TENNIS

VIDÉO | Justine Henin et Carlos Rodriguez vont à nouveau travailler ensemble : «Nous voulons rendre ce projet unique»

Le binôme historique du tennis belge se reconstitue. Pas directement sur les courts mais au sein de l’académie de l’ancienne N.1 mondiale.

Justine Henin avait réuni la presse ce mardi matin à son académie de tennis à Limelette. L’ancienne championne a annoncé que son ancien entraîneur, Carlos Rodriguez, devenait le nouveau directeur sportif de son académie à la place d’Olivier Jeunehomme.

 

 

Interview de Justine Henin et Carlos Rodriguez dans notre vidéo en tête de cet article.

 

 

«Je vous rassure, je ne suis pas là pour vous annoncer que je reprends une carrière». C’est sur cette boutade que Justine Henin a entamé sa conférence de presse, ce mard au siège de son académie, à Limelette. L’arrivée surprise de Carlos Rodriguez, à ses côtés, a fait sourire les nombreux journalistes présents. Dix ans après la fin de sa plus belle aventure, le duo a décidé d’écrire une nouvelle page de son histoire au sein de l’académie de l’ex-numéro 1 mondiale qui compte aujourd’hui 650 jeunes (de l’enfant de 3 ans au futur pro comme Elina Svitolina, passée par Limelette, et aujourd’hui 6e mondiale).

Justine Henin, en tant que fondatrice de votre académie, choisir Carlos Rodriguez comme nouveau directeur sportif était une évidence?

Oui, les planètes se sont alignées pour plein de raisons. Nous étions en recherche d’un directeur sportif car Olivier Jeunehomme va se consacrer au haut niveau à 100% avec Clara Tauson (NDLR: Joueuse danoise de 18 ans, 90e mondiale, vainqueur de son premier titre WTA en mars à Lyon). Carlos était de retour en Belgique depuis quelques mois à cause du Covid (NDLR: il est rentré en décembre alors que son contrat en Chine durait jusqu’à septembre de cette année) et quand nous avons échangé nos points de vue à propos de l’académie, sans arrière-pensée au départ, petit à petit, ça s’est imposé comme une évidence. Nous allons reprendre un bout de notre histoire mais d’une autre manière.

 

En construisant ce projet ensemble, ça m’a replongé dans mes années d’apprentissage.

 

Des retrouvailles logiques donc?

Carlos a toujours fait partie de ma vie personnelle et professionnelle même si nos chemins ont pris des directions différentes ces dix dernières années. Nous n’étions pas fâchés, nous avions juste chacun besoin de vivre nos expériences individuelles, après quinze années intenses passées côte à côte. Maintenant, nous avons mûri tous les deux mais nous avons toujours gardé les mêmes valeurs. Nous voulons en faire profiter les jeunes de notre académie et rendre ce projet unique.

Qu’attendez-vous de son expérience?Carlos est un grand travailleur, un véritable formateur et un coach depuis 30 ans, ce que je ne suis absolument pas. J’ai mon expérience de joueuse et de championne et ensemble, on va pouvoir amener quelque chose de complémentaire et qui va raconter des choses différentes aux joueurs. En construisant ce projet ensemble, ça m’a replongé dans mes années d’apprentissage.

Des joueurs étrangers transitent par votre école. Est-ce que vous avez aussi l’ambition de raviver la flamme du tennis belge?

Notre volonté est surtout d’inspirer, mais le joueur doit être son propre moteur. On peut s’engager à lui offrir le meilleur environnement possible mais s’il n’a pas la flamme et la volonté intrinsèque de se dépasser, on ne peut pas le faire à sa place. On ne construit pas des champions. Si on a la possibilité de travailler avec des bons joueurs belges, on n’aura pas peur d’affirmer notre ambition.

