FRAMERIES

Le dossier Clarebout au parlement wallon: «Nous ne sommes pas compétents pour agir sur ce dossier»

Le dossier Clarebout au parlement wallon: «Nous ne sommes pas compétents pour agir sur ce dossier»

Riverains et défenseurs d’une agriculture paysanne avaient manifesté le mois dernier à Clarebout. ÉdA Mathieu Golinvaux

Le collectif la Nature Sans Friture a pu amener le dossier Clarebout dans l’enceinte du parlement. S’il a pu faire entendre ses arguments, c’est le ministre, et non les parlementaires, qui décideront de la suite à donner à la demande de révision du plan de secteur à Frameries.

Ce mardi, le combat du collectif la Nature Sans Friture, qui s’oppose au projet d’usine à frites Clarebout à Frameries, s’est invité devant la commission d’aménagement du territoire du parlement wallon. Cette dernière a auditionné Florence Defourny, porte-parole du collectif, suite à une pétition introduite au parlement wallon et ayant récolté 2 500 signatures.

Cette pétition demandait aux parlementaires de soutenir la demande de la commune de Frameries qui veut modifier le plan de secteur de Mons-Borinage. L’objectif: que le périmètre Donaire, où Clarebout envisage d’implanter son usine, ne soit plus considéré comme zone industrielle afin d’empêcher tout projet industriel, lourd et polluant.

Devant les députés de la commission, Florence Defourny a pu exposer les arguments en faveur du changement de plan de secteur, soulignant l’inadéquation de maintenir un terrain industriel à proximité immédiate d’une zone d’habitat. Les cartes et images montrées aux députés leur ont permis de se rendre compte à quel point la méga-usine serait voisine de dizaines d’habitations, si le projet voyait le jour.

Si les habitants n’en veulent pas, ils ne s’opposent pas au développement d’une activité économique sur ce terrain et plaident dès lors pour qu’il soit considéré comme une zone d’activité mixte, destinée aux petites entreprises. «Ce serait un bon compromis», plaide Florence Defourny.

Qui souligne que la démarche de demande de révision du plan de secteur a reçu le soutien des communes de Frameries, Mons et Quévy.

Une compétence du ministre

Qu’en ont pensé les députés? Du PTB au MR, on s’accorde à dire que Clarebout n’a pas sa place à cet endroit. Mais les députés n’ont pas vraiment la main sur la procédure. «Nous sommes dépourvus au niveau du parlement car nous ne sommes pas compétents pour agir sur ce dossier», a souligné Jacqueline Galant (MR).

«Cela relève de l’autorité administrative et dans ce cas-ci du ministre de l’Aménagement du territoire. Nous ne pouvons pas intervenir dans ce dossier. À chaque fois qu’il y a une demande un permis de bâtir, nous n’intervenons pas au niveau du parlement», a-t-elle rappelé.

C’est donc Willy Borsus, en son âme et conscience, qui prendra la décision d’accepter ou non cette révision de périmètre, au terme de la procédure. Celle-ci a à nouveau été entamée il y a deux semaines par une réunion d’information préalable virtuelle.

La commune de Frameries avait initié une première procédure de révision du plan de secteur en novembre 2019, mais celle-ci avait été arrêtée. Des éléments d’information manquants sur l’affiche officielle annonçant la procédure auraient pu rendre attaquable la décision de l’autorité administrative.

Les riverains croisent désormais les doigts pour que cette nouvelle tentative soit dans les clous juridiques et pour que le ministre, qui a entendu les arguments, y soit sensible dans sa décision… Et espère que le parlement, à défaut d’avoir son mot à dire, soutiendra la démarche en adoptant une motion.


Nos dernières videos
-->