cinq semaines de cours et elles doivent être sereines!»

Sur l’échéance de la rentrée 2022, qui doit marquer le coup d’envoi de la réforme des rythmes scolaires, à entendre Roland Lahaye, c’est un timing prématuré en l’état. «Moi, je dis au gouvernement: s’il y a besoin d’un an supplémentaire pour réunir toutes les conditions favorables à la réforme, alors nous, en tous les cas la CSC Enseignement, nous ne sommes pas opposés à ce qu’elle entre en vigueur le 1er septembre 2023.»

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