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NAMUR

PHOTOS | Namur: un rassemblement contre l’homophobie

Pour la journée internationale contre l’homophobie, Namur s’offre un espace public de paroles.

Cinquante ans après la révolte des gays, trans, drag, travailleuse du sexe, etc. à Stonewall, dans les rues de New-York, Namur, son ange et sa place éponyme ont servi de tribune aux «Queers et Fabuleux. euses». Sur place: une trentaine d’associations/collectifs unis pour lutter contre les agressions dont ils sont victimes à cause de leur orientation de vie, davantage mise à mal par la pandémie.

Deux années sans Fiertés, deux années sans Pride. Si ces rendez-vous revêtent, vu de l’extérieur, un aspect très festif, ils permettent aussi et surtout de transmettre des messages à l’adresse d’une société qui n’est pas toujours prête à les entendre.

 

 

C’est dans cette optique que le Collectif 8 mars Namur, la Maison Ar-en-Ciel, Genres Pluriels ou encore Activ’elles ont voulu créer ce rassemblement. «Nous avons toujours besoin de librement nous affirmer et nous exprimer dans l’espace public, explique Thibaut De Meulemeester. Nous lançons donc un appel à un rassemblement queer et transféministe, avec les associations LGBTQI + afin de lutter contre les homo/lesbo/bi/trans/enby/inter/sero/puto phobies quotidiennes et les lourds impacts de la crise actuelle. Parce qu’on nous fait croire que nos identités, nos corps, nos sexualités devraient être cachés, confinés dans nos murs, nous devons nous faire entendre.»

Les combats sont multiples. On a encore en mémoire «l’affaire Ihsane Jarfi» en avril 2012 et celle, plus proche, de David, voici à peine trois mois.

Cette manif, c’est aussi l’occasion de mettre en avant la précarisation des travailleurs/travailleuses du sexe, la non-reconnaissance en tant que personnes intersexes ou encore la situation des LGTBQI + en tant que demandeurs d’asile, réfugiés, sans papier,...

Pour cette première «des genres» en Wallonie, Namur n’a pas défilé mais elle n’en a pas oublié pour autant les slogans: « Pride is a riot», «Tous les genres sont dans la nature», «Des putains de droit» ont fleuri aux côtés des couleurs du drapeau LGBTQI+.

Leur fierté

Pas de pride non plus mais une sacrée fierté d’apporter son soutien à cet engagement public comme l’ont fait Sarah et Émilie, ces étudiantes venues suite à l’appel du CHEN (Cercle Homosexuel Estudiantin de Namur), pôle namurois des CHEFF (Cercles Homosexuels Étudiants Francophones Fédérés).

«L’homophobie à Namur? Bien sûr qu’on la ressent, explique Émilie. Ce sont d’abord de petits problèmes . Des paroles qui débouchent sur de la violence. Mais on sait où se rediriger, où trouver les ressources psychologiques ».

Leur présence aujourd’hui: un acte indispensable pour ce qu’elles considèrent comme légitime.: vivre sans préjugés.

 

«Un confinement hétérocentré»

Le ras-le-bol des gens vis-à-vis du port du masque, de la fermeture des restaurants, de la restriction des libertés: des discours maintes fois entendus et relayés.

Néanmoins si l’on se réfère aux propos de Xavier D’Artois, agent de terrain à Ex Aequo, la gestion de la pandémie a simplement ignoré toute une partie de la population, la mettant dans une situation encore plus compliquée. «Le but n’est pas d’opposer les hétéros aux LGBTQI +, explique-t-il. Mais toutes les décisions qui ont été prises dans le cadre de la Covid, n’a pas pris en compte la diversité des modes de vie, des familles, des relations.» Exemples? «On songe à des jeunes homos qui se retrouvent confinés avec des parents homophobes. C’est dur à vivre. Cela peut même devenir dangereux ».

Autre cas: le trans qui se voit isolé parce qu’il n’est plus à même de fréquenter les «safe spaces». «Leur fermeture et celles des lieux communautaires ont déplacé la vie sociale de ces personnes vers la sphère privée et virtuelle avec des conséquences tragiques comme le meurtre de David à Beveren, en mars dernier,» commente Xavier D’Artois.

On est loin des frustrations d’une communauté hétéro qui est privée de sorties mais qui peut néanmoins se balader en rue, exprimer ouvertement ses sentiments sans pour autant subir cette phobie encore trop prégnante dans une société hétéro-centrée.

 


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