On sait que vous n’avez pas toujours été sur la même longueur d’ondes par le passé (NDLR: Après la fin de sa carrière, Justine a créé son académie avec Carlos comme associé, une aile était en Chine et une en Floride), est-ce que vous avez discuté de la manière dont vous voulez poursuivre le développement de l’académie? Votre projet est clair? Notre projet, il est très clair et on n’a même pas à reparler du passé car quand nous avons lancé notre projet sur la fin de ma carrière, c’était Carlos qui était aux commandes et quand j’ai arrêté, il fallait que je trouve ma place et ce n’était pas évident après tout ce qu’on avait vécu.

Comme il l’a dit tout à l’heure, Carlos avait beaucoup de choses à se prouver à l’époque. Nos chemins se sont séparés mais c’était tout à fait naturel, il n’y a pas eu de dispute, de mise au point, on a toujours été en contact sur le plan personnel. Ici, on se retrouve professionnellement, sans avoir à discuter du passé. Nous sommes totalement alignés sur le travail qu’on a envie de mettre en place auprès des joueurs, pour qu’ils sentent qu’on est engagé à leurs côtés.

 

Nous pouvons nous targuer d’avoir l’expérience et la maturité de 15 ans de travail commun

 

Sur quels axes souhaiteriez-vous travailler pour le développement de votre académie?

Notre conviction est qu’il faut créer du lien avec le joueur et surtout respecter tous les projets, pas seulement ceux du haut niveau. Nous voulons proposer un enseignement par le jeu, simple même si nous n’allons pas révolutionner la manière de jouer au tennis.

Le vécu sur le terrain est la meilleure façon de transmettre toute une série de compétences et nous pouvons nous targuer d’avoir l’expérience et la maturité de 15 ans de travail commun. Enfin, un directeur sportif présent est essentiel donc nous serons en Belgique 95% du temps: Carlos sera sur le terrain du lundi au samedi avec tous nos aspirants pros, avec tous les jeunes du tennis études. Et moi je serai un peu plus impliquée sur le terrain, à partir de septembre, trois fois par semaine hors des semaines de Grand Chelem que je commente. On voulait un directeur sportif qui aurait de l’impact auprès d’un maximum de joueurs et d’entraîneurs dont la formation fera partie du développement de l’académie.

Comme tout le monde, vous avez dû traverser une année difficile à cause du Covid… Nous avons été très peu soutenus par les autorités et ce sera mon coup de gueule du jour! En Belgique, nous ne sommes pas une nation de sport, il faut le reconnaître. On gère ça de manière très amateure et ce n’est pas un hasard si, avec cette crise, tous les clubs se sont sentis seuls… J’en suis même émue quand j’en parle. Mais avec mon équipe, on va continuer à investir. Dans l’humain avant tout pour être au plus près de nos joueurs mais aussi dans les infrastructures, nous avons un projet de padel et de terrains en dur extérieurs.

Quelles sont vos ambitions et dans quels délais?

Carlos va prendre ses fonctions dès demain, il va commencer à travailler activement mais officiellement à partir du 28 juin. On est sur l’ambition de pouvoir développer un projet à long terme mais on veut quand même obtenir des résultats, on veut améliorer la qualité de notre enseignement, améliorer le bien-être de nos joueurs, de nos collaborateurs. Pour ça on s’est donné deux ans pour vraiment amener l’académie à un niveau supérieur en espérant pouvoir tirer un premier bilan qui sera positif à ce moment-là, qui répondra aux aspirations et aux attentes de chacun, on est très confiants. En attendant, il y a beaucoup de travail à mettre en place et on va faire ça tranquillement, en confiance et en espérant pouvoir atteindre nos objectifs d’ici deux ans pour pouvoir partir après sur un projet long terme. Nous avons par ailleurs pour ambition de positionner l’académie comme un acteur de référence dans la formation de joueurs de tennis en Belgique et en Europe.

 

 

VIDÉO | Justine Henin et Carlos Rodriguez vont à nouveau travailler ensemble : «Nous voulons rendre ce projet unique»
Justine Henin et Carlos Rodriguez lors de la conférence de presse de ce mardi matin. © Jacques Duchateau

Nos dernières videos