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TOURNAI

VIDÉO | À cent ans, Marcel de Chercq se souvient avoir appris à lire grâce à l’Avenir… du Tournaisis

À près de 100 ans – il les aura le 19 mai prochain – Marcel Riquet évoque sa vie qui ressemble à un long fleuve tranquille.

Trois choses surprennent quand on rencontre Marcel pour la première fois.

La première, c’est sa lucidité, intacte malgré son âge respectable. Il a en effet vu le jour le 19 mai 1921 dans une maternité tournaisienne.

La seconde, c’est son calme, sa zénitude même, pour reprendre un terme à la mode. Un caractère qui explique peut être en partie sa longévité, si l’on y rajoute le petit rouge qui agrémente son repas quotidien.

Enfin, la troisième, c’est son autonomie, même si des proches veillent en permanence sur son bien-être.

Modeleur durant une quarantaine d’années…

L’école, Marcel n’a pas eu l’occasion de la fréquenter très longtemps.

Au début des années 20, il suivait les cours de ce que l’on appelait alors le 4e degré, dans une classe jouxtant l’athénée de Tournai où il se rendait chaque jour à pied.

À 15 ans, il a commencé à travailler comme modeleur chez Meura où il fabriquait notamment des cadres en fonte pour des filtres. Ce métier de modeleur, il l’exerça pendant plus de 40 ans pour des petits patrons mais aussi pour des grosses sociétés comme Carton où il resta dix ans, ou encore, durant une quinzaine d’années, aux aciéries d’Haisnes/Saint-Pierre où il termina comme contremaître. Il y supervisait notamment la fabrication de rails de chemin de fer. Son activité professionnelle ne fut interrompue que par son service militaire, juste après la guerre, à une époque où il eut le privilège d’assurer la garde au Palais royal. Il prit sa pension, il y a 40 ans déjà.

Quant à ses rares moments de loisirs, Marcel les consacrait au jardinage, mais aussi à la pratique du vélo qu’il poursuivit jusqu’à plus de 80 ans. Il aimait également réparer les radios et TV à l’époque où celles-ci fonctionnaient encore avec des lampes.

«J’ai même pensé m’établir comme technicien radio et TV dans les années 50, nous a-t-il confié, mais le projet ne s’est pas réalisé…»

Son épouse, Denise Vincent, est décédée il y a 25 ans; elle tenait un café à Chercq. Le couple était plutôt casanier, mais s’offrait certaines années, une escapade en Haute Savoie. En 2005, Marcel eut l’opportunité d’accompagner des amis à Djerba, en Tunisie.

«On pouvait lire le journal, mais pas les faits divers…»

Dans le flot de souvenirs que Marcel a évoqué, il y en a un qui nous a davantage interpellé.

«Quand j’étais enfant, on venait déposer le journal à la maison. Mon frère et moi, nous ne pouvions pas lire les faits divers; maman disait: ce n’est pas pour les enfants. ..Il arrivait que nous les lisions en cachette…Et c’est en lisant le journal tous les jours que j’ai appris à lire…», se souvient-il.

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Dans quelques jours, Marcel recevra un nouveau polo avec un nombre à trois chiffres… ÉdA

Si Marcel est abonné à l’Avenir/le Courrier depuis de nombreuses années déjà, dans les années 20, c’est en réalité l’Avenir du Tournaisis qu’il épluchait, soit le plus virulent des concurrents du plus ancien journal de Belgique, le Courrier de l’Escaut.

Depuis l’Avenir du Tournaisis est tombé dans le giron de la DH qui fait désormais partie du même groupe que l’Avenir (Le Courrier)…


